Motocultor 2014 : jour 1 (15.08.2014)

Pluie et mosh
 

Le Motocultor Festival Open Air, dont la notoriété n'a de cesse de grandir, a pu accueillir encore plus de festivaliers lors de sa nouvelle édition. Mêlant metal extrême et déconne, cette première journée a permis de régaler de nombreux metalleux, notamment les jeunes, qui ont pu faire de nombreuses découvertes, avec des nouveaux groupes, mais aussi des classiques indémodables qui font toujours mouche en live.

The Great Old Ones

Pour commencer leur fête metal annuelle, les organisateurs du Motocultor festival ont choisi de commencer la journée avec un groupe de post-black metal lourd et conceptuel. Les bordelais de The Great Old Ones usent et abusent de sons ambiants et aquatiques pour mieux retransmettre sur scène l'ambiance forte de leurs compos.

Alambiquées et difficiles d'accès, les compositions du groupe suscitent curiosité auprès des metalleux présents devant la Supositor Stage. Leurs ardeurs de moshers sont refreinées par la musique dense et lente du groupe, qui évite toute communication avec la foule qui s'épaissit au fur et à mesure que le set avance.

The Great Old Ones

Si les musiciens sont appliqués et en place, on peut se poser des questions concernant le placement de ce groupe en ouverture d'un festival à l'ambiance légère et décomplexée du Motocultor. Une prise de risque qui a probablement permis aux plus curieux de se laisser hypnotiser par les ambiances sombres subtilement posées par les cinq musiciens.

Temple of Baal

Il est 13H45 quand Temple of Baal monte sur scène. Les musiciens sont concentrés, à l’aise sur les planche et ce depuis maintenant 15 ans et ce n’est pas un problème de son qui va les empêcher de jouer. D’autant plus que leurs retours fonctionnent et qu’ils ne se rendent pas compte que pour le public la voix reste inaudible sur les deux premiers titres.

Temple of Baal

Le signe des cornes, le bras bien dressé, Amduscias, puriste de l’image black metal, nous fait un petit speech juste avant "Slaves to the Beast" sur les extrémistes religieux qui ont critiqué cette chanson. Et sans perdre son humour il dédicace le titre à cette association (anti Hellfest aussi) : "car ils ont raison"

Satan est avec nous, les nuages approchent, tout comme le public qui vient remplir les premiers rangs. Il est vrai que cette année le public arrive plus rapidement dès les premières heures du festival et c’est bon de le savoir.

Ensuite un punkisant "Hate Is My Name"  vient nous démolir avant un "Golden Wings of Azazel" qui envoie une rasade Force 9 dans la tête de ses détracteurs. Les parisiens auront su réchauffer le public avant que ce dernier se reçoivent des litres d’eau sur la tête.

Temple of Baal

Bref une très bonne année pour Temple of Baal qu’on aura vu en première partie de Watain au Trabendo, au Hellfest et au Motocultor…Hail Satan !!!

Setlist :

Traitors to Mankind
Angstgeist
Slaves to the Beast
Golden Wings of Azazel
Hate Is My Name
Walls of Fire

T.A.N.K

Le set ne commence pas sous les meilleurs auspices pour T.A.N.K. A peine après avoir commencé sa première chanson, le groupe parisien se retrouve stoppé par une panne sonore, qui l'obligera à raccourcir son temps de jeu.

Cependant, cet incident technique est loin de refroidir le public. Bravant pluie et boue, les spectateurs n'en finissent pas de scander des chansons qui rappelent des souvenirs d'enfance à certains, sous les applaudissements du frontman Raf. Une fois que le concert reprend, le public n'hésite pas à mosher à tout va, exécutant un wall of death sur "Beautiful Agony" ou un circle pit conséquent sur "Disturbia".

T.A.N.K.

Grand habitué des scènes françaises, aussi bien dans les clubs que dans les festivals, T.A.N.K. a su s'imposer auprès d'un public essentiellement jeune et a su le faire bouger au ryhtme de ses compos de death metal moderne, faisant fi des circonstances et des intempéries.

