Fall of Summer : Jour 2 (06.09.2014)

Fall of Summer : jour 2
 

Seconde journée du festival, qui commence dès midi cette fois-ci, avec tout un tas de groupes rares en France, comme Assassin, Cancer ou Bömbers. Les amateurs de metal extrême sont servis par des prestations énergiques et carrées et sont en plus aidés par le beau temps. Une journée de concerts fort appréciable qui bénéficie en plus d’une bien belle conclusion rock n’roll, pour que tout le monde reparte le sourire aux lèvres.

Can of Worms

La journée commence par un groupe de thrash metal moderne de Bayonne. Les quatre gaillards s’éclatent sur scène, le sourire aux lèvres et avec de l’énergie à revendre. Pas de chichis au réveil pour les festivaliers, les quatre musiciens envoient la sauce dans une ambiance bon enfant avec des compos directes et brutales qui parlent notamment de Terminator.

Can of Worms

Le thrash présenté est donc moderne. On y retrouve donc de quelques influences de death moderne façon Fear Factory, saupoudrées ça et là au cours des sept chansons présentées. Mais la dominante reste thrash, avec des riffs bien inspirés de Slayer et autres pointures du genre.

L’ensemble est plutôt bien interprété, avec Steven qui maîtrise aussi bien sa guitare que sa voix rageuse, pendant que Kroxk growle quelques lignes bien placées pour muscler certains passages. Le groupe avance bien pendant tout le set, sauf Patrick, qui montre quelques signes de faiblesse à la batterie.

Can of Worms

Hormis cela, la prestation de Can of Worms est bien accueillie par le public, qui a tout pour se lever du bon pied avec ces thrashers sudistes.

Setlist :

Running Dead
Cataclysmic Impact
Meka God
Nuclear Holocaust
Xenomorph Legion
World Collapse
Crusher


Vyuuse


Vorkreist

C’est à l’heure de l’apéro que Vorkreist monte sur scène. Au sein du groupe on retrouve les deux guitaristes de Merrimack A.K. et EsX, sans oublier au chant Saint Vincent de Blacklodge. Les franciliens font dans un black metal satanique violent sans oublier les finesses dans les mélodies ou les solos de guitares qui vous prennent aux tripes.

Vorkreist

La scène est décorée sobrement aux couleurs de leur dernier album Sigil Whore Christ qui date de 2012. Les musiciens headbanguent comme des damnés comme Narcotic à la basse que l’on peut aussi apprécier dans Blacklodge, remplaçant LSK qui nous a quitté tragiquement l’année dernière. Le son est parfait et donne encore plus d’impacte aux morceaux plus death.

Pour anecdote, le chanteur buvait un vin rouge, un Saint Saturnin dont le nom était « Le Seigneur des deux Vierges » !

Vorkreist

Lionel / Born 666


Den Saakaldte

Alors que le public commence doucement à affluer sur le site, la Norvège nous envoie de nouveaux représentants de son black metal. Je commence à penser que tous les habitants de ce pays relativement peu peuplé jouent dans un groupe.

Den Saakaldte n’est certes ni Taake, ni Gorgoroth,  ni Tsjuder ni… Bref, ils ne forment pas l’un des très nombreux groupes influents de la très riche scène norvégienne. Cependant, leur musique mérite amplement d’être écoutée attentivement.

Den Saakaldte

Peut-être est-ce dû, entre autre, à l’identité de leur membres, comme Mikael Sykelig, le guitariste et créateur du groupe, qui a tout de même joué au sein de 1349, Shining et Dødheimsgard, tout comme d’autres membres d’ailleurs.

« Accessoirement », jusqu’à encore il y a quelques années, c’était Niklas Kvaforth, le sympathique chanteur de Shining qui officiait également ici.

Bref, Den Saakaldte n’est certes pas si connu que cela, mais on y retrouve des gens très expérimentés de la grande scène nordique.

Den Saakaldte

Ici pas de black metal basique comme l’ont pratiqué par exemple la nuit précédente leurs voisins finlandais d’Impaled Nazarene. Nous sommes plutôt face à un black metal teinté de mélodies et de ralentissements en mid-tempo, mais qui a néanmoins pu conserver une froideur bienvenue.

Le show aurait mérité un public plus actif, mais le confort des collines herbeuses propices à la digestion a eu raison de la plupart des spectateurs (comment ça, moi aussi ?). Cela n’enlève en rien la  très bonne prestation du groupe que j’aurais plaisir à retrouver devant une scène.
La Norvège est décidemment un pays aux richesses métalliques quasi-infinies !

