Dorian Sorriaux, guitariste de Blues Pills

"On a vraiment tout donné pour le groupe !"

Dorian Sorriaux est un jeune guitariste français de 18 ans qui a tout pour devenir un futur grand. Son parcours déjà assez atypique, le néo-bachelier a rejoint il y a quelques années un groupe typé blues rock nommé Blues Pills et basé en Suède. Si nous en parlons ici, c'est que cette formation commence à être adulée des fans de metal, comme l'en atteste le récent show donné au Hellfest.

C'est un Dorian un peu timide mais très sympathique qui a répondu aux questions de La Grosse Radio.

Ju de Melon : Bonjour Dorian et merci de nous accorder cet entretien, pas trop stressé quelques jours avant la sortie de l'album ?

Dorian Sorriaux : Pas vraiment de stress, là tout va bien. Je suis à Paris entre deux concerts, on était en Autriche il y a quelques jours et ensuite on va aller en Lituanie pour un festival. On est très content que l'album sorte enfin, l'actualité du groupe est très fournie entre ce premier opus et les festivals d'été.

Un français dans un groupe basé en Suède, ce n'est pas banal ! Tu as d'ailleurs rejoint Blues Pills en cours de route, est-ce que l'integration fut simple pour toi ?

Oui, car le groupe n'avait que six mois quand je l'ai rejoint, il n'y avait eu que deux démos postées sur Youtube. J'ai donc pu vite m'adapter et on a appris à se connaître avant que les choses plus sérieuses ne commencent.

Dorian Sorriaux Blues Pills interview 2014

As-tu déménagé en Suède du coup pour travailler avec tes collègues ?

Oui, j'ai un appartement en Suède, je vis en colocation avec le bassiste Zack Anderson. Je suis aussi souvent en France quand on est pas en tournée, là par exemple j'ai passé mon Bac il y a quelques semaines.

Le groupe a bénéficié très rapidement d'une exposition importante et a pu se produire dans de grands festivals avant même la sortie d'un premier album. Quel est votre secret pour générer un tel engouement ?

On a vraiment tout donné pour le groupe. Le bassiste et le batteur sont américains, je suis français, et on a tous déménagé en Suède auprès de la chanteuse pour se donner à 100%. C'est certainement une des clefs du succès. On a aussi eu de la chance, on a rencontré de bonnes personnes qui nous ont permis de signer avec Nuclear Blast et d'avoir accès à des plus gros concerts.

D'ailleurs, votre show au Hellfest a séduit énormément de spectateurs, quels souvenirs gardes-tu de ce concert ?

C'est un concert que j'ai beaucoup aimé car je ne savais pas du tout à quoi m'attendre surtout à 11h du matin, heure où laquelle on m'avait dit qu'il y aurait pas beaucoup de monde. Mais là les gens étaient présents en nombre et on a eu un très bon son. Un de mes meilleurs concerts avec Blues Pills avec une très belle réaction de la foule.

Parlons de ce premier opus éponyme qui sort fin juillet chez Nuclear Blast. Au niveau de l'écriture, comment s'est-il construit ? As-tu écrit toi même quelques chansons ?

J'ai écrit quelques parties surtout au niveau des arrangements, car les morceaux ont principalement été écrits par Elin et Zack. On a donc arrangé en commun et modifié certains vieux titres en conséquence.

Est-ce Elin qui s'occupe des paroles ? Ont-elles des thèmes particuliers qui vous tiennent à coeur ?

Oui, Elin et Zack là aussi. Les paroles sont en effet très importantes pour Elin, elle aime ressentir ses textes lorsqu'elle les chante. Les thèmes portent sur la vie en général, quelques chansons "d'amour" mais aussi sur la société comme "High Class Woman" ou "Ain't No Change" qui elle est sur l'environnement.

L'album contient une reprise de Chubby Checker, "Gypsy". Pourquoi ce choix en particulier ?

C'est Zack qui nous a montré ce morceau il y a un an et on l'a de suite tous aimé. On a commencé à jammer dessus pour le fun, puis on l'a joué pendant nos balances. Un jour on avait besoin de rajouter un morceau dans notre set et du coup on l'a joué. Petit à petit, il est devenu incontournable dans nos concerts, c'était donc naturel pour nous de l'enregistrer et de le mettre sur l'album.

Le morceau "Bliss", rebaptisé "Jupiter" sur l'album, était à la base écrit en suédois. Pourquoi le choix de le chanter en anglais sur ce premier album ?

