Alcatraz festival : jour 1 (08.08.2014)

Jeunesse humide
 

Pour son édition 2014, le festival Alcatraz se déroule pour la première fois sur deux jours. En cette occasion, la programmation était bien distincte d’une journée à l’autre. Ce samedi 8 août, les groupes de metal modernes étaient à l’honneur, avec des icônes des années 90, dont Marilyn Manson en tête de gondole. Sous une pluie estivale, l’ensemble du line-up a su séduire certains amateurs.

Suite à quelques soucis de trajet, l’équipe de La Grosse Radio n’a pas pu assister au concert de Diablo Blvd. Le live report commence donc à Avatar.

Avatar

En  ce début d’après-midi, les festivaliers belges se préparent à un gros show. En effet, le groupe n’est pas très vieux, mais dispose d’une expérience de la scène assez conséquente pour travailler son jeu. Ainsi, le frontman Johannes Eckerström, dont le maquillage se situe à mi-chemin entre Alice Cooper et Marilyn Manson, joue avec la foule alors que les musiciens en tenue de corsaire headbanguent à l’unisson.

Avatar

Si les mimiques de chacun sont travaillées, Avatar ne fait pas que dans l’esbroufe. Le frontman maîtrise parfaitement sa voix, en cri comme en chant clair, et le jeu de chacun est carré, avec un travail sur les dissonances assez réussi. Chaque musicien se met en avant quand il le faut et cette belle machine fonctionne bien devant le public de Courtrai. On voit que la musique du groupe est très inspirée du metal des années 90, avec quelques touches néo et indus.

En effet, si le gros du public ne connaît visiblement pas le groupe suédois, il est immédiatement séduit. Il faut dire que Johannes maîtrise son statut de frontman comme il faut, en jouant avec une gestuelle étudiée, mais pas trop présente pour garder l’attention sur la musique et communique de manière naturelle pour se mettre les Belges dans la poche. Une prestation réussie, aidée par un son réglé au cordeau.

Avatar

Setlist :

Hail The Apocalypse
Vultures Fly
Ready for the Ride
Let It Burn
Bloody Angel
Paint Me Red
Tsar Bomba
Smells Like a Freakshow

Hellyeah

Il est maintenant temps de passer du metal moderne venu tout droit des Etats-Unis, avec un groupe qui n’a pas manqué de faire parler de lui, notamment parce qu’il compte dans ses rangs le célébrissime Vinnie Paul (Pantera) à la batterie et le charismatique Chad Gray (Mudvayne) au chant. Le festival vient à peine de commencer que l’excitation est déjà palpable.

Hellyeah

Sur scène, les cinq gaillards s’en sortent comme des petits chefs. Leur metal moderne ne fait pas dans la dentelle et les riffs s’enchaînent sans que personne ne bronche sur scène, à part Chad Gray, qui se montre très mobile et qui ne lâche pas le public d’une semelle, aidé par des effets de saturations dans son micro, et même d’un mégaphone sur « Sangre por Sangre (Blood for Blood) ». L’orchestre, flanqué d’un nouveau guitariste, Kyle Sanders, s’en sort très bien en jouant de manière carrée, sans bavure.

On pourra cependant regretter que le public ne bouge pas plus. La musique pourtant entraînante des Américains semble appréciée par les festivaliers, qui affichent une banane bien visible et ne manquent pas d’acclamer le groupe entre les chansons, mais chacun reste désespérément sage. Cela n’empêche pas le frontman de garder son rôle de pile électrique jusqu’à la fin. 

Hellyeah

Setlist :

Cowboy Way
Matter of Time
Sangre por Sangre (Blood for Blood)
Demons in the Dirt
Drink Drank Drunk
Cross to Bier (Cradle of Bones)
Band of Brothers
Dmf
You Wouldn’t Know
Hellyeah!

Lacuna Coil

On change maintenant totalement de registre en passant au groupe italien de Lacuna Coil, qui range l’agressivité pour plus laisser place aux ambiances, tout en gardant dans sa musique une touche moderne, qui est le fil conducteur de cette première journée du festival Alcatraz. Des influences pop se font aussi sentir dans les mélodies vocales.

Lacuna Coil

La pluie battante ne semble pas calmer les ardeurs de la chanteuse Cristina Scabbia et du chanteur Andrea Ferro, qui ne manquent pas une occasion de se mettre en avant et exposer leur jeu de scène, quitte à en faire un peu trop, l’un avec ses gros yeux, l’autre avec certaines chorégraphies improbables.

Mais cette mixture de metal moderne et gothique et ce mélange de voix semble fonctionner sur le public, assez enthousiaste malgré l’averse qui lui tombe dessus. Les acclamations vont bon train tout le long de la prestation soignée et carrée, sur le plan vocal comme sur le plan instrumental. On regrettera juste que la guitare soit mise en retrait.

Lacuna Coil

Life of Agony

La première date du groupe américain depuis sa reformation a lieu au festival Alcatraz. Ce concert fait aussi figure d’événement car il s’agit du premier concert de Life of Agony depuis le changement de sexe du frontman Keith Caputo, maintenant connu sous le nom de Mina Caputo. L’attente est palpable dans le public, preuve que le groupe est assez populaire en Belgique.

Life of Agony

Et malgré les problèmes techniques en tout début de set, les New-yorkais se démènent bien pour chauffer la foule, que ce soit le guitariste  Joey Z. ou le bassiste Alan Robert ou la chanteuse Mina Caputo, qui haranguent la foule du début à la fin sans montrer de signe de fatigue. On remarque que les poses féminines de la frontwoman assez exagérées. Elle ne manque pas d’ailleurs de jouer sur cet événement avec des blagues pas forcément finaudes.

