Mem Von Stein, chanteur d’Exumer

« C’est l’amitié qui nous a réunis »
 

A l’occasion de la venue d’Exumer au Fall of Summer, Mem Von Stein, chanteur et fondateur du groupe, a confié à La Grosse Radio ses impressions sur le festival et ses impressions avant son premier concert en France. Honnête et réaliste, le musicien a évoqué sa carrière, la reformation du groupe ainsi que ce qu’ils ont prévu pour l’avenir, dont leur prochain album, déjà en préparation.

Bonjour Mem, merci de nous accorder cette interview. Tu es ici pour la toute première date d’Exumer en France, comment te sens-tu ?

Très bien, ça fait 25-30 ans qu’on doit y passer ! [rires] Donc ça fait très plaisir d’être ici, on a hâte de voir ce que ça donne.

Avez-vous des attentes particulières ?

Non, parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre. Quand tu n’as jamais joué quelque part, c’est bizarre. Je me souviens quand on a joué à Los Angeles pour la première fois, on ne savait pas ce qui allait se passer et 1300 personnes sont venues. Ça fait bizarre pour un petit groupe de thrash allemand d’avoir autant de fans. Quand on est allé en Norvège, ça fait deux fois maintenant, on a été programmé à l’affiche de festivals [Inferno 2009 et Blastfest 2014] qui contenaient essentiellement des groupes de black et death metal. Du coup, on s’est demandé comment allaient nous accueillir les gens. Parfois, tu vas quelque part avec des doutes sur comment tu seras reçu, mais les gens deviennent dingues. Donc on verra bien !

Que connais-tu de la scène metal française ?

Il y a quelques groupes que j’aime bien, mon préféré est Massacra. Notre guitariste Mark travaille à leur label, Century Media, et a réussi à m’obtenir les rééditions de leurs albums en vinyle, comme ça, je pourrais me les réécouter chez moi, ça fait un moment que je ne les ai pas écouté, j’ai hâte !

Parle-nous de ce qui t’a motivé à faire le Fall of Summer.

Tout d’abord, nous avons été invités. Comme Tony et moi avions déjà prévu de travailler sur notre prochain album, nous nous sommes rejoints en Allemagne pour écrire et répéter. Du coup, cette invitation est arrivée au bon moment. Nous avons fait deux festivals deux semaines avant celui-ci et, entre-temps, nous avons travaillé sur notre album.

Que penses-tu de l’affiche ?

Elle est énorme ! Je pense que c’est la meilleure affiche que tu pourrais mettre en place pour ce genre de musique, c’est incroyable. De toutes les affiches que j’ai vu passer cette année, c’est celle qui me marque le plus. Tu as Venom, Sodom, Pentagram… Tu as du black metal, du death metal, du thrash metal… Et en plus, c’est une affiche très pointue. Je ne comprends pas pourquoi personne n’a pensé à monter un tel festival plus tôt. Quand ils nous ont approchés, on a répondu « oui, on veut bien jouer en France. Qui y aura-t-il d’autre ? », et ils nous ont montré l’affiche. Nous n’avons pas réfléchi à deux fois ! En plus, j’adore l’endroit, tu es à côté de Paris, mais tu as un lac, c’est incroyable. Ce concert est notre dernier en Europe pour 2014. On va jouer à Los Angeles ensuite, puis on va se concentrer sur l’album, du coup, ce concert est spécial pour nous.

Exumer

Où en êtes-vous dans l’album ?

Nous sommes en plein milieu de la phase d’écriture. Pour l’instant, nous avons quatre chansons que nous aimons vraiment et quand je reviendrai en Allemagne en janvier 2015, on finira toutes les compos pour ensuite entrer en studio en mars-avril, ce qui amènerait la sortie de l’album à septembre.

Que peux-tu nous dire sur ce que vous avez déjà composé ?

Ce sont des chansons très rapides, typiquement thrash ! Elles ont un feeling Exumer old school. Nous n’essayons pas d’écrire un nouveau chapitre du thrash, nous faisons du Exumer. Quand nous avons fait Fire & Damnation, nous nous sommes mis d’accord pour rester dans la même direction que Possessed by Fire et Rising from the Sea. Je pense qu’on a réussi à capturer ce feeling. Le prochain album sera donc dans la continuité de Fire & Damnation. Les chansons seront nouvelles, mais nous n’essayons pas de réinventer le thrash, nous ne faisons pas du prog. Ce sera du Exumer.

Que comptez-vous faire en termes de tournée ?

Une fois que l’album est rendu, nous comptons faire quelques festivals l’année prochaine, ensuite, nous irons en Amérique du Sud, où nous avons un bon nombre de fans, puis, pendant l’hiver, nous essaierons de faire une tournée de clubs en Europe, en espérant passer par la France.

Que penses-tu de la vague revival thrash qui fait rage depuis quelques années déjà ?

Ça me plaît beaucoup parce que de jeunes groupes viennent gonfler les rangs. Tu ne peux pas avoir une scène sans jeunes groupes. Si tu as 10, 20, ou 30 groupes qui ont 30 ans de carrière, ça ne marchera pas, il faut que les jeunes gardent le mouvement en vie. Je pense que les jeunes groupes font le pont entre les jeunes fans et les vieux groupes. Tu as un gamin de 16 ans qui va s’identifier à des musiciens qui ont 20 ans. Mais il va ensuite se dire « Regarde, ces gars de 20 ans écoutent Exumer, ou Testament… » Ce n’est pas pareil avec Slayer, tout le monde les connaît, mais je parle des groupes un peu plus underground. Je ne me fais pas d’illusions sur la taille de mon groupe. Nous sommes relativement petits, mais nous avons quand même un certain nombre de personnes qui nous suivent et nous considèrent comme un groupe culte. C’est pour ça qu’on fonctionne même dans les festivals de black/death metal en Norvège. J’ignorais cela avant, ce sont les fans qui me l’ont dit.

Exumer

Est-ce que c’est le genre de retour que tu as eu quand Exumer s’est reformé ?

Oui, c’est ce genre de retour. Quand nous nous sommes remis ensemble, nous ne savions pas à quoi nous attendre, s’il nous restait des fans, vu le temps qui avait passé. Du coup, nous avons fait notre première tournée en 2009, mais à Los Angeles, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait du monde, en Grèce aussi, partout dans le monde en fait. Ça nous a rassurés, mais nous ne pouvions pas le savoir avant de le faire.

Qu’est-ce qui vous a motivés à vous remettre à jouer ensemble ?

C’est la somme de beaucoup de choses. C’est arrivé à un moment où nous avions le temps, déjà, et c’est aussi l’amitié qui nous a réunis. Ray Mensch et moi sommes amis depuis 1983. Il vit en Allemagne et moi aux Etats-Unis. Nous nous sommes dits qu’on devait remettre le groupe sur pied pour nous revoir régulièrement, au lieu de se voir une fois de temps en temps en vacances. Quand tu deviens ami avec quelqu’un quand tu es adolescent, ce n’est pas le même type d’amitié qu’à 30 ou 40 ans. Tu ne partages pas les mêmes choses à 15 ans.

Un dernier mot ?

Photos et video : © 2014 Thomas Orlanth
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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