Gorgoroth – Pentagram (1994)

Comme souvent le groupe vient de la ville encaissée qui pointe son nez à travers les brouillards glacés de l’hiver. Gorogoroth est fondé par Infernus en 1992 à Bergen, ville portuaire du sud-ouest de la Norvège. Dès ses premiers pas le groupe joue un Black Metal satanique et sort l’année suivante sa première démo A Sorcery Written in Blood qui servira pour le split officieux Burzum & Gorgoroth qu’ils réaliseront avec Varg Vikernes, alias le Count Grishnackh

Le premier album Pentagram sort donc chez Embassy Productions le 12 Octobre 1994. L’album est sombre, cru. On y retrouve notamment Samoth, du groupe Emperor, à la basse.

L’album est écrit par Infernus mais aussi par Goat Pervertor qui quittera le groupe l’année suivante, remplacé par Frost de Satyricon que l’on retrouve sur Antichrist. Sur ce dernier, Pest partage le chant avec Hat.
 

Gorgoroth


Dès les premières notes, on se rend compte que ce n’est pas la présence de Samoth qui va empêcher le groupe de sonner « True » dans son « Pure Black Metal from Norway ! C’est du brutal, du méchant et très agressif, accentué par les cris acides de Hat.

L’album est court, à peine 29 minutes, et nous donne un bel aperçu de se que sait déjà faire le groupe, avec une entame simple, « Begravelsesnatt », brutal mais c’est la voix qui surprend à la première écoute. Hat se la déchire, c’est rugueux et son phrasé est d’une agressivité glaciale, sincère, déchirante avec un changement de rythme sur le break qui laisse à peine ralentir son débit ou encore comme celui chaloupé de « Crushing the Scepter », où la voix est encore plus éraillée, plus écorchée, malsaine, possédée, avec un riff ciselé à la serpe.

La batterie de Goat s’emballe sur « Ritual » pendant que les riffs simples et répétitifs d’ Infernus prend une vitesse mid-tempo où la voix de Hat est proche des cris de la hyène en train de se battre pour finir une charogne en putréfaction jusqu’à mener l’auditeur sur 2 à 3 ambiances différentes et ce sur moins de 4 minutes. Sur « (Under) The Pagan Megalith » la voix gueule aussi sur une rythmique relativement calme : on en oublierait les autres instruments, et soudain, une attaque en règle au détour d’une petite accélération sur un changement de rythme où des cloches lointaines viennent accentuer ce côté roots où les cris sur la fin se déversent comme un torrent de vomi sur vos Rangers.
 

Gorgoroth


« Måneskyggens Slave » est un peu différent des autres titres de Pentagram. La basse de Samoth est plus audible, le morceau le plus long de l’album laissant plus de choix aux musiciens de jouer sur des ambiances et de donner des coups d’accélération dignes de ce nom laissant apparaître la palette de couleurs (sombres bien sûr) que le Black Metal nous laissera par la suite. On pourrait parler d’un titre épique pour Gorgoroth avec ses effets sonores.

Bien sûr on a le droit à notre titre instrumental avec « Huldrelokk », mais aussi un traitement sonore sur « Katharinas bortgang » qui donne du relief avec un léger écho sur les cordes vocales de Hat qui en prennent pour leur grade. Elles sont mises à rude épreuve avant que l’on se reçoive une gifle magistrale à l’entame du break qui jouera sur différente octave et ambiance afin d’accélérer le tout.
Cette simplicité se retrouve aussi sur « Drømmer om død » : rythmique assez basique, binaire que l’on aime aussi retrouver chez Darkthrone, mais avec un riff possédé, cérémonial, où la voix ne fait qu’en accentuer ce côté maléfique.

C’est donc un sacré premier album que sort Gorogoroth avec Pentagram, laissant peut de monde indifférent à ce Black Metal sombre et puissant qui restera une des références dans le genre.


Lionel / Born 666
 



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