Cependant, elle assure sur le plan vocal, interprétant d’une fort belle manière l’ensemble des titres de Life of Agony, aidée par son guitariste et son bassiste pour les parties les plus masculines. On remarque que la  setlist met largement en avant le premier album du groupe, River Runs Red, avec huit chansons sur treize. Les trois autres albums, bien que moins représentés, ne sont pas oubliés.

Life of Agony

Avec un jeu plutôt carré et une attitude proche de la foule, Life of Agony a su capter l’intérêt du public belge. En axant la setlist sur ses plus grands succès, le groupe s’est assuré une sécurité pour le premier concert depuis sa reformation atypique et a fait ses preuves. Il reste maintenant à voir ce que l’avenir leur réserve.

Life of Agony

Setlist :

River Runs Red
This Time
Method of Groove
Other Side of the River
Bad Seed
Respect
Love to Let You Down
My Eyes
Lost at 22
Weeds
I Regret
Through and Through
Underground

Cradle of Filth

Encore un changement d’univers avec le groupe anglais de black metal symphonique, qui se fait une série de festivals après avoir tourné en tête d’affiche avec Behemoth en début d’année. Cette fois, Dani Filth est prêt à présenter un set aux allures de best-of, avec seulement un morceau issu de son dernier album en date : « For your Vulgar Delectation ».

Cradle of Filth

Dès les premières minutes du concert, les fans des hurlements de goret du frontman peuvent apprécier ses performances vocales, mais doivent vite en profiter, car le chanteur perdra sa voix à la moitié du show et ne pourra plus faire exploser le cristal. Il en est de même pour son masque en papier, qui se disloque peu à peu, laissant apparaître un visage rougeâtre. Le déguisement de Batman, lui, en revanche, reste en place.

Cradle of Filth

Côté musiciens, ça pose sévère, avec les guitaristes Richard Shaw et Marek « Ashok » Šmerda qui sortent leurs plus belles grimaces, ainsi que de jolis habits se rapprochant d’un sac poubelle pour le second. En revanche, ses solos ne seront que peu soignés dans l’interprétation. Toujours en retrait, la claviériste et choriste Lindsay Schoolcraft navigue entre samples sombres et ambiances macabres, malheureusement peu crédibles. Son chant ne sauve pas le groupe du naufrage.

Après un concert parisien peu enthousiasmant, Cradle of Filth continue de se vautrer sur scène avec un show cheap, aussi bien dans l’interprétation des musiciens que sur le plan visuel. Si le ridicule ne tue pas, Dani Filth a montré qu’il peut sérieusement défigurer.

Cradle of Filth

Setlist :

At the Gates of Midian
Cthulhu Dawn
A Dream of Wolves in the Snow
Summer Dying Fast
The Principle of Evil Made Flesh
Beneath the Howling Stars
For Your Vulgar Delectation
Haunted Shores
Nymphetamine (Fix)
Born in a Burial Gown
Cruelty Brought Thee Orchids
Her Ghost in the Fog

Marilyn Manson

Place maintenant à la tête d’affiche de cette première journée, Marilyn Manson. Connu pour avoir été autrefois un grand showman ainsi qu’un roi de la provocation, il apparaît ici comme une rockstar déchue. Le constat est triste, mais bien réel pour les amateurs de celui qui était autrefois une icône de la rébellion adolescente.

Marilyn Manson fan

Tout d’abord, le show est pauvre visuellement. On a droit à une croix qui s’illumine de temps en temps en fond de scène, l’ensemble reste bien vide. On a droit à sa majesté qui change de vêtements toute les deux chansons ou à une parodie de discours politique sur « Antichrist Superstar », en plus de quelques accessoires, comme un micro-couteau ou un masque blanc. Ce peu d’éléments scéniques montre un show au rabais.

Mais il n’y a pas que le visuel qui dérange. L’attitude de Marilyn Manson est aussi sujette à des questions. Outre sa manie de faire tomber son pied de micro toutes les deux secondes pour que son technicien le ramasse, on remarque qu’il semble ailleurs. La communication avec le public, pourtant plein d’entrain, est réduite au strict minimum. Cerise sur le gâteau : le frontman est à la peine sur le plan vocal.

Marilyn Manson

Cependant, les musiciens qui l’entourent sont carrés dans leur interprétation et arrivent à retranscrire parfaitement les riffs modernes et les rythmiques groovy des titres fortement inspirés de la new wave, et ce dans tout le set, pas seulement dans les reprises tubesques de Depeche Mode et Eurythmics.

Avec un manque certain de moyens et une absence regrettable, Marilyn Manson ne s’est pas montré assez convaincant pour une tête d’affiche. La gloire ne fait pas tout, surtout quand l’attitude et la volonté ne suivent pas.

Marilyn Manson

Setlist :

Wolfgang Amadeus Mozart – Requiem [sur bande]

Angel With the Scabbed Wings
Disposable Teens
No Reflection
Hey, Cruel World…
Get Your Gunn
Personal Jesus [reprise de Depeche Mode]
mOBSCENE
The Dope Show
Rock Is Dead
Tourniquet
Sweet Dreams (Are Made of This) [reprise de Eurythmics]
This Is the New Shit
Irresponsible Hate Anthem

Rappel :

Antichrist Superstar
The Beautiful People

Photos : © 2014 Olivier GESTIN / INTO The PiT Photographe
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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