Exodus – Exhibit B : The Human Condition

EXODUS connaît une seconde jeunesse. Après une longue traversée du désert, et bien que le groupe n'ait jamais connu le succès de ses pairs. Pourtant, leur influence est indéniable. On apprend ainsi dans l'interview du ROCK HARD du mois que Dave Mustaine pense que le "big four" du thrash (METALLICA, MEGADETH, SLAYER, ANTHRAX) aurait dû être un "Big Five". Gary Hunholt rappelle également l'importance des groupes allemands, KREATOR et DESTRUCTION notamment. Fidèle à ses convictions, le guitariste a de quoi se réjouir : depuis "Tempo of the Damned" (2004), qui marquait un retour discographique en forme, EXODUS prend un malin plaisir à ne pas réinventer l'eau chaude tout en étalant un grand savoir-faire et une cohésion grandissante. "Shovel Headed Kill Machine" (2005) et "The Atrocity Exhibition... Exhibit A" (2007) présentaient également un nouveau vocaliste, Rob Dukes, à la voix et à la personnalité bien plus agressifs que Steve "Zetro" Souza. Il faut dire que ça ne rigole pas du tout chez nos thrasheurs de la Bay Area.

Un temps adepte d'une certaine ironie, le gang de Frisco est devenue une machine de guerre. EXODUS a évolué avec son temps, et a logiquement adapté sa musique au son plus agressif des productions modernes. Si vous avez trouve que "Death Magnetic" de qui vous savez est encourageant mais sans plus, prêtez l'oreille à ça : "ça", mes enfants, c'est du Thrash ! Du putain de Metal avec un "M" majuscule ! Des intros mélodiques qui débouchent sur des gros riffs et des breaks de malades, des solos ultra-rapides, et un Rob Dukes qui se donne à 200%. Du début à la fin, ça riffe donc archi-sévère. Le morceau d'ouverture donne le ton : "The Ballad of Leonard and Charles" prend des allures de modèle du genre, entre le EXODUS à l'ancienne et des parties qui évoquent MACHINE HEAD. Amusant de penser à Robb Flynn et compagnie (qui devaient s'écouter tous les groupes précités à fond les ballons) et de constater comme les chemins du thrash peuvent parfois se recroiser au fil du temps. Plus sombre, plus mordant, la musique colle aux paroles qui après les religions sur "Exhibit A", parlent cette fois de la condition humaine. Vous l'aurez compris, l'analyse est bien plus sombre que celle de Bénabar !

Seul petit souci, la longueur. Gary Hunholt a en effet composé un album fleuve de plus de 70 minutes, le plus long de sa carrière, qui inclut 12 titres dont 8 dépassent les 6 minutes. Quand on aime on ne compte pas ? 1986, SLAYER, "Reign in Blood", 10 titres, 29 minutes. Le condensé parfait. Exemple extrême bien sûr, mais il faudra s'accrocher pour aller au bout de cette galette. Eternel débat autour de la durée d'un album. Un détail, mais à quoi bon faire du remplissage avec des chansons juste moyennes ? Ou comme dans le cas présent, pourquoi ne pas penser à l'auditeur qui, au moins pour ce genre de musique, pourrait préférer un album moins long qu'il pourrait écouter en boucle sans lassitude ? La réponse est simple : par passion. EXODUS se lâche, se fait plaisir, et enchaîne les missiles. Une sélection plus rigoureuse aurait pu donner un résultat scotchant. Malgré la qualité des brûlots balancés dans nos tronches consentantes, on finit par décrocher avant la fin. Un léger regret qui n'entache en rien la perspective d'aller écouter ça en live, au HELLFEST dans un premier temps où le groupe interprétera l'intégralité de son premier album, le classique "bonded by blood", et avec un peu de bol, en compagnie d'un autre grand nom du thrash plus tard ? Rêvons un peu !

Et c'est sorti le 7 mai chez Nuclear Blast.

Note finale : 7,5/10

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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