Setlist :

The Raven's Cry
T.A.N.K 09'
Beautiful Agony
Disturbia
Brother in Arms


Havok
 

Place maintenant au thrash metal américain avec le groupe de revival Havok. L'intro sur bande un poil longuette n'empêche pas au public de commencer à s'exciter dès l'arrivée du groupe sur scène, semant ainsi le chaos dès le début de "Covering Fire". Les slams s'enchaînent comme les mosh devant la scène, avec une ferveur qui n'est pas sans rappeler ce qu'il s'est passé lors du set d'Angelus Apatrida un an plus tôt au même festival.

Havok

Sur scène, le frontman David Sanchez éructe ses paroles avec rage et précision tout en enchaînant les riffs assassins sans ralentir la cadence. Le reste des musiciens est en place, avec une section rythmique carrée et un soliste, Reece Scrugs, qui ne lésine pas sur la wah-wah pour servir des solos typiques de la grande époque du thrash metal.

Mettant en avant son dernier album  en date, Unnatural Selection, Havok se démène avec une setlist qui serait parfaitement équilibrée si elle n'eclipsait pas totalement Burn, son premier album. Cela n'empêche pas le public de headbanguer énergiquement sur les nouveautés comme "I Am the State" ou les classiques comme "D.O.A.".

Havok

Setlist :

Covering Fire
Point of No Return
Give Me Liberty...or Give Me Death
I Am the State
From the Cradle to the Grave
Under the Gun
D.O.A.
Unnatural Selection
Time Is Up


Dagoba

Retour au metal français avec Dagoba, qui marque son retour au Motocultor quatre ans après son premier passage. Remonté à bloc, le frontman Shawter communique abondamment avec son public pour ne pas lui faire perdre la dynamique donnée par les jeunes groupes précédents, quitte à leur faire prendre quelques bains de boue.

Dafoba

Sur scène, les musiciens bougent de la même manière qu'en fosse. L'espace est entièrement occupée par les quatre Marseillais qui s'en donnent à coeur-joie sur leurs compos mêlant influences thrash et death, chacune ayant une saveur moderne, notamment au niveau du groove donné par la rythmique, qui sautille sans arrêt. Cependant, les samples sont bien moins mises en avant sur scène, ce qui accentue la brutalité de la musique présentée.

Pas de doute, l'expérience scénique des musiciens a jouée en leur faveur, tout comme leur réputation de meneurs de troupes, qui a fonctionné à merveille sur l'ensemble des festivaliers venus assister à cette bagarre générale.

Andréas & Nicolas

Il est temps maintenant de complètement sortir du metal pour entrer dans l'univers de la chanson potache avec le duo Andréas & Nicolas. Calembours lourdingues et décor décalé sont de sortie, avec des palmiers et des déguisements de singe (pour le batteur) et de coq (pour le clavier). Il est temps pour le public de décompresser avec un set comique.

Andréas & Nicolas

Le duo a une mise en scène bien précise qui permet à chaque morceau de s'enchainer de manière cohérente, à la manière de sketchs délirants, comme "Elle change la cassette dans la tête du chat" ou "Je suis narcoleptique". Profitant de l'occasion de jouer devant une foule de metalleux, les deux compères ne peuvent s'empêcher de jouer leur tube "Je collectionne des canards (vivants)", popularisé par Ultra Vomit, groupe de metal parodique de Nicolas.

Bien réceptif aux délires des Nantais, le public se fend la poire et acclame chaque clownerie du groupe, qu'il fasse slammer un coq géant ou qu'il invite une fille du public pour participer à un concours des plus loufoques. Egalement participatifs, les festivaliers n'hésitent pas à reprendre en choeur les refrains les plus improbables, comme "je déteste le sexe" ou "super-salope".

Andréas & Nicolas ont réussi à offrir une récréation comique au public, cerné par des groupes plus agressifs les uns que les autres. Un décalage qui leur a permis de se démarquer

Andréas & Nicolas

Ensiferum

La Finlande entre en scène à travers Ensiferum, qui est chargé de contenter les fans de vikings.
Même si la prestation était tout à fait correcte, on ne peut pas dire que le son était particulièrement bon ni que le show ne fût original.

Ensiferum

Si on exclu Sami Hinkka, le frétillant bassiste du groupe, le concert fût plutôt statique. Bien sûr, Petri Lindroos n'hésite pas à crier à l'occasion dans son micro tout en se mettant en position de guitar hero, et la claviériste levait à l'occasion le poing, mais globalement, j'ai trouvé le show très convenu.

