Alcatraz festival : jour 2 (09.08.2014)

Le samedi au soleil

Après une journée qui misait sur le metal moderne, la programmation du festival Alcatraz se fait old school avec de nombreux groupes des années 80, allant du thrash au heavy. Sous un soleil de plomb, le public, sensiblement plus âgé, a pu apprécier les prestations de ses idoles qui n’ont pas perdu leur forme de rocker, comme WASP ou Twisted Sister.


Four by Fate

La journée commence en douceur avec un groupe de reprises canadien qui amène aux festivaliers lêve-tôt des classiques du rock et du hard rock, comme « I Am the Walrus » de The Beatles ou « I don’t need no Doctor » de Ray Charles. Du hard rock pépère joué en douceur par des vieux de la vieille qui connaissent leur sujet jusqu’au bout des ongles.

Four By Fate

Ce set court permet au public belge, dont la moyenne d’âge a sérieusement augmenté en l’espace d’une nuit, de se réveiller en douceur avec des chansons reconnaissables et agréables à l’écoute. Pas de grosse prise de tête des deux côtés des barrières, bien que les musiciens forts d’expérience connaissent bien leur sujet et soignent leur interprétation.

On retrouve notamment dans le line-up Tod Howarth (ex-Ted Nugent, ex-Cheap Trick, ex-Freley’s Comet…), Stet Holland (ex-W.A.S.P., ex-Lita Ford) ou encore Sean Kelly (ex-Helix). De quoi former un super-groupe old school qui a de quoi donner le sourire aux lèvres de l’assistance.

Four By Fate

Toxik

Vient ensuite le groupe de thrash metal progressif américain de derrière les fagots. Fraichement reformé, Toxik vient montrer que malgré les nombreuses années d’inactivité qui se sont écoulées, le groupe est prêt à en découdre avec les thrasheurs, même avec un  guitariste en moins dans le line-up, laissant au leader Josh Christian la tâche de tout assurer.

Toxik

Force est de constater que le guitariste se démène comme un chef et arrive à adapter les chansons à une guitare de manière à ce que l’ensemble soit cohérent, et ce malgré l’exigence que les compos de Toxik demandent. Côté chant, on retrouve un Mike Sanders en bonne forme vocale, qui arrive à monter sans trop de difficultés, même sur les titres de Think This, album sur lequel il ne chante pas.

Toxik

La setlist est essentiellement composée de chansons issues du premier album du groupe, World Circus. Les directes « Heart Attack » et « Door to Hell » font mouche auprès des fans. Le groupe n’oublie pas non plus Think This et n’hésite pas à mettre en avant ses nouvelles chansons, qui doivent être présentes sur le prochain disque, intitulé In Humanity.

Si le thrash de Toxik n’est pas des plus accessibles pour les néophytes, le groupe a su réunir autour de lui un certain nombre de fans venus assister à cette première date belge depuis la reformation du groupe, qui semble prometteuse pour la suite.

Toxik

Setlist :

Spontaneous
Social Overload
Heart Attack
Too Late
Door to Hell
Greed
Haunted Earth
Victims
Breaking Class
World Circus
False Prophets
Think This

Think That [sur bande]

Xentrix

On reste dans le thrash avec les anglais de Xentrix, qui musclent un peu le propos avec des compos plus massives et énergiques. Aidés par un son très propre, les thrashers peuvent s’en donner à coeur-joie en interprétant leurs chansonss old-school qui ne manquent pas de faire bouger les fans dans tous les sens.

Xentrix

On remarque que le frontman Chris Astley, très proche du public, adopte une attitude très proche de celle de James Hetfield. Si le groupe présentait dès son premier album (Shattered Existence) des similitudes avec Metallica, la scène met encore plus en évidence ce rapprochement, avec des gimmicks vocaux et physiques qui vont de pair avec une silhouette similaire.

