Matthew Greywolf (guitariste) et Falk Maria Schlegel (claviériste) de Powerwolf au Hellfest 2014


"Nous sommes un groupe de heavy metal, point."

A la veille de leur prestation sur la Mainstage 2 du Hellfest Open Air 2014, deux membres de Powerwolf nous ont fait l'honneur d'accorder une interview à La Grosse Radio Metal dans l'espace presse. S'avançant devant nous visiblement détendus, ce sont des Matthew Greywolf et Falk Maria Schlegel souriants qui ont répondu à nos questions en toute simplicité et avec grande franchise.

Preachers of the Night est sorti l'an passé et a connu un immense succès avec notamment cette première place des ventes en Allemagne. Comment avez-vous ressenti cela ?

Matthew : C'est la deuxième fois que nous entrons dans les charts là bas, mais cette fois-ci... n°1, wow ! C'est un sentiment étrange, personne ne peut imaginer qu'à la base un groupe de metal puisse figurer aussi haut, d'habitude ce genre de classement est réservé à une musique très éloignée du genre dont les metalleux n'ont rien à faire (rires) ! C'est donc assez ambigu, car d'un côté c'est vraiment génial pour nous et cela montre que le groupe a vraiment du succès mais d'un autre on se demande un peu ce qu'on fait là. Bref c'est génial mais inattendu !

Falk Maria : On a tout de même célébré cela, avec pas mal d'alcool ! (rires)

Est-ce que cela a changé le quotidien de Powerwolf ?

Matthew : Oui, j'ai acheté une plus grande piscine...

(rire génral)

Non en fait pas vraiment. C'est juste un classement, mais le reste importe peu... Enfin si, il y a plus de gens qui viennent à nos show et qui chantent nos chansons, ça c'est l'aspect hyper positif du truc, mais en tant que musicien ça ne change rien.

Vous avez également joué votre premier show en tant que tête d'affiche à Paris en fin d'année dernière, dans une ambiance survoltée. Quels souvenirs gardez-vous de cette soirée ?

Matthew : Je m'en souviens très bien !

Falk Maria : Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre d'ailleurs, on n'avait plus joué là-bas depuis 8 ans avec Gamma Ray...

Matthew : C'était notre première date de la tournée et on était dans une petite salle, la plus petite de toute la tournée. Mais il y avait une énorme passion, des fans survoltés, et on est ressortis de là très satisfaits. On a hâte de revenir !

Du coup, vous vous retrouvez pour la première fois au Hellfest. Quels sont vos attentes à la veille du show ?

Matthew : On a été un peu booké ici par hasard je crois...

Falk Maria : Très tôt on a retrouvé cette date sur notre tournée, on ne s'y attendait pas trop mais c'est cool.

Matthew : Oui, puis on est l'un des rares groupes de power metal à l'affiche, même si ce festival est très varié dans ses styles et je trouve que c'est une très bonne chose pour le public. J'aime bien l'affiche en tout cas ! Ce soir on va voir Carcass par exemple...

Falk Maria : Gorgoroth pour moi !

Matthew : On aimerait voir Black Sabbath aussi mais je pense qu'on sera sur la route à ce moment-là. C'est en tout cas gratifiant de jouer sur la même affiche que de telles légendes !

Powerwolf Hellfest interview 2014

Est-ce facile d'adapter votre setlist en condition festival où vous jouez forcément moins longtemps ?

Matthew : Non, pas facile du tout (rires) ! On a dû faire pas mal de concessions, mais on a pas mal discuté dans le groupe et c'était intéressant de faire un choix en tenant compte de l'avis de chacun. C'est cool de changer de setlist de temps en temps selon les festival, ça permet de varier, que ce soit pour 90 minutes, une heure ou 45 minutes...

Falk Maria : On a déjà joué 45 minutes l'an passé au Sweden Rock Festival, mais pas dans les mêmes conditions de chaleur (rires) ! Jouer aussi peu de temps fait qu'on doit tout donner et cela passe très vite sur scène.

Le heavy power metal dans lequel vous excellez est un genre pas mal critiqué par beaucoup, que pensez-vous de ces gens qui disent que tout a déjà été fait et dit sans ce style ?

Matthew : Je pense sincèrement qu'il y a une bonne nouvelle génération de groupes heavy power plutôt intéressants comme Sabaton ou encore Orden Ogan. La plupart des "vieux" groupes continuent leur carrière mais il est temps pour le power d'avoir un nouveau souffle, cette musique est encore capable de remuer les foules et je pense que nous en apportons la preuve en ce moment.

Comment pouvons-nous imaginer l'évolution de Powerwolf à l'avenir ?

