Death DTA au Hellfest 2014

Vendredi 20 juin, 22h55 – Altar

Une deatheption

Après la claque monumentale administrée au Trabendo en novembre dernier, tout laissait penser que nous allions à nouveau passer un moment intense en émotions avec Death DTA, reformation du groupe légendaire en hommage à Chuck Schuldiner. Pourtant, malgré l’excellence de l’interprétation de « Flattening of Emotion », on sent rapidement que quelque chose ne tourne pas complètement rond. On ressent en effet une certaine tension sur scène, qui se lit sur le visage de Max Phelps (Exist / Cynic), qui a la rude tâche de marcher dans les bottes de Chucky.
 

Death DTA, Hellfest 2014, live report,


En tendant l’oreille, on s’aperçoit que ce dernier est bien sous mixé par rapport à son homologue Paul Masvidal. Peu à l’aise, Max fait quelques pains sur les solos et les sections harmonisées, et on le sent clairement sur la retenue. Est-ce que ce début de tournée Death DTA se passe mal pour lui ?  Nous n’aurons pas la réponse ce soir. En tout cas au niveau de la console de mixage de l’Altar, l’ambiance n’est pas si chaleureuse qu’on n’aurait pas l’espérer. Aussi difficile à croire que cela puisse paraître, ce soir, la musique de Chuck ne prend pas. De son côté, Sean Reinert fait ce qu’on pourrait appeler le minimum syndical à la batterie. Rien à voir avec la puissance et la finesse du jeu qu’il abattait sur la tournée originale de Human, si on en croit les vidéos d’époque.
 

Hellfest 2014, live report, Death DTA,


En plus du problème de son sur la guitare de Max Phelps, on entend un grésillement très désagréable dans la batterie de Reinert, probablement du à un faux contact dans le câblage, nous déclare un ingénieur du son présent au concert. Heureusement, les piliers que sont Paul Masvidal et Steve DiGiorgio n’ont pas de tels problèmes, et maintiennent l’ossature du concert intacte, permettant d'en profiter malgré tout. On note d’ailleurs de la part de Masvidal plusieurs tentatives de moderniser les solos qu’il interprète, effort de renouvellement louable. C’est avec « Crystal Mountain » que le concert semble repartir sur d’excellents rails. En effet, Hannes Grossmann (Obscura), qui est passé à la batterie, arrive très bien à reproduire l’énergie du jeu de Gene Hoglan. Cette fois, la chanson n'est pas honteusement ralentie comme à Paris, et son impact sur scène est vraiment impressionnant.

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Mais les choses se gâtent à nouveau lorsque Steffen Kummerer d’Obscura s’ajoute à la fête. En effet, le pauvre bougre a lui aussi de gros problèmes de son sur sa guitare, faisant qu’on l’entend par intermittence, avec parfois vingt à trente secondes de silence. Et croyez bien qu’entendre une musique, qui a été pensée et écrite pour deux guitares, être jouée à une seule guitare, c’est assez gênant. Ainsi, les classiques ultimes que sont « Spirif Crusher » et « Symbolic » sont passés au hachoir, et ça fait pas mal de peine, surtout pour le malheureux Steffen qui est un immense fan du groupe. Les erreurs s’enchaînent, mais comment lui en vouloir, puisque visiblement, lui aussi ne s’entend pas ! En tout état de cause, il semblerait que le public n’ait pas été gêné par ces problèmes, et continue de manifester sa satisfaction entre les chansons.

Avec le retour de Masvidal, les problèmes de son semblent bel et bien partis. C’est donc l’occasion pour le groupe de finir sur une bonne note, et l’immense « Pull The Plug », qui fait sauter de nombreuses têtes dans la fosse. Ainsi, on peut difficilement parler de la tuerie qu’on attendait tous en songeant à ce concert de Death DTA. Des problèmes techniques, et visiblement, une certaine tension de certains musiciens sur scène n’ont clairement pas aidé. L’esprit fédérateur de la musique de Chuck était néanmoins présent, et c’est déjà pas mal.

PS : Pour l’anecdote, nous avons également assisté à la performance du groupe au Graspop Metal Meeting une semaine plus tard, dernière date de la tournée, et le groupe y était nettement plus détendu, posé et sans problèmes techniques. La performance fut incomparablement meilleure. Que les déçus cette soirée ne gardent donc pas une image ternie de la reformation, qui a joué de malchance pour le malheur du Hellfest.

Setlist :

Flattening of Emotions
Leprosy / Left to Die
Suicide Machine
Spiritual Healing / Within the Mind
Crystal Mountain
Spirit Crusher
Symbolic
Zombie Ritual / Baptized in Blood
Pull the Plug

Reportage par Tfaaon

Photos : © 2014 Nikolas Ernult  / Nikolase.fr
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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