Iwrestledabearonce au Divan du Monde (27.07.2014)

Un combat d'ours au Divan du Monde
 

L'été, ce n'est pas forcément synonyme de farniente et de plage ensoleillée. Certains restent en ville, et en profitent pour faire le plein de décibels et de moshpits. Le passage de Iwrestledabearonce à Paris était justement l'occasion idéale pour purger sa frustration de ne pas être parti en vacances. Quatre groupes et une salle loin d'être bondée : tout pour passer une bonne soirée intimiste entre amis !

Early seasons
 


C’est au groupe français Early Seasons d’ouvrir les hostilités pour cette soirée à placer sous la bannière du « core ». Ils abattent un metalcore somme toute assez classique, si on remarque rapidement que le chanteur a une voix assez aigüe, ce qui pourrait surprendre de la part d’un fort gaillard bodybuildé. Le chant clair est d’ailleurs plutôt bien maîtrisé, auquel le combo ajoute quelques touches mélodiques pas désagréables.
 

Early Seasons, live report, 2014, Paris, Iwrestledabearonce,


Le son est assez bon pour un groupe d’ouverture, ce qui est assez rare pour être apprécié ! A l’écoute, on peut relever quelques pains ça et là, mais globalement, le groupe est bien mis en place, et le frontman arrive à tenir la scène comme il se doit.

Early Seasons, live report, 2014, Paris, Iwrestledabearonce,

C’est plus au niveau des compositions que Early Seasons a du mal à pleinement convaincre. Ca manque d’originalité, on aimerait un peu plus d’audace ! Peut être qu’avec un peu plus de maturité dans les compositions, le groupe arrivera à sortir du lot. Il faut d’ailleurs noter que les musiciens ont l’air bien jeune, ce qui inciterait à penser qu’ils ont une belle marge de progression devant eux. Roulez jeunesse !

 

Vitja
 


On monte d’un cran dans l’agressivité musicale avec cette formation allemande. Vitja évolue dans un registre mélangeant djent et metalcore, avec une touche rap à la Hacktivist par-dessus le marché. Si le groupe n’a qu’un guitariste, on remarque bien vite que ce dernier est aidé par un sample de guitare pour que toutes les parties soient jouées.
 

Vitja, live report, Paris, 2014,


Sur scène, leur grand échalas blond et chanteur Dave paraît complètement possédé. Il est appliqué à fond dans sa performance, avec des growls impressionnants et un flow plutôt efficace ! Ajoutez à cela des rythmiques syncopées à la guitare 8 cordes, et il y a tout pour passer un bon moment.
 

Vitja, live report, Paris, 2014,


Décidément, Vitja se défonce complètement, et remporte pas mal de suffrages auprès du public. Dave se confirme comme un frontman appliqué, et qui arrive à avoir une bonne interaction avec l’audience, dont une certaine partie est venue pour Vitja, visiblement. Sur le dernier morceau, J.T Cavey de Texas in July vient poser sa voix le temps d’un couplet, avant de laisser Vitja conclure son set énergique et maîtrisé !
 

Vitja, live report, Paris, 2014,


 

Texas in July

Il arrive parfois que le groupe de première partie attire plus de monde que la tête d’affiche. Et il semblerait que ça ait été le cas ce soir, à en juger par les vociférations du public quand Texas in July arrive sur les planches. Encore une fois, c’est du metalcore, cette fois teinté d’éléments progressifs, mais il serait malhonnête de ne pas relever la maîtrise instrumentale des musiciens, qui sont tous excellents dans leur domaine respectif ! J.T Cavey est lui aussi très bon, avec des hurlements de première qualité, et une excellente maîtrise du public.
 

Texas in July, live report, 2014, Paris,


En effet, au fur et à mesure du concert, les deux guitaristes continuent de tricoter avec frénésie sur leurs manches. Etant trop occupés, c’est au bassiste et au chanteur de faire le show, et ils s’en sortent plutôt bien. A l’écoute, on remarque que les riffs véloces sont entrecoupés de ruptures rythmiques franches, d’une manière que ne renierait pas Protest The Hero.
 