Falk Maria : Tu ne peux pas vraiment prévoir ce qui va se passer, il faut rester concentrer sur le présent et donner du meilleur de soi même que ce soit sur disque ou sur scène. On a de plus en plus de gens qui nous suivent et qui font l'évolution du groupe.

Matthew : L'important pour nous étant de nous amuser, de divertir les gens, de passer du bon temps avec des amis sur la route, et si on peut continuer ainsi plusieurs années on sera ravis, avant même d'être un groupe à succès. C'est cet aspect humain qui est le plus important.

Avez-vous pas mal d'autres shows prévus cette année encore ?

Matthew : Non, après la saison des festivals on va stopper quelques temps afin de se concentrer sur l'écriture du nouvel album. Dès le mois de septembre.

Avez-vous déjà en tête quelques idées pour ce prochain album ?

Falk Maria : Pas vraiment, car nous n'écrivons jamais quand nous sommes en tournée, on préfère faire cela au calme et se concentrer pleinement sur ce processus.

Matthew : Voilà, on se concentrera sur ça après les concerts, bien sûr t'as toujours quelques idées ça et là qui germent mais on ne brainstormise pas encore dessus.

Est-ce qu'un album concept sur une seule histoire est envisageable un jour ?

Matthew : Oui, pourquoi pas ! Mais nous ne sommes pas du genre à planifier tout ça à l'avance, donc si ça doit se faire ce sera au moment où on commencera l'écriture, on ne va pas se limiter avant sur ce genre de chose. Il faut que ce soit un sujet précis qui ne nous permette aucune limite... après tout, sur Preachers of the Night, on avait déjà une vague histoire commune sur les croisades chrétiennes alors que pourtant on n'était pas partis sur ce terrain là à la base.

Sur chaque album, la dernière chanson est un morceau épique qui se termine avec une outro sans musique, une marque de fabrique qui restera dans Powerwolf sur chaque album ?

Matthew : Oui, c'est assez égoïste de notre part, et ce n'est pas prévu de changer (rires) ! C'est un peu comme la fin d'un film, une sorte de générique qui récapitule un peu l'album et pose les choses.

Falk Maria : D'ailleurs on finit toujours nos shows par "Lupus Dei" depuis quelques temps, je crois que ce sera toujours le cas désormais ! (rires)

Matthew : Je sais que des gens n'aiment pas ce genre de fin mais nous si, et ça restera ainsi pour les prochains opus.

Vous vous êtes déjà amusés à faire des versions symphoniques avec orchestre de certaines de vos chansons, pouvons-nous imaginer un jour un album de Powerwolf en mode gros metal symphonique avec de vrais instruments classiques ?

Matthew : La réponse est non ! Nous sommes un groupe de heavy metal, point. Ce genre de collaboration metal/orchestre a déjà été trop fait, c'était cool au départ mais désormais ça n'a plus trop d'intérêt je pense. C'est bon pour des bonus ou des EP à part, mais sur les albums et pour les live on mettra toujours le metal en avant.

Powerwolf Hellfest interview 2014

Quand on vous voit en live, on peut être surpris par l'absence de bassiste. Pourquoi ce choix ?

Falk Maria : Si tu vois mon jeu de scène, tu te rends compte qu'il n'y a pas la place pour un bassiste car je bouge tout le temps ! (rires)

Matthew : Et puis il y aurait un gars de plus pour boire nos bières dans le tourbus ! (rires)

Vous utilisez donc des samples sur scène ?

Matthew : Oui, et on ne s'en cache pas ! Tout le monde le sait et ça ne nous pose pas de souci. Charles joue la basse sur l'album et ça nous suffit, on est cinq sur scène et c'est parfait comme ça.

Qu'écoutez comme musique en dehors de Powerwolf ?

Matthew : J'écoute du heavy depuis que j'ai 11 ans, après je n'ai aucune limite personnelle, je peux aimer du death metal comme de la pop. Je suis un vrai fan de musique.

Falk Maria : Moi j'aime Kreator, Forbidden ou encore Nevermore !

Pas trop stressé pour demain du coup ?

Matthew : Non ça va, j'ai hâte, je préfèrerais qu'il fasse juste 5 degrés de moins (rires) ! Mais à ce qu'on dit il fera encore plus chaud donc... J'espère qu'on s'amusera bien avec les fans, on est heureux d'être sur ce grand festival.

Un dernier mot pour les fans ?

Matthew : Metal is religion !

Falk Maria : Heavy in the morning, metal in the night !

Entretien réalisé par Ju de Melon et Vyuuse

Photos d'ambiance par Ju de Melon
  

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