Cela n’empêche cependant pas à l’ensemble du groupe de jouer tous ses titres à la perfection, en interprétant tout parfaitement, pour le plus grand bonheur des thrashers de l’assistance, qui n’ont pas fini de prendre des riffs old school dans leur froc.

Xentrix


Prong

Après le thrash typique old school de Xentrix, place au thrash groovy empli d’influences hardcore de Prong, groupe new-yorkais qui aura dû faire face à quelques soucis de livraison de matériel pour son concert au festival Alcatraz. En effet, le backdrop du groupe n’arrive qu’à la toute fin du set. A cette occasion, le power-trio ajoute à son set « Power Of The Damage » pour célébrer l’événement.

Prong

On pourra regretter que le concert mette du temps à démarrer. Outre les difficultés vocales de Tommy Victor, visiblement fatigué, la sauce met du temps à prendre et le groupe met du temps à se chauffer et à chauffer par la même occasion le public. Ce n’est pourtant pas sans compter sur les efforts du bassiste Jason Christopher, qui ne manque pas d’assister son partenaire pour haranguer la foule.

Pour leur prêter main-forte viendront deux membres du groupe belge Channel Zero en assurant les choeurs sur « Snap Your Fingers, Snap Your Neck » et laisser les deux frontmen se reposer. Si l’ambiance du concert est allée crescendo sur la durée, on pourra regretter un groupe en petite forme au début, il ne reste qu’à les revoir en de meilleures conditions.

Prong

Setlist :

Beg To Differ
Eternal Heat
Lost And Found
Unconditional
Rude Awakening
Turnover
Another Worldly Device
Whose Fist Is This Anyway?
Snap Your Fingers, Snap Your Neck
Carved Into Stone
Revenge…Best Served Cold
Power Of The Damage


Arch Enemy

Place maintenant à l’un des seuls groupes modernes de la journée. Puisant ses influences dans toutes les époques du metal, Arch Enemy est prêt à apporter un peu de fraicheur à cette journée old school, notamment grâce à la chanteuse Alissa White-Gluz, qui tourne sans relâche avec le groupe depuis ce printemps.

Arch Enemy

La Canadienne semble encore plus à l’aise sur scène que lors de ses derniers concerts en France et arrive surtout à se mettre le public dans la poche avec une facilité déconcertante. Si les Belges se montraient timides lors des sets précédents, ils se réveillent définitivement avec les Suédois, en moshant en beaux diables sur « As the Pages Burn » ou en sautant sous les ordres de la frontwoman sur « No Gods, No Masters ».

Arch Enemy

Côté musiciens, tous sont plus que rodés et enchaînent les classiques sans broncher, en incluant ça et  là les titres de War Eternal qui ont été le plus mis en avant. L’ensemble est classique, mais fonctionne toujours aussi bien sur scène. Les musiciens se démènent toujours aussi bien sur scène et vont à l’essentiel, avec Michael Amott et Nick Cordle qui se renvoient toujours aussi bien la balle dans leurs solos. Les plus pointilleux regretteront un son un poil brouillon sur les parties rythmiques.

Après avoir rodé leur nouvelle chanteuse avec des dates en club, Arch Enemy passe l’épreuve des festivals avec brio en montrant qu’il peut réveiller un public avec quelques tubes et une prestation carrée. Il ne reste plus qu’à voir ce qu’ils auront à offrir avec Kreator en fin d’année.

Arch Enemy

Setlist :

Khaos Overture [sur bande]

Yesterday Is Dead and Gone
War Eternal
Ravenous
My Apocalypse
You Will Know My Name
Bloodstained Cross
As the Pages Burn
Dead Eyes See No Future
No Gods, No Masters
We Will Rise
Nemesis
Fields of Desolation [outro]

Enter the Machine [sur bande]
Vox Stellarum [sur bande]


Sacred Reich

Retour aux classiques du thrash américain avec Sacred Reich, groupe qui a su s’imposer dans les années 80 et 90 et qui ne fait désormais que quelques tournées éparses en Europe. Arriver à les attraper en concert devient relativement rare, mais reste toujours aussi jouissif tant la prestation répond à ce qu’on est en droit d’attendre de Phil Rind et sa bande.