Texas in July, live report, 2014, Paris,


Néanmoins, au bout d’une quarantaine de minutes, le concert s’essouffle un peu, avec une certaine répétitivité dans les compositions, défaut qu’on retrouve malheureusement trop souvent dans le genre. En fin de concert, Dave de Vitja vient renvoyer l’ascenseur à ses amis de Texas in July le temps d’une chanson, avec un surplus de furie qui aide à relancer la machine pour l’épilogue.
 

Texas in July, live report, Paris, 2014,

 

Iwrestledabearonce 

C’est au tour du groupe principal de faire parler la poudre sur scène. Sans surprise, Iwabo garde son esprit potache jusqu’au bout, et monte sur les planches avec « Jump » de Van Halen en chanson d’introduction, comme pour faire contraste avec leur propre musique. Puis le concert commence, et c’est parti pour une heure de furie débridée. Imaginez un ourse femelle qui aurait copulé avec Dillinger Escape Plan, et vous aurez une idée à peu près précise de ce que joue le combo américain. Les musiciens font preuve d’une maîtrise déconcertante à chaque poste. Ca ne fait pas un pli, le mathcore d’Iwabo est parfaitement restitué, avec un son certes un peu brouillon en début de set, mais il s’améliorera rapidement.

Iwrestledabearonce, live report, Paris, 2014,

Au chant, Courtney LaPlante est excellente en chant crié, mais est beaucoup plus aléatoire en chant clair. Certaines parties seront donc franchement fausses, alors que d’autres passeront comme une lettre à la poste. La chanteuse compense heureusement ce défaut par une présence scénique qui en impose, en et qui en aura impressionné plus d’un. Entre les chansons, le sérieux est banni à des années lumières, avec un lot de blagues potaches plus ou moins réussies, et  des anecdotes plus ou moins intéressantes en lien direct avec le monde animal. Ainsi, le groupe tirerait son nom du fait que Steven, guitariste du groupe, aurait fait l’amour à un ours pendant une semaine de camping. On vous laisse juger de la qualité de l’humour dispensé !
 

Iwrestledabearonce, live report, 2014,


Iwabo profite également des pauses pour jouer de courts extraits de hits rock/métal des années 90, avec au programme un peu de Nirvana et même du Pantera, même si le riff de « Walk » est très mal interprété ! On dirait bien que la polyvalence n’est pas forcément l’atout le plus fort du groupe. En tout état de cause, ils sont très bons dans ce qu’ils font, et c’est le principal.
 

Iwrestledabearonce, live report, 2014, Paris,


La setlist est plutôt bien répartie sur les trois albums d’Iwrestledabearonce, et on a droit au meilleur de leur répertoire, de « Boat Paddle » à « Tastes Like Kevin Bacon ». Sur la fin du set, une scène inattendue se produit. Courtney déclare «  Je ne suis pas aveugle. Je vois qu’il y a un gars qui porte un t-shirt Korn dans le public. Hey, les gars, si on jouait Blind de Korn ? » Les membres du groupe ont l’air d’accord, mais lorsque la chanteuse demande au batteur, ce dernier semble réticent. Finalement, « Blind » ne sera pas joué. Courtney s’excuse donc à l’illustre inconnu, et relativise en disant que, de toute façon, ça n’aurait probablement pas très bien sonné. C’est sur cette tentative de spontanéité surprise que le concert se termine. Le concert a été, certes, trop court, mais l’intensité de la performance force le respect. Au prix du billet, faire jouer quatre groupes allant du bon à l’excellent reste un marché honnête. Avec la sortie prochaine d’un nouvel album pour les montreurs d’ours, on espère qu’ils repasseront rapidement dans nos contrées !

Reportage par Tfaaon

Photos : © 2014 Asrastengah
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 
 

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