Uriah Heep – The Outsider

La flamme n’est pas éteinte
 

Trois ans après Into the Wild, Uriah Heep  revient avec The Outsider, son 23e album studio. Toujours ancré dans les années 70, le groupe arrive à délivrer un album solide et énergique, assez varié, mais sans le mysticisme qui l’animait lors de son âge d’or. Cela ne l’empêche pas de présenter un travail honnête, gorgé de feeling et d’une flamme qui continue de brûler dans le cœur de ces musiciens qui ne sont pas prêts de prendre leur retraite.

Uriah Heep ne s’assagit pas avec l’âge. C’est la première chose qu’on constate à l’écoute de The Outsider. Si les groupes-phare des années 70 ont tendance à calmer le jeu de nos jours, pour le meilleur (Deep Purple) comme pour le pire (Aerosmith), Uriah Heep décide de prendre le temps à contrepied en appuyant sur le champignon de manière plus insistante que sur l’album précédent, Into the Wild.

Ainsi, des titres rapides sont parsemés tout le long de l’album, comme « The Outsider », « Looking at You » ou « Can’t Take that Away », rythmés par la frappe efficace de Russell Gilbrook. Mais l’énergie n’est pas forcément synonyme de vitesse et les chansons restent rythmées et entrainantes lorsque l’orchestre décide de ralentir la cadence, pour laisser parler son sens du groove (« Rock the Foundation ») ou faire planer l’auditeur (« Kiss the Rainbow »), mais certainement pas pour délivrer de ballade mielleuse.

Les musiciens d’Uriah Heep sont incroyables de feeling sur The Outsider. Si l’aspect mystique qui faisait l’identité du groupe est parti avec Ken Hensley (ex-claviériste), Mick Box et sa bande arrivent à présenter un travail spontané. Ainsi, l’interprétation vocale de Bernie Shaw correspond à chaque humeur, qu’elle soit solennelle avec « Is Anybody gonna Help me? », légère avec Jessie ou nostalgique avec « Say Goodbye ».

Les musiciens ne sont pas en reste. Le guitariste Mick Box et le claviériste Phil Lanzon se tirent gentiment la bourre, s’alternent dans les leads, harmonisent leurs mélodies (« Speed of Sound ») et exécutent leurs solos avec maestria, sans pour autant avaler les compos avec. Côté section rythmique, le nouveau bassiste Davey Rimmer arrive à remplacer Trevor Bolder, décédé en 2013, et à rythmer les compos, soit en marchant main dans la main avec Russell Gilbrook, soit en s’autorisant quelques fantaisies.

Uriah Heep

Côté compos, si l’album est varié et que les idées sont généralement bonnes, on peut regretter quelques ressemblances fâcheuses avec d’autres classiques du genre. Ainsi, le riff d’intro de « The Law » rappelle étrangement celui d’ »Immigrant Song » (Led Zeppelin), celui du pont de cette même chanson fait penser à Gangland (Iron Maiden) ou le refrain de « Looking at You » renvoie à « Highway Star » (Deep Purple). Ces quelques emprunts ne posent pas de réel problème mais auraient mérité d’être écartés pour laisser les idées plus originales du groupe.

Avec The Outsider, Uriah Heep n’a pas l’intention de réinventer le hard rock. Cependant, un travail honnête et incisif de la part d’un groupe qui fête ses 45 ans d’existence cette année est aussi plaisant qu’inattendu. On remarque que l’énergie déployée sur scène est conservée dans ce nouvel album, qui s’écoute avec plaisir, sans atteindre le niveau des légendes des années dorées que le groupe a connu.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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