Thomas Orlanth

Code

Une fois n’est pas coutume, nous sommes face à un groupe de black metal anglais. Ces derniers ne se font pas prier, et font parler la poudre d’entrée de jeu avec des riffs imposants. Les compositions comprennent d’ailleurs quelques changements de tempo, des arrangements et des passages planants en guitare claire, venant apporter de la variété à leur musique.

Code

En plus des growls habituels, Wacian nous fait cadeau de quelques passages chantés bien amenés, même si le timbre de voix assez aigu peut surprendre. Pour accompagner cela, Code n’oublie pas distiller quelques arrangements très mélodiques, toujours soutenus par une section rythmique réglée comme une horloge. Il est clair que ces anglais ne laissent rien au hasard.

Le jeu de scène est quasiment inexistant, les musiciens préférant laisser la musique parler, et c’est n’est pas un mal, étant donné que la musique de Code est propice à distiller des ambiances qu’un trop plein de paroles ou de cavalcades pourrait tuer. A ce propos, la lourdeur des guitares est parfois utilisée pour obtenir des sonorités plombées se rapprochant du doom. Code fait feu de tout bois, et le fait bien. Encore une fois, le son aurait mérité d’être plus précis, un défaut qu’on aura souvent retrouvé sur la scène Sanctuary du Fall of Summer. Espérons que les ajustements nécessaires pourront être fait pour les prochaines éditions. (et espérons qu’elles seront nombreuses !)

Setlist :

The Cotton Optic
Edysis
Trace
Smother
The Lazarus Chord
Rattle
Possession Is the Medicine
Triptych
Cloud-Formed


Tfaaon


Debauchery

Pendant le concert de Code, on pouvait déjà apercevoir derrière le grillage du backstage quelques jeunes femmes nues et ensanglantées.

Rassurez-vous (ou assumez votre déception), nous sommes en France, et donc avoir des vraies figurantes en chair et un peu en os sur la scène, généreusement couverte de faux sang, comme il peut être possible de le voir au-delà de nos frontières, en pleine après-midi est juridiquement impossible.

Debauchery

Aussi, nous contenterons nous de quelques mannequins en plastique, qui rendent cependant parfaitement l’ambiance sanglante de Debauchery.

En effet, en bon français que nous sommes, il est aisé de prononcer le nom du groupe « Déboucherie », parce qu’au final, c’est tout à fait cela !

Du gros, du gras, du sang, et du lourd.

La musique est assez basique au final, mais qu’est-ce que c’est bon !

Debauchery

Comment rester insensible aux riffs simples, mais si efficace de titres, pour ne citer que celui-là, comme « Blood for the Blood God » ? Et en plus, on peut facilement chanter en chœur avec Thomas Gurrath et c’est si bon de pouvoir se lâcher sur ce death’n’roll bien gras !

Le public ne s’y est pas trompé d’ailleurs, et beaucoup de monde est venu les voir. En ce qui me concerne, malgré les excellentes prestations qui ont précédé, la journée du samedi ne commençait vraiment que maintenant.

Debauchery est un groupe qui met tout le monde d’accord.

Let there be Blood !


Debauchery


Thomas Orlanth

Assassin

Retour au thrash metal pur et dur avec Assassin, groupe Allemand qui donne un concert très spécial ce 6 septembre. En effet, il s’agit tout d’abord de la première date des thrashers en France, plus de 30 ans après sa formation. Ensuite, c’est le premier concert qu’ils assurent avec leur nouveau chanteur, Ingo Bajonczak.

Assassin

Ce dernier, dans un registre assez moderne qui fait contraste avec le thrash old school du groupe, s’en sort bien. Son interprétation des titres présentés est rugueuse, mais reste tout à fait correcte pour un premier concert. De plus, Ingo arrive à se mettre le public dans sa poche en le faisant participer et mosher comme il se doit.

Les autres membres ne sont pas en reste. Que ce soit le bassiste Joachim Kremer qui fait hurler « trou du cul » aux festivaliers pour remplacer « baka » ou Michael Hoffmann qui n’est pas avare en dialogue, chacun arrive à maintenir l’ambiance au top, ce qui les motivera à bouger partout sur scène pendant les diverses compositions présentées, pour la plupart issues de l’album classique The Upcoming Terror, dont « Assassin », rallongée pour l’occasion.

Assassin

Pour une première date française, Assassin a réussi à faire adhérer le public à sa prestation, ce qui est remarquable quand il s’agit de présenter un nouveau chanteur. Il ne reste plus qu’à les revoir lorsque ce dernier sera plus rodé.