Ils sont venus pour jouer, alors ils ont joué. Voilà. Et puis ils sont repartis.
En tout cas, Ensiferum a su trouver un moyen de cacher le synthétiseur de la jolie Meiju Enho avec un grand bouclier rond. Ca a tout de suite plus de gueule sur une scène païenne, vous ne trouvez pas ?


Ensiferum

Enfin, notons le morceau de fin, qui est un passage de l'ouverture de l'opéra Guillaume Tell de Rossini, assez habituel pour le groupe.

Reconnaissons tout de même que l'essentiel était là, et le public était plutôt entrain de s'éclater. En fait, il se balançait joyeusement un peu de boue à travers la figure au point où Petri avait demandé d'arrêter d'en jeter. Et oui, c'est aussi ça le public du Motocultor, avec un rien, il parvient à s'amuser.

Setlist:

Symbols 
In My Sword I Trust 
One More Magic Potion 
From Afar 
Token of Time 
Blood is the Price of Glory 
Twilight Tavern 
Burning Leaves 
Iron 
William Tell Overture Finale 

Cancer
 

Après le folk scandinave vient maintenant le groupe de death metal old school Cancer, qui a dû remplacer Death Angel suite à l'annulation de leur tournée européenne. Le power trio s'éclate sur la Supositor Stage à débaler des riffs pathologiques qui hypnotisent les metalleux présents, soutenus par des rythmiques frénétiques et accrocheuses.

Cancer

Moins propices aux mosh massifs, les compos de Cancer provoquent moins de mouvement de foule de la part du public, qui, de plus, est pour la majeure partie en train de découvrir le groupe, très rare sur les scènes françaises et qui a su garder un statut de groupe relativement confidentiel, malgré l'estime que lui portent les fans les plus pointus.

Sans prétention ni volonté de réinventer le genre, Cancer joue son set en toute tranquillité, la banane aux lèvres pendant que le frontman John Walker éructe avec une rage retrouvée en 2013, année de reformation du groupe, qui privilégie désormais ses trois premiers albums dans une setlist bien ficelée et enragée.

Cancer

Setlist :

Cancer Fucking Cancer / Witch Hunt
Death Shall Rise
Into the Acid
Die Die
Tasteless Incest
To the Gory End
Body Count
Burning Casket
Hung, Drawn and Quartered
Deathroned Emperor [reprise de Celtic Frost]

Entombed A.D.
 

On reste dans le death metal old school, mais suédois cette fois-ci, avec Entombed, rebaptisé Entombed A.D. en 2014 suite à des conflits entre les membres de la formation originale. Le guitariste et membre fondateur Alex Hellid n'est plus de la partie, laissant désormais le charismatique Lars Petrov seul membre d'origine du groupe.

Entombed A.D.

Ces changements ne semblent pas démotiver les musiciens, qui sont remontés à bloc pour servir aux festivaliers un set massif, tout en gardant sa signature "death n'roll", qui permet de les reconnaître entre mille avec un groove rare dans le death metal classique. Le public se montre réceptif dès "I for an Eye" et s'éclate avec des mosh divers, montrant que les fans d'Entombed ne se sont pas éteints avec un changement de nom.

Sur scène, c'est l'éclate aussi. Les musiciens ont la banane, surtout Lars Petrov, plus qu'heureux d'être là, à chauffer le public du début à la fin, à grands renforts de headbang et de growls sales qui montrent l'essence grasse et suintante du death metal, quel que soit l'endroit où il est joué.

Entombed

Pas de chichis ou d'artifices avec Entombed A.D., les nouveautés et les classiques sont interprétés avec brio dans une ambiance bon enfant qui correspond parfaitement à l'esprit du Motocultor.

Setlist :

Pandemic Rage
I for an Eye
Revel in Flesh
To Ride, Shoot Straight and Speak the Truth
Living Dead
Out of Hand
Kill to Live
Wolverine Blues
Eyemaster
Waiting for Death
Chief Rebel Angel
Left Hand Path
Supposed to Rot

Trollfest

TrollfesT, c'est un peu le chaos incarné.

Même s'ils ne sont "que" sept sur scène, on a cette impression qu'ils grouillent.

