Opeth – Pale Communion

Un album d’opale ou trop pâle ?


Après un Heritage qui a clairement été à l’origine d’un schisme au sein des fanatiques de la formation suédoise, Opeth est enfin de retour avec son onzième album studio, au titre énigmatique Pale Communion. A la carte, le chef Mikael Akerfeldt et sa bande de troubadours cuistots vous propose du prog’, de la guitare douze cordes, des harmonies vocales, le tout servi avec une superbe production, magnifiée par le mixage de Steven Wilson. Le lecteur est donc prévenu avant de goûter au plat !

Dès les premières secondes de l’intervention de Joachim Svalberg au mellotron en début d’album, on a presque déjà la réponse à la question qui hantait chaque fan d’Opeth : le death metal sera-t-il de retour sur Pale Communion ? La réponse est claire et nette, c’est non.  Avec ce nouvel album, le combo suédois suit clairement le chemin qui avait été défriché sur Heritage : du rock progressif de la vieille école qui voit Mike Akerfeldt mêler ses influences musicales à ses propres tics de composition, avec lesquels il s’est illustré et est devenu célèbre. Dans son ensemble, l’album est donc constitué de compositions très solides et bien conçues, avec des structures élaborées et des rythmes bizarroïdes qui jaillissent un peu partout.
 

Opeth, Pale Communion, chronique, 2014, Mike Akerfeldt,


Cependant, même si l’orientation musicale est vraisemblablement la même, le ton global de l’album est nettement différent de Heritage, et on peut s’en réjouir. En effet, Pale Communion est beaucoup moins sombre et plus accrocheur, avec des moments de pure mélodie qui nous renvoient aux meilleurs moments de la carrière d’Opeth. On peut par exemple penser à « Eternal Rains Will Come » avec son introduction énigmatique qui part en passage acoustique délicat, avant que la voix de Mike ne vienne apporter une touche très mélancolique, mais belle. Difficile également de ne pas nommer « River », nouveau joyau progressif signé par le suédois et probablement le morceau le plus mémorable de cet album. On passe dans cette chanson de la ballade acoustique suave qui pue la classe aux riffs bien groovy façon Deep Purple sans que l’on soit choqué le moins du monde. Le charme opère toujours…
 

Opeth, Pale Communion, 2014, chronique, français,


Ou presque. Pale Communion n’est pas exempt de défauts, loin de là ! On y retrouve par exemple des morceaux clairement décevants compte tenu du potentiel créatif qu’on connaît chez Opeth et auquel ils nous ont habitués. Ainsi, « Cusp Of Eternity » gagnerait facilement le titre de moins bonne chanson du groupe depuis plus de dix ans ! Les riffs sont plats et la structure répétitive, presque ennuyeuse, des qualificatifs auquel Opeth a rarement droit, quoiqu’ils sont bien plus présents depuis la sortie d’Heritage. Mais le morceau est sauvé du naufrage par les parties de chant, qui restent très bonnes, et qui nous rappellent d’ailleurs que Mikael assure une magnifique performance sur tout l’album. Du murmure doux aux belles harmonies vocales, en passant par un chant scandé plus agressif, le chanteur fait feu de tout bois ! On trouve également sur cette chanson un excellent solo signé Fredrik Akesson, qui décidément, comme le bon vin, ne fait que se bonifier avec le temps ! A ce sujet, on peut d’ailleurs remarquer que chacune de ses interventions est surprenante d’inventivité et de virtuosité, avec un toucher ravageur. C’est bien simple, Pale Communion est probablement son meilleur disque avec Opeth de ce point de vue.
 


On peut aussi avoir du mal avec « Faith in Others », qui pourtant accueille avec « Voice of Treason » la grosse nouveauté de l’album : la section d’instruments à cordes ! Ces derniers ne jouent plus un rôle d’épices comme sur Watershed, mais sont la clef de voûte de ces deux morceaux. Ainsi, même si l’idée de baser la première partie  de « Faith in Others » sur un riff des instruments à cordes est très intéressante, elle semble mal exploitée, puisqu’elle devient vite lassante, et perd son impact. « Voice of Treason » termine par contre l’album d’une bien belle manière, avec tout ce que Opeth sait faire de mieux, et l’ajout des cordes qui apporte un surplus de grandeur au tout.
 

Opeth, 2014, Pale Communion, chronique, review, French,


Si on fait le bilan, Pale Communion reste un très bon album, avec la majorité des chansons qui sont de belles réussites et qui donnent une vision enthousiasmante d’Opeth en 2014. Néanmoins, on trouve tout de même quelques moments qui ne sont pas complètement ratés, mais étant d’autant plus frustrant à écouter qu’ils sont toujours précédés et suivis d’excellents passages, à l’image de l’instrumental « Goblin » qui démarre de façon bien monotone, avant de se conclure avec un groove irrésistible servi par les toujours excellents Martin Mendez et Axe. Nul ne sait quelle direction prendra Opeth sur le prochain album, mais si elle s’avérait être la même que sur ces deux derniers albums, il y a un risque que les suédois commencent à tourner en rond. Pourtant, le talent de composition est toujours bien là, mais il semble ne pas avoir été exploité avec la même ambition que sur Heritage, avec en plus, la surprise en moins !

Note : 7,5 / 10

Chronique par Tfaaon
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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