Setlist :

Fight (To Stop the Tyranny)
Breaking the Silence
The Last Man
Forbidden Reality
Baka
Destroy the State
Assassin


Vyuuse

Salem
 

Premier groupe de la journée à fouler les planches de la Blackwaters Stage, la formation israélienne Salem ne débarque pas de la dernière pluie. Forts d’une longue carrière et d’une discographie bien chargée, les musiciens ont de ce fait les armes pour convaincre les festivaliers venus assister à ce show. Du moins, c’est ce que l’on espérait. Et on ne peut s’empêcher de repartir du concert avec une légère pointe de déception.

Salem

Oh, non, bien sûr, le set proposé est loin d’être mauvais. Soyons honnêtes : le death metal du groupe est joué de manière carrée et précise, et nul doute que les cinq membres de Salem savent pertinemment ce qu’ils font. Ze’ev Tananboim, le frontman de la bande, ne démérite pas, par ailleurs, proposant un chant extrême maîtrisé, épaulé parfois par des vocaux rappelant les racines du combo. La mixture semble alléchante, d’autant plus que le quintette tente de varier les plaisirs en apportant quelques éléments tirés de genres différents, notamment empruntés au doom. Si l’appellation « doom / death » revendiquée n’est pas la plus appropriée (le death étant largement plus présent dans le registre musical de ce concert), on peut ainsi saluer l’effort de jouer des morceaux assez diversifiés.

Problème : en dépit de ces nombreuses qualités, la musique n’emporte pas l’adhésion. Le concert n’est pas exécrable, très loin de là, mais il manque un ingrédient pour que la sauce prenne. Il n’y a pas d’ambiance particulière en dépit des efforts de Salem pour en apporter une, et si le début du set est plaisant, cette sensation agréable de bonne découverte s’estompe au fur et à mesure. On écoute donc la suite d’une oreille plus distraite. Les compositions semblent très clairement manquer d’accroche.

Salem

Ainsi, quand la formation tire sa révérence, on ne peut pas réellement dire qu’elle nous aura marqué. Salem ne tirera donc pas son épingle du jeu dans ce festival, et pourtant, leur musique présente des points positifs que l’on gardera tout de même en mémoire. En conclusion, un set loin d’être transcendant, mais plutôt acceptable tout de même. Le combo communique avec son public, souhaite transporter dans une atmosphère mais va devoir travailler ce second point afin de nous revenir plus en forme sur scène.

Sanguine_Sky

Artillery

Place maintenant au thrash danois avec Artillery, qui fait son retour en France après une date à Bordeaux en 2013 qui était quasiment passée inaperçu. Le groupe vient pour présenter son nouvel album, Legions, premier dans lequel figure Michael Bastholm Dahl. Plus jeune que ses acolytes, il se montre tout à fait apte à remplir sa tâche, en montant dans les aigus comme il faut et en faisant exploser sa rage à la face du public.

Artillery

Si on arrive à bien l’entendre, on ne peut malheureusement pas en dire autant des guitaristes Michael Stützer et Rune Gangelhof, qui remplace Morten Stutzer pour cette partie de la tournée. Les guitares et leurs parties mélodique font l’essentiel de la musique d’Artillery et les entendre aussi peu ne rend pas grâce aux compos présentées. Heureusement, la section rythmique, assurée par Joshua Madsen à la batterie et Peter Thorslund à la basse, s’en sort bien.

Le public fait fi de ces soucis sonores et s’en donne à coeur-joie dans le pit, qui prend forme dès que le morceau Legions est entammé. Le groupe peut ainsi poursuivre sur des classiques comme « Khomaniac » ou « Terror Squad », entre lequelles Michael Stutzer se fend d’un sympathique solo qui se finit aux dents. Le petit thrasher en a encore dans le ventre après plus de 30 ans de carrière !

Artillery

Malgré un concert court et peu servi par le son, Artillery a su satisfaire son public grâce à une envie toujours présente et un chanteur qui ne manquait pas de volonté.

Setlist :

Chill My Bones (Burn My Flesh)
Legions
When Death Comes
By Inheritance
The Challenge
Khomaniac
Terror Squad

Vyuuse


Ahab

Second groupe à débarquer sur la Blackwaters Stage, les doomeux allemands d’Ahab effectuent ici leur premier passage dans l’hexagone! Autant dire que l’occasion est rêvée pour la formation d’acquérir de nouveaux fans, ou de rassurer ceux déjà présents pour les soutenir. Il est vrai que ce style musical semble totalement aux antipodes des diverses formations thrash, death ou black ayant fait leur apparition durant le festival, mais qu’importe, les plus ouverts ne diront pas non à la découverte et, surtout, à l’énorme claque assénée par le quatuor.

