Opeth au Hellfest 2014

Dimanche 22 juin, 1h00 – Altar

Une délivrance devant l’autel

Pour ce Hellfest 2014, aller voir Opeth de près était un choix difficile, car il signifiait partir avant la fin du concert de Black Sabbath. L’histoire révèlera finalement que les anglais ne joueront (honteusement) qu’une heure et demie sur les deux prévues. Avec un peu d’astuce, il était donc possible d’assister aux deux concerts dans de bonnes conditions. On peut d’ailleurs noter que, pour la deuxième fois de l’histoire du Hellfest, les suèdois allaient faire la clôture du festival après un concert d’Ozzy Osbourne. Ce passage d’Opeth pouvait susciter quelques interrogations : allaient-ils jouer des chansons de Pale Communion, sortant le 25 août ? Mike allait-il assurer aux growls ? Le concert allait-il être viable après la folie de Black Sabbath ?
 

Opeth, live report, Hellfest 2014,


La réponse à la dernière question est trouvée avant le début du concert. L’Altar est déjà presque remplie alors même que 1349 n’a pas encore fini son set brutal et débridé. Finalement, Opeth commence avec quelques minutes de retard, mais on leur pardonne, car le soin apporté à la mise en son de leurs concerts est aujourd’hui connu de tous. Sans surprise, les suédois entament le spectacle avec « The Devil’s Orchard », tirée de Heritage, l’album de la controverse,  à la fois dans la presse et parmi les fanatiques. Ce qui frappe instantanément, c’est le son. Il est d’une précision mortelle, et constitue la preuve incontestable qu’il est possible d’avoir un son de qualité sous l’Altar, chose qui est pourtant loin d’être acquise si on fait le bilan des concerts sous la double tente. Bien que non extrême, ce titre passe toujours aussi bien le cap du live, avec ses riffs alambiqués et sa batterie lourde à souhait.
 

Opeth, live report, Hellfest 2014,


« The Devil’s Orchard » sera la seule réelle fantaisie d’Opeth pour ce soir, le reste de la setlist étant issu du répertoire classique et éprouvé du groupe. « Heir Apparent » révèle un groupe au zénith de sa forme. C’est bien simple, la performance est proche de la perfection : Mike est très en voix, à la fois en chant clair comme en growl, ce qui rassurera les fans grincheux. A la guitare, le chanteur soutient avec classe son frère d’armes Fredrik Akesson, qui se révèle être, un soir de plus, un tueur en rythmique, mais encore plus en solo. On entend très distinctement la basse de Martin Mendez, qui nous envoie de bonnes vibrations avec son jeu plein de groove suave. Si l’uruguayen est toujours dans Opeth depuis si longtemps, c’est pour une bonne raison. De son côté, Joachim Svalberg s’affirme de plus en plus comme le nouveau pilier de la formation, avec son jeu débordant de talent aux claviers, et sa voix apportant un plus mélodique non négligeable à Opeth. Le public, quant à lui, semble complètement envoûté par la performance des suédois.
 

Opeth, live report, Hellfest 2014,


Et c’est le moment choisi par le groupe pour lâcher le démon. Classique parmi les classiques, « Demon of the Fall » mets une fois de plus tout le monde d’accord, avec sa première partie très Morbid Angel, puis son très beau final éthéré et mélodique. « Hope Leaves » n’est pas une surprise, étant une des chansons préférées de Mike. On aurait pu préférer une autre chanson de Damnation, mais ne boudons pas notre plaisir, cette ballade est très belle, magnifiée par le solo de Fredrik Akesson, et une interprétation toujours impeccable. Evidemment, nous avons droit aux légendaires interventions de Mike entre les chansons. Il commence par titiller les fans de Black Sabbath en disant qu’il n’avait aucune envie d’aller les voir, puis déclare adorer le « 666 » de la structure des lumières de la Temple, pour termine en nous racontant une anecdote (qu'il avoue lui-même inutile) sur l’achat d’une cassette de Saxon, toujours avec humour.
 

Opeth, live report, Hellfest 2014,


Il reste un peu moins d’une demi-heure à jouer, et pourtant Opeth n’aura le temps de jouer que deux chansons… De plus de douze minutes ! Encore une fois, le répertoire classique est mis à l’honneur, avec « Deliverance » et « Blackwater Park », qui ne font que confirmer à quel point le groupe est en forme depuis quelques années. C’est bien simple, on aurait beaucoup de mal à trouver des défauts à ce concert. Opeth a survolé ce Hellfest, donnant un des meilleurs performances du festival, et pourtant la concurrence était très dure. Un peu plus d’audace dans la setlist aurait été bienvenu, mais d’un autre côté, ces chansons sont toujours un plaisir à entendre et à voir. Il y a fort à parier que l’audace sera bien plus présente lors des choix de chansons pour la tournée européenne du groupe cet automne. Bien loin de faire regretter son passé, Opeth a donné une vision brillante de son futur.

Setlist :

The Devil's Orchard
Heir Apparent
Demon of the Fall
Hope Leaves
Deliverance
Blackwater Park

Reportage par Tfaaon

Photos : © 2014 Marc "Byclown" Duvollet / Site du photographe
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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