Subrosa au Hellfest 2014

Samedi : 14h20, Valley

L'archet touche sa cible

L'heure est au choix : une grande partie du public, à cette heure-ci, décide d'aller faire la fête en compagnie desNorvégiens de Trollfest au Temple. Un choix que l'on comprend tout à fait, tant l'ambiance devait y être à la joie. Sauf qu'ici, sous la Valley, ce sentiment Ô combien positif n'a nullement sa place. Non, certains festivaliers n'ont pas vraiment le même sens des priorités ou les mêmes envies et, au moment où les bières descendent en compagnie des Scandinaves, le public attend ici patiemment le show des doomeux de Subrosa, qui sont plutôt là pour nous parler de paysages désolés et arides, ce qui colle bien avec la température de ce milieu de journée. Bref, un programme charmant et alléchant, qui, semble-t-il, a appâté un certain nombre de personnes car la foule commence à arriver en masse au moment où le quintette arrive sur scène … et je suis sûr que peu d'entre nous s'attendaient à une telle claque.

Subrosa

Il est vrai que votre serviteur, qui a pu ici corrompre son collègue Tfaaon pour l'amener à ce show, avait placé More Constant Than the Gods en tant qu'album de l'année 2013. Inutile de préciser à quel point cette prestation était attendue de pied ferme. Et déçu, je ne l'ai pas été une seule seconde! Commençant par mettre en place un environnement musical intrigant grâce aux violons des talentueuses Sarah Pendleton et Kim Pack, le set démarre finalement après cette mystérieuse introduction par l'excellente piste « Fat of the Ram ». Et là, la magie prend. Les riffs lourds, boueux, la voix polymorphe de Rebecca Vernon, l'atmosphère construite par les violons... tout y est. La transcription scénique est très fidèle à ce que l'on pouvait entendre sur le format studio et cette même magie se retrouve également. Cette première piste est là pour nous prouver que non, Subrosa n'est pas uniquement une formation douée sur version physique et incapable de retranscrire ce qui leur donne tout ce charme, mais qu'elle est aussi capable de nous envoûter sur ce terrain de jeu. Durant de longues minutes, le quintette s'amuse à déployer ses meilleurs atouts dans une composition finement écrite, à laquelle le public réagit positivement : loin d'être bruyant, la foule se contente plutôt de se laisser enchanter par le doom des cinq musiciens, et d'applaudir avec enthousiasme une fois les pistes terminées. Subrosa parviendrait-il à convaincre son audience? Il faut croire que oui, c'est bel et bien le cas.

Subrosa

Avec cette (excellente) dernière galette à défendre, le groupe américain piochera seulement dans celle-ci, éclipsant donc Strega et No Help For the Mighty Ones. Et particularité de ce set : trois morceaux seulement seront joués par le combo. Emboîtant le pas à « Fat of the Ram », « Ghost of a Dead Empire » reprend cette même recette qui fait tout le succès de Subrosa et ne laisse pas un instant apparaître un moment de faiblesse quelconque. Les musiciens sont concentrés, Rebecca se fait plus incisive que jamais, Kim et Sarah s'en donnent à cœur joie pendant qu'Andy fait son travail derrière les fûts et que le nouveau bassiste de la formation, Levi Hana, semble possédé par la musique qu'il joue. N'oubliant évidemment pas de remercier son public, le groupe termine par le titre qu'une bonne partie des personnes présentes attendaient : « The Usher », sans doute le titre le plus apprécié des fans à ce jour. Petite nouveauté cependant concernant la version live, car le duo initial entre Rebecca et le chant masculin y est ici remplacé par un dialogue Rebecca / Kim qui, là encore, fonctionne très bien. Les deux jeunes femmes chantent avec douceur avant que la section rythmique ne s'en mêle et offre le meilleur d'elle-même, dans un titre de doom à la fois puissant, sombre et rêveur. Et là encore, Subrosa réussit à briller et toucher. Encore une fois, il faut souligner l'apport crucial des instruments de Kim et Sarah, qui offrent véritablement cette touche de charme si caractéristique à la formation. La force de leur musique vient de cette symbiose entre tous les éléments, où chaque instrument trouve sa place, où l'harmonie entre eux construit ce paysage contemplatif et énigmatique. Levi Hana, par ailleurs, prendra la place du chant masculin de fin de morceau, avec sa voix rocailleuse et agressive, complétant parfaitement celle de Rebecca, chanteuse / guitariste définitivement convaincante.

Subrosa

Se retirant humblement après un set remarquable, Subrosa remercie son public pour sa présence et espère être de retour le plus vite possible. Et nous aussi, on espère vraiment revoir ce groupe qui aura asséné la claque de la journée aux personnes présentes et réceptives au doom du combo. Mesdames, messieurs, merci encore de nous avoir emmené aussi loin. Une formation à soutenir, qui aura délivré l'un des meilleurs concerts du Hellfest.

Setlist :

Fat of the Ram
Ghosts of a Dead Empire
The Usher

Photos : Lionel / Born 666 / © 2014
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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