Ahab

Généreuse, la formation joue quatre morceaux, tirés de leurs trois albums. Oui, ça semble ironique dit comme ça mais il ne faut pas oublier que nous avons droit à des pistes dont la durée dépasse régulièrement les dix minutes, ce qui fait tout de même relativiser. D’autant plus que, transposés sur scène, ces compositions se révèlent envoûtantes. Les riffs sont lents, lourds, emportant l’auditoire dans une ambiance maritime. Il faut souligner là tout le concept de la formation, à savoir mélanger cette musique à la thématique de Moby Dick. Effectivement, on s’imagine très bien cela au travers des atmosphères proposées.

Mon regret personnel proviendra de la setlist, ne proposant qu’une piste de leur dernière offrande, The Giant. « Deliverance », qui plus est, le titre qui me touche le moins, bien qu’excellent. Mais ce n’est pas très grave, tant la prestation est de qualité. Les minutes défilent et le concert semble passer à la vitesse de l’éclair tant le groupe est captivant. Pourtant la communication n’est pas forcément leur fort et leur jeu de scène est assez statique, mais cela n’a aucun impact tant tout est maîtrisé. Le set, se concluant sur la superbe « The Hunt », ne laisse donc aucune place à l’approximation ni à l’ennui. Le temps de jeu accordé ne s’est nullement ressenti et l’on en aurait bien repris davantage. Me concernant, ce fut le meilleur set de tout le festival et j’espère bien revoir le groupe rapidement dans nos contrées.

Ahab

Setlist :

The Divinity of Oceans
Old Thunder
Deliverance
The Hunt

Sanguine_Sky

Cancer

Le groupe de death metal old school Cancer revient au Fall of Summer après avoir marqué les esprits au Motocultor en remplaçant Death Angel au pied levé. Le power trio débale toujours ses riffs de qualité pour mieux convaincre les présents, séduits par des rythmiques frénétiques et accrocheuses.


Cancer

Si le set est sensiblement similaire à celui présenté quelques semaines plus tôt, avec « Bloodbath » qui remplace « Burning Casket », le public diffère totalement et semble bien plus réceptif et attentif au show des Anglais. Si les spectateurs restent statiques, ils ne se montrent pas avares en acclamations envers Cancer et manifestent aisément leur joie.

Sans prétention ni volonté de réinventer le genre, Cancer joue son set de manière appliquée, le sourire aux lèvres alors que le chanteur John Walker déclame avec rage les paroles infâmes des titres essentiellement issus des trois premiers albums. Cela donne un set classique, mais efficace et bien agencé, qui se conclut magistralement par « Deathroned Emperor », joyau emprunté à Celtic Frost.


Cancer

Setlist :

Cancer Fucking Cancer / Witch Hunt
Death Shall Rise
Into the Acid
Die Die
Tasteless Incest
To the Gory End
Bloodbath
Body Count
Hung, Drawn and Quartered
Deathroned Emperor [reprise de Celtic Frost]


Vyuuse

Pentagram

Que Bobby Liebling soit encore en vie est assez dingue mais de le voir aussi expressif sur scène est tout de même assez ahurissant. Il faut voir les mimiques qu’il fait avec ses yeux globuleux, les faisant tourner entre le public et son guitariste Victor Griffin (caché derrière ses lunettes de soleil) et ce dès l’entame avec « Call the Man » du dernier album datant déjà de 2011.

Pentagram

40 ans de carrière et cela ne leur fait pas peur, eux qui vont sortir un album au printemps 2015. Bobby et sa chemise hawaïenne sur laquelle des faons se promènent dans les bois a de la voix sur scène (un peu moins en interview). Le son est parfait et c’est un déluge de doom qui fait vibrer le lac, créant des vagues de vibration ultra basse sur le public. Les géniteurs de cette musique au même titre que Black Sabbath se bonifient avec le temps, eux qui ont eu une carrière moins évidente que les anglais semée d’embûches.

Les survivants assument leur rôle et joue divinement bien des pièces de collection comme « Be Forewarned » ou « 20 Buck Spin » qui étaient sur l’album éponyme, prouvant que ces morceaux n’ont pas pris une ride.