Sacred Reich

Sacred Reich, c’est tout d’abord de gros missiles thrash. Au nombre de 11 dans le présent set, ils représentent quasiment tous les albums du groupe (excepté Heal) et s’enchaînent parfaitement. Le set est plutôt varié, on passe des cavalcades lancées à toutes vitesse (« Death Squad ») à des mid tempos plus posés (« Who’s to Blame »), sans oublier les hommages (« War Pigs ») et les tubes indispensables (« The American Way », « Surf Nicaragua »).

Sacred Reich

Mais Sacred Reich, c’est aussi un frontman. Phil Rind, derrière son indécrotable basse, fait part de sa bonne humeur communicative au public belge, en demandant de faire des bras d’honneur au drone qui les filme ou en demandant la tranche d’âge des fans. Pas de manifestation haineuse ou de jeu de scène recherché, le concert se fait à la bonne franquette et donne le sourire à chacun.

Mais cette ambiance n’empêche pas au groupe de tabasser comme il faut pendant les titres, tous acclamé par le public amateur de thrash old school. Le son est brut de décoffrage mais les musiciens assurent. L’essentiel est là avec les membres de Sacred Reich, qui, malgré la rareté de leurs apparitions, semblent heureux de pouvoir encore monter sur scène et d’être acclamés par des fans toujours présents.

Sacred Reich

Setlist :

Independent
One Nation
Love…Hate
Ignorance
Death Squad
Crimes Against Humanity
Who’s to Blame
Free
War Pigs [reprise de Black Sabbath]
The American Way

Rappel :

Surf Nicaragua


Channel Zero

Place maintenant au heavy metal belge, qui peut assurer son set à cette édition du festival Alcatraz. Le groupe avait été obligé d’annuler sa prestation l’année précédente car le batteur Phil Baheux était décédé la veille. Une minute de silence est accordée en son honneur par les membres du groupe avant que le concert ne commence.

Channel Zero

Peu connu hors des frontières belges, Channel Zero pratique un heavy metal moderne qui semble accrocher une bonne partie de la foule, avec des points d’accroche disposés là où il faut. Si la prestation n’est pas la plus énergique du festival, l’ensemble reste honnête et chacun y met de la bonne volonté, à commencer par le frontman Francky de Smet Van Damme, qui chauffe la foule comme comme il faut.

Le son est fort correct et les musiciens sont dedans. Ca joue carré et fort, les compos sont lisses et glissent comme il faut dans les conduits auditifs des fans, qui peuvent ainsi faire une pause entre toutes ces sonorités old school qui les ont assailli toute la journée durant. Mais le répit est court, et le voyage dans le temps est prêt à recommencer.

Channel Zero

W.A.S.P.

En effet, il est temps de sortir W.A.S.P. du formol pour jouer et fêter ses 32 ans de carrière, comme l’indique le backdrop. Si le physique de Blackie, qui rappelle de plus en plus Brigitte Bardot, n’est pas des plus avenants, on voit que les quatre Américains en ont encore sous le capot et joue avec une belle énergie leurs classiques.

WASP

En effet, aucun titre du set n’est sorti après 1992. La setlist reste essentiellement similaire à celle de la tournée des 30 ans, avec les indispensables comme « L.O.V.E. Machine » et les medleys « Sleeping (in the Fire) » / « Forever Free » et « The Invisible Boy » / « I Am One » / « The Gypsy Meets The Boy ». On regrettera que le groupe passe « The Titanic Overture » en bande alors qu’il est en festival, un autre titre aurait été préférable, surtout quand un classique comme « Chainsaw Charlie » a dû être retiré du set.