C'est notre producteur Don Alsterberg qui voulait qu'elle soit chantée en anglais. On a donc essayé et modifié les mélodies, même les paroles, du coup le morceau est totalement différent. Chaque morceau sorti précédemment et proposé sur l'album se voit présenré sous une forme différente, on ne voulait pas proposer une copie conforme à nos fans. Du coup cela donne des versions plus spontanées car on a joué ces morceaux des tonnes de fois en concert.

"Devil Man" a aussi été modifiée et a été amputée de son intro a cappella pourtant encore interprétée en live !

Oui c'est vrai, en live on fait un mélange d'anciennes versions et de nouvelles. Mais cette intro plait en effet beaucoup au plublic en live, alors du coup on va la garder pour l'instant.

Certains morceaux présents sur cet album proviennent donc de démos ou d'EPs précédents. Comment avez-vous fait le choix des titres qui seront inclus sur votre premier disque ?

Tout s'est fait naturellement, ce sont nos morceaux préférés qu'on a mis sur le disque. Puis quand on les a enregistrés une première fois pour des EP, on ne pensait pas qu'ils sortiraient, c'était pour nous des démos dont nous n'étions pas pleinement satisfaits que ce soit sur la structure ou le rendu sonore. Donc on a pu les faire évoluer pour l'album.

Votre musique ne tire pas forcément vers le metal et pourtant c'est le public metal qui semble le plus attiré par votre musique. Quelle en est la raison selon toi ?

Le fait de signer chez Nuclear Blast joue beaucoup je pense, et nos agents qui s'occupent de pas mal de groupes de metal qui nous ont aiguillé vers des tournées ou festivals plus metal. On a été très bien reçu par le public metal en effet.

Cela fait aussi partie d'une mouvance "old school" qui semble se propager ces derniers mois...

Oui aussi, c'est vrai.

Si tu ne pouvais garder qu'un seul et unique titre de Blues Pills, lequel serait-ce et pourquoi ?

*hésitation* ... "Little Sun", version de l'album.

Comme cette interview sera publiée sur un webzine metal, je ne peux pas ne pas te poser cette question : en écoutes-tu dans la vie de tous les jours et si oui quels groupes ?

Pas vraiment mais depuis qu'on joue dans des festivals metal je me suis un peu plus intéressé au genre. Du coup j'apprécie quelques groupes, notamment les norvégiens de Kvelertak qui étaient au Hellfest. J'apprends disons ! (rires)

Sinon, t'écoutes quoi le plus souvent en ce moment ?

Ca change très souvent mais en ce moment j'écoute pas mal le chanteur Terry Reid, celui que Jimmy Paige voulait pour Led Zeppelin au départ mais il ne pouvait pas à cause de certains contrats. C'est Reid qui avait recommandé Robert Plant et John Bonham d'ailleurs. Il a une voix que j'aime beaucoup entre blues, soul et rock. Sinon j'écoute aussi pas mal le groupe suédois Graveyard et pas mal de trucs des années 60 et 70.

Zack et Elin ont le même background musical que toi ?

Oui, ils écoutent peu de metal aussi. Cory notre batteur est plus fan, il avait joué dans un groupe de death avant.

En dehors de Blues Pills, composes-tu pour d'autres projets ou un éventuel album solo un jour ?

Un album solo je ne sais pas trop, mais je reste ouvert à toute possibilité. Il faudrait juste que ça vienne de façon naturelle, idem pour un autre projet. Pour l'instant je suis totalement concentré sur Blues Pills.

Blues Pills 2014

Est-ce qu'une tournée française est prévue ?

Une tournée oui mais en Allemagne et en Autriche pour le moment. Mais j'espère pour autour de Novembre, ce n'est pas encore acté mais je pense qu'on fera quelques dates en France à ce moment-là.

Prévoyez-vous déjà une suite comme un second album par exemple ?

Oui, on est déjà en train de penser au second album, on a quelques idées. On espère retourner vite en studio mais ça peut prendre du temps car on va pas mal rebosser tout ça avec notre producteur qui est très perfectionniste. Le but serait de sortir l'album l'an prochain malgré tout.

Je te laisse le mot de la fin pour nos lecteurs.

Tout d'abord merci de vous intéresser à Blues Pills. Et ceux qui ne connaissent pas je vous invite à découvrir, ça me fera plaisir.

 



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