Ca bouge dans tous les sens, personne hormis Trollmannen et ses fûts, ne reste longtemps à la même place. Ils passent de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis avancent sur la petite plateforme devant la scène à gauche, puis sa jumelle à droite, puis repartent derrière, et ainsi de suite.

Trollfest

Musicalement, TrollfesT joue une sorte de folk metal bordélique. C'est un peu ce qu'on peut leur reprocher d'ailleurs. La percussion de fanfare domine et donne une impression de n'importe quoi musical.

Ceci dit, ça colle à merveille avec leur show, qui est particulièrement entraînant. En fait, on dirait même que la musique est faite pour la fête.L'après-midi, j'ai eu le plaisir d'interviewer Trollmannen et Øyvind Bolt Strönen Johannesen, le bassiste. Entre autre, je leur avais parlé de leur prestation au Hellfest et notamment de leur présentation au public en disant qu'ils étaient les Papayouers. Je leur avais demandé si, après "Toxic" de Britney Spears, ils comptaient faire une reprise de Carlos. J'avoue que c'était plus pour savoir s'ils savaient qui était vraiment Carlos et parler un peu de vraie culture musicale française avec eux.

Trollfest

Ils avaient bien rigolé et répondu de manière énigmatique.

J'ai vite compris pourquoi. En effet, ils l'ont vraiment fait ! Et oui, ils ont bel et bien joué "Papayou" et où de mieux qu'au Motocultor pour la première représentation ?

Comme quoi, TrollfesT est un groupe qui a du goût et qui sait faire la fête, sur scène ou en dehors d'ailleurs si ma mémoire des événements de samedi soir dans l'espace VIP est bonne...

Qu'on aime ou qu'on aime pas leur musique, c'était vraiment la fête dans le public et c'est bien là l'essentiel dans un festival !

Trollfest

Setlist:

Intro (Trollkamp)
Kaptein Kaos 
Vulkan 
Brakebein 
Toxic [reprise de Britney Spears]
Brumlebassen 
Papayou [reprise de Carlos]
Karve 
Der JegerMeister 
Die Grosse Echsen 
Illsint 
Solskinnsmedisin 
Helvetes Hunden Garm 

Kreator

Arrive maintenant la tête d'affiche de la première journée du Motocultor, Kreator, véritable icône du thrash metal allemand. Pour leur premier concert dans ce festival, Mille Petrozza et sa bande ont décidé de ne prendre aucun risque, en jouant le set habituel de la tournée. Ainsi, les habitués comme les néophytes peuvent mosher à loisir sur le medley "Coma of Souls / Endless Pain", la rageuse "Civilization Collapse" ou le classique "Pleasure to Kill".

Kreator

Si le show est carré et sans bavure, comme il est de coutume avec Kreator, on ne peut s'empêcher de sentir une désagréable odeur de réchauffée, qui est d'autant plus évidente quand on sait que le groupe est passé de nombreuses fois par la France depuis la sortie de Phantom Antichrist. Si voir Kreator réjouit toujours le thrasher à la recherche de sensations fortes, cette routine peut lasser les grands habitués.

La routine est si bien installée que les discours de Mille en deviennent prévisibles, qu'il hurle "The Kreator has returned", qu'il demande un circle pit sur Endless Pain ou qu'il meuble la fin du concert en parlant de Michael Jackson et Judas Priest. Son charisme n'est pas à remettre en cause, mais le manque de spontanéité dans tout cela n'est guerre réjouissant.

Kreator

Les habitués râlent, mais le public du Motocultor est conquis. Les circle pits sont abondamments nourris et les crinières sont secouées sans retenue, car les classiques restent les classiques et sont toujours aussi bien rendus sur scène, ce qui peut conforter Kreator dans la direction prise. Reste à voir si la tournée de décembre sera du même acabit.


Kreator

Setlist :

Mars Mantra [sur bande]

Phantom Antichrist
From Flood into Fire
Coma of Souls / Endless Pain
Pleasure to Kill
Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite)
Phobia
Enemy of God
Civilization Collapse
The Patriarch [sur bande]
Violent Revolution
Flag of Hate / Tormentor

Until Our Paths Cross Again [sur bande]

Reports par Lionel/Born666, Thomas Orlanth et Vyuuse.

Photos :
© 2014 Thomas Orlanth
© 2014 Lionel / Born 666
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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