WASP

Côté interprétation, Blackie Lawless est très en voix et garde son timbre typique, éructant avec fougue la gloire du rock n’roll dans « I Wanna Be Somebody » ou déclamant les malheurs de Jonathan avec émotion lors des titres issus de The Crimson Idol. L’orchestre est au poil aussi, avec Doug Blair qui arrache toujours des larmes aux plus sensibles avec son solo sur the Idol et une section rythmique au poil, assurée par Mike Duda à la basse et Mike Dupke à la batterie.

Malgré l’âge, W.A.S.P. assure toujours autant sur scène, avec son heavy metal teinté de glam énergique et destructeur. Le quelques imperfections présentes n’ont pas ralenti les ardeurs du public, qui chante à tue-tête les refrains de « Blind in Texas » et « I wanna be Somebody » pendant le coucher du soleil.

WASP

Setlist :

On Your Knees / The Torture Never Stops
The Real Me [reprise de The Who]
L.O.V.E. Machine
Wild Child
Sleeping (in the Fire) / Forever Free
I Wanna Be Somebody
The Titanic Overture [sur bande]
The Crimson Idol Medley : The Invisible Boy / I Am One / The Gypsy Meets The Boy
The Idol
Blind in Texas


Twisted Sister

Arrive maintenant la tête d’affiche de la seconde journée, qui clôt ainsi l’édition 2014 du festival Alcatraz. Mais l’heure n’est pas encore au desarroi, car Twisted Sister est plein de ressources et se prépare à délivrer un set de très haute volée pour la dernière date de sa tournée européenne.

Twisted Sister

Physiquement, les cinq gaillards sont très en forme, à commencer par le frontman Dee Snider, sur que le temps ne semble avoir que peu d’effet. En forme olympique, le frontman ne tarde pas à quitter le haut et court partout, le sourire un peu salace au lèvres, pour interpréter à la perfection les classiques piochés ça et là dans le répertoire du groupe. En plus d’être un bon chanteur, Dee Snider est toujours aussi excellent dans son rôle de frontman, en enchaînant les blagues et en chauffant le public, notamment en répétant le refrain de « We’re not gonna Take it » à sa demande.

Twisted Sister

Les musiciens ne sont pas en reste non plus. Si Jay Jay French participe un peu à l’échauffement de la foule, chacun arrive à mettre l’ambiance sans marcher sur les plate-bandes de Dee Snider, en bougeant bien et en interprétant sans broncher les titres heavy/glam du groupe, en les modifiant un peu, notamment en rallongeant « Burn in Hell » avec un solo de batterie d’A.J. Pero.

Côté setlist, les fans de Twisted Sister classique sont servis. Pour cause de 30e anniversaire, Stay Hungry est joué en quasi intégralité, avec notamment les deux parties de Horror-Terria, l’émotif « The Price » et l’éternel classique « I Wanna Rock », rebaptisé ici « I Wanna Fuck ». D’autres classiques sont au rendez-vous, plus anciens, comme « Under the Blade », ou plus récents, comme « The Fire Still Burns ».

Twisted Sister

Devant un tel spectacle, le public jubile. Les refrains sont chantés à tue-tête, surtout celui de « We’re not Gonna Take it », répété à l’unisson tout le long du concert, les musiciens sont acclamés avec des applaudissements nourris et chacun trouve  son compte dans ce set haut en couleurs, qui conclut cette édition du festival de la meilleure manière qui soit.

Twisted Sister

Setlist :

AC/DC – It’s a Long Way to the Top (If You Wanna Rock ‘n’ Roll) [sur bande]

Stay Hungry
The Kids are Back
You Can’t Stop Rock ‘n’ Roll
Captain Howdy
Street Justice
We’re Not Gonna Take It
Shoot ‘Em Down
I Believe in Rock ‘n’ Roll
Under the Blade
The Fire Still Burns
The Price
Burn in Hell
I Wanna Rock

Rappel :

We’re Not Gonna Take It [refrain]
S.M.F.
We’re Not Gonna Take It [refrain]

Photos : © 2014 Olivier GESTIN / INTO The PiT Photographe
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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