Lezard’Os : Jour 3 (10.05.2014)

La fin brutale
 

Arrive maintenant la dernière journée du Lezard’Os Metalfest. Il s’agit de la journée qui a vu le plus de festivaliers lors de cette première édition, avec une affiche résolument plus extrême que la précédente. De la brutalité thrash d’Onslaught au chaos de Napalm Death, toutes les franges du metal destructeur y passent, avec toujours cette mise en avant du metal français.

Les têtes d’affiche venues d’ailleurs

Comme lors de la première journée, les groupes en haut de l’affiche sont étrangers. On retrouve en clôture de set les légendes du grindcore britannique Napalm Death. On retrouve ainsi ce duo rageur entre le frontman bourrin Barney et le guitariste psychopathe Mitch Harris, qui arrivent à chanter le chaos total, ce qui va de paire avec les compos apocalyptiques du groupe. Devant un tel désordre musical, très punk dans l’esprit, le public s’y retrouve totalement et retourne la pelouse de la scène 1 lorsque retentit le classique "Suffer the Children". Pour rester dans l’esprit punk, les Anglais jouent leur célèbre reprise de Dead Kennedys : "Nazi Punks Fuck Off".

Napalm Death

Mais le chaos musical, ça se prépare. C’est pourquoi, juste avant, un autre groupe britannique a permis au public du Lezard’Os Metalfest de thrasher dans son froc : Onslaught. Ici, nous avons affaire à du thrash dans l’esprit Slayer, avec une avalanche de décibels et du bourrinage jusqu’auboutiste. Pas de ballade ou de titre proche du heavy metal, le groupe de Nige Rockett y va à fond les ballons en piochant parmi les titres les plus bourrins de sa discographie, de la nouveauté "6 6 Fucking 6" aux classiques tels que "Let There Be Death" ou "Thermonuclear Devastation". On remarque que si, sur album, Sy Keeler ne monte plus beaucoup, il arrive toujours à atteindre des notes bien aigues en live malgré l’âge. Une bien belle performance d’un groupe qu’on ne voit pas souvent dans l’hexagone.

Setlist d’Onslaught :

A New World Order [sur bande]

Killing Peace
Chaos Is King
The Sound of Violence
Let There Be Death
Angels of Death
Destroyer of Worlds
Born for War
6 6 Fucking 6
Fight With the Beast
Metal Forces
Onslaught (Power from Hell)
Thermonuclear Devastation

Juste avant jouait le groupe de death metal hollandais Asphyx. Contrairement à l’excitation supersonique des deux groupes cités plus haut, Martin Van Drunen et sa bande font dans le death massif, en y incorporant des influences doom. Le mélange fonctionne à merveille et le public se laisse prendre au jeu. Le frontman est à l’aise sur scène et se montre bien communicatif avec les spectateurs, avec un charisme naturel. Le groupe se plait bien sur scène, si bien qu’il ajoute un titre imprévu à son set avant de quitter le festival : "Last One on Earth".

Asphyx

Setlist d’Asphyx :

Vermin
Scorbutics
Death the Brutal Way
MS Bismarck
Deathhammer
We Doom You to Death
Wasteland of Terror
Asphyx (Forgotten War)
The Rack
Last One on Earth

Brutalité à la française

Si les groupes étrangers se sont fait remarquer en tête de gondole, le gros de l’affiche était essentiellement constitué de groupes français que le public n’a pas boudés. Preuve en est avec Benighted, qui a eu le mérite d’avoir le public le plus excité du festival. Il faut dire que le frontman Julien Truchan a su motiver les foules, en offrant un T-shirt gratuit à celui qui venait au stand merchandising couvert de boue. La musique ultra-brutale du groupe aidant, le cocktail était parfait pour faire exploser le public du Lezard’Os Metalfest.

Benighted

Setlist de Benighted :

X2Y
Noise
Let the Blood Spill Between My Broken Teeth
Collapse
Experience Your Flesh
Carnivore Sublime
Prey
Collection Of Dead Portrait
Fritzl
Jekyll
Slaughter/Suicide
Slut
Asylum Cave

Sur la même scène et dans un registre similaire, on retrouve Kronos et son brutal death technique qui arrive aussi à exciter le public avec ses compos constamment à fond les ballons. Le groupe ne laisse aucun répit à personne du public et assène des changements de rythme sans plaisir et avec une facilité d’exécution déconcertante, ce quirend le batteur Michael Saccoman impressionnant, tout comme le reste de l’orchestre. On regrettera juste une saturation trop abondante qui fait un peu cracher le son lors du set du groupe.

Kronos

En restant dans le registre technique, Gorod n’est pas en reste et se fend d’un set costaud assuré par des musiciens foldingues, notamment le bassiste Barby qui s’excite sur sa basse en lui faisant des sourires salaces. Le chanteur Nutz ne lésine pas sur la communication avec le public et le chauffe comme il se doit, en expliquant ce qui se passe dans le set entre les chansons. Du coup, les circle pits se multiplient au fur et à mesure  que le set avance, et un imprudent s’éclate tellement qu’il en perd son pantalon, montrant ses bijoux de famille emboués à tout le monde autour. Finesse, quand tu nous tiens…

Gorod

Trois groupes de death metal massif ont ouvert la journée, Blame, Unchained et Death Decline, qui ont su réveiller les festivaliers avec des rythmiques rapides et des gros riffs à en décorner des bœufs. On remarque que chaque frontman savait se rapprocher du public à sa manière, celui de Blame en allant dans la fosse directement, celui d’Unchained en plaisantant, notamment sur la ressemblance entre son bassiste et André Manoukian et celui de Death Decline en sachant maintenir le dialogue.

Dans un registre plus proche du black metal, Otargos fait écho à Svart Crown la veille pour un show massif et entraînant, avec des ambiances sombres bien senties. La prestation est juste et carrée, on regrettera juste un souci technique survenu lorsque Julien de Benighted est venu pousser la chansonnette avec le groupe. Un peu moins marquant mais tout de même méritant, Demented évolue dans le même registre, entre le black et le death metal, avec des ambiances bien rendues.

Otargos

Le groupe Deficiency a su apporter un pendant thrash à toute cette avalanche de metal extrême, avec une approche moderne du genre. Les riffs sont supersoniques, le chant saturé à la limite du growl et le public moshe comme il se doit.

Au-delà de l’extrême

Si Deficiency se situe à la lisière de l’extrême, le groupe Nightcreepers peut le cotoyer. Mélangeant chant clair et chant black, le groupe de folk metal arrive à délivrer un set sympathique et aère cette journée extrême avec des mélodies au clavier typiques du genre. Le groupe est venu remplacer In Arkadia, qui avait dû annuler sa prestation au Lezard’Os.

En revanche, le groupe Heart Attack sort carrément de l’extrême pour présenter un heavy/thrash très mélodique. Les intentions sont bonnes, mais les compos manquent de mordant, tout comme le chant clair du frontman, qui n’arrive guère à convaincre le public, peu réactif au set.

Photos : © 2014 Hellbangeuse Live Photography.
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

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