Emperor au Hellfest 2014

Dimanche 22 juin, 23h05 – Mainstage 2

La marche de l’Emperor

Alors que le sympathique concert de Soundgarden se termine, la performance d’Emperor, groupe légendaire de la scène black métal, se prépare. C’est aussi ça la magie du Hellfest, cet éclectisme qui permet de passer du coq au bouc satanique sans que cela ne dérange le moins du monde. Le programme de ce concert avait tout pour plaire aux fanatiques de la formation norvégienne, puisque le légendaire In The Nightside Eclipse, pierre angulaire de toute une vision du genre, allait être joué dans son entièreté, en plus de quelques vieilleries tirées de la démo Wrath of The Tyrant.
 

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L’ambiance est sulfureuse et électrique devant la Mainstage 2 en ce début de fin de Hellfest. Sept ans après leur concert mythique dans la boue, la sueur et la pluie au Hellfest 2007, c’est le retour de l’empereur du black metal. La tension est à son paroxysme lorsque retentit l’introduction de In The Nightside Eclipse. Ihsahn et sa bande arrivent solennellement sur la scène : l’éclipse peut commencer. Dès les premières secondes de « Into The Infinity of Thoughts », on peut déjà sentir que l’on va assister à quelque chose de spécial. Ihsahn est en très bonne forme vocale, meilleure qu’au Hellfest 2013 pour son concert en solo, et c’est avec grand plaisir que l’on entend ses hurlements une fois de plus à Clisson. Le son est très bon, permettant d’entendre avec distinction les riffs forgés  par le duo Samoth/Ihsahn, pendant que Faust, de retour derrière la batterie d’Emperor après vingt ans d’abstinence, vient ajouter sa touche primitive et brute, avec son jeu minimaliste mais efficace.
 

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On mettra tout de même un bémol sur le mixage, qui est peut être un peu timide au niveau des claviers, et c’est légèrement problématique quand on sait que ce sont justement les claviers qui donnent à cet album tout son cachet. Fort heureusement, ce défaut sera corrigé en cours de route. Que dire sur cette performance d’Emperor ? Tellurique, majestueuse, enragée… Mettez-y le qualificatif que vous souhaitez, mais force est de constater que leur musique est toujours aussi jouissive à entendre, et il est vraiment intéressant d’entendre la totalité de l’album avec un son « live » et moderne, ce qui fait une sacrée mise en abyme par rapport à l’album studio.
 

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Pour épauler les membres originaux du groupe, nous retrouvons les musiciens qui avaient participé à la première reformation d’Emperor, à savoir Secthdamon à la basse, et Einar Solberg de Leprous aux claviers, et également beau frère d’Ihsahn. [minute potin] Les deux sont plutôt bons dans leurs rôles, et viennent apporter un peu de jeunesse fougueuse à ce concert, à la fois visuellement et musicalement. De leurs côtés, les deux guitaristes ont un charisme assez conséquent, mention spéciale à Ihsahn avec sa magnifique Ibanez Iceman fabriquée spécialement pour ces concerts anniversaires.
 

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Sans qu’on ait le temps de dire « Satan », le concert passe à une vitesse quasi-démoniaque. Nous avons donc droit à une magnifique interprétation de « Towards the Pantheon », avec ce fameux hurlement d’Ihsahn qui a glacé le sang de tant d’aficionados à l’époque, et qui continue de le faire aujourd’hui. Puis, arrive la fin de l’album, et comme chaque amateur d’Emperor le sait, cette conclusion a été particulièrement bien pensée par nos amis norvégiens, avec rien moins que deux tubes du patrimoine black métal.
 

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La performance du groupe sur « I Am The Black Wizards » est difficilement descriptible, tant l’énergie qui s’en dégage est forte. Devant nos yeux ébahis, sont de nouveau gravées les tables de la loi de tout un genre, qui ont fait d’innombrables émules à travers le monde. Et c’est sur « Inno A Satana », l’hymne à Satan dans la langue de Molière, que le malin s’incruste au Hellfest. Croyez bien qu’entendre des milliers de personnes hurler « SATANA » à plein poumon sur invitation d’Ihsahn, ça a son petit effet. Et si notre chère amie Christine Boutin avait raison ?  Et si le démon avait tourné son œil sur Clisson pendant l’espace d’une heure ? Cette question restera en suspens, même si une réponse nous vient au bout des lèvres, car une intervention surnaturelle est probablement la seule explication rationnelle pour comprendre ce qui s’est passé sur la Mainstage 2 ce soir là.
 

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Après avoir joué « Ancient Queen » et le séminal « Wrath of The Tyrant » en rappel, le groupe se retire sous des vivats plus que mérités. On peut se douter que le facteur financier a eu sa petite influence dans cette tournée anniversaire, mais devant une telle interprétation, on ne peut que tirer son chapeau, car l’argent est la dernière chose qui venait à l’esprit pendant ce concert.

L’empereur est mort, vive l’empereur. Et il sera toujours bienvenue au Hellfest.

PS : pour les malchanceux qui n’ont pas eu la chance d’être présent au concert, Arte a pensé à vous !

Setlist :

Into the Infinity of Thoughts
The Burning Shadows of Silence
Cosmic Keys to My Creations & Times
Beyond the Great Vast Forest
Towards the Pantheon
The Majesty of the Nightsky
I Am the Black Wizards
Inno a Satana

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Ancient Queen
Wrath of the Tyrant

Reportage par Tfaaon

Photos 2 et 4  : © 2014 Nidhal Marzouk / Yog photography
Photos 1, 3, 5 et 6 : Photos : © 2014 Thomas Orlanth / Site du photographe

Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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