Pentagram

Des plus jeunes aux plus vieux, les personnes sont hypnotisées et intriguées par la prestation de Bobby qui ne fait pas dans l’économie sur les planches. C’est assez hallucinant de le voir se tordre devant la scène en regardant tout autour de lui comme s’il était entouré par ses démons ou de se pencher vers la guitare de Victor à 10 centimètres l’air intrigué. La pleine lune est proche et l’ensemble se marie assez bien avec le doom ambiant. Il ne manque plus que les fumigènes opiacés…

Lionel / Born 666

Ascension
 

Après la grosse mandale infligée par les vétérans de Pentagram, il est temps de retourner vers la colline de la scène Sanctuary, pour retrouver les teutons d’Ascension. Ces derniers jouent un black métal abrasif, violent et qui pue le soufre démoniaque. D’ailleurs, les bougres ne lésinent pas sur le visuel, avec une lumière rouge tamisée du meilleur effet, le tout agrémenté d’une bonne dose de bougies réparties un peu partout sur la scène. L’adversaire n’est pas loin. « Alors pour la déco’, j’ai mis 18 sur 20, parce qu’il y avait vraiment un effort de mise en scène. Et puis dis-donc, ça a du prendre du temps d’allumer toutes ces bougies. » Un concert de black metal presque parfait, saison 1 Pas certain que ça aurait marché de jour !

Ascension

Musicalement parlant, sans surprise, ça défouraille sec. Les guitares sont rapides et on ne peut plus agressives. A la voix, le chanteur déploie un growl plutôt impressionnant, et s’investit pleinement dans sa performance avec une conviction qui ne trompe pas. Au niveau de la setlist, on ne trouve rien de vraiment nouveau, car il ne faut pas oublier que le groupe n’a rien sorti depuis 2010 et son premier album Consolamentum.

Peu de répit est laissé à l’auditeur pendant ces cinquante minutes de black metal sauvage, et l’audience parait complètement captivée par la prestation des allemands. Cette fois, le son aura été très bon du début à la fin du concert, permettant de l’apprécier dans des conditions optimales. Bref, Ascension a réussi à être pleinement convaincant, alors que le groupe était précédé par une sacrée pointure. Vivement le deuxième album, actuellement en cours d’enregistrement !

Ascension

Tfaaon

Sodom

Arrive maintenant la tête d’affiche de la journée sur la Blackwaters Stage, Sodom, qui donne ici l’un des concerts les plus intenses du festival. En effet, commencer par un standard tel qu' »Agent Orange » pour ensuite enchaîner sur un nombre certain de classiques du groupe a le mérite de mettre une bonne partie des thrashers présents d’accord.

Sodom

Si les moshers, probablement fatigués après deux jours de débauche intense, se montrent plus discrets dans le pit, les trois Allemands ne manquent pas de les secouer avec un set sale et destructeur. Avec des obus tels qu' »Outbreak of Evil », « Sodomy and Lust » ou « City of God », difficile de ne pas adhérer à ce thrash exécuté à sec.

Le son ne fait pas dans la dentelle. C’est fort, imprécis et agressif au possible. Bernemann semble avoir perdu à la courte paille et sa guitare n’est pas dominante. Malgré tout, ses riffs restent audibles et sont toujours soutenus par le meneur de troupes Tom Angelripper, qui éructe avec toujours autant de rage et de détermination ses paroles obscènes, se permettant même un petit clin d’oeil à Venom en se fendant d’un « Lay down your soul to the gods rock n’roll » à la fin de « Blasphemer ».

Sodom

Avec un show pied-au-plancher comme celui-ci, on peut cependant regretter qu’il ait été raccourci de 10 minutes. Certains se plaignent de l’absence de classiques comme « Ausgebombt » ou « Bombenhagel », fortement inspirés de Motörhead, mais ils seront consolés en fin de soirée sur la Sanctuary Stage

Setlist :

Agent Orange
In War and Pieces
Outbreak Of Evil
Surfin’ Bird / The Saw is the Law
Sodomy and Lust
Stigmatized
Blasphemer
City of God
Burst Command ’til War
M-16
Remember The Fallen


Vyuuse


Enslaved

Enslaved, c’est un des groupes que j’ai le plus vu sur une scène. J’avoue qu’après les claques que je venais de recevoir tout au long de la soirée, les dernières en date, généreusement attribuées par Sodom, résonnaient encore dans ma tête, l’ambiance plus tranquille de la bande de Grutle a manqué de m’endormir.

Enslaved

Ne vous méprenez pas, j’aime beaucoup Enslaved, mais comme je les ai déjà vu maintes fois, je finis par prévoir quand Arve Isdal, le musculeux guitariste du groupe, fait sa petite pose de guitar hero et quand la musique devient plus planante.

De temps en temps, un petit « imprévu » stimule l’attention, comme un duel de guitare contre basse entre Ivar Bjornson et Grutle Kjellson par exemple.

Bref, je commençais à m’ennuyer un peu, quand soudain… Insinueusement devrai-je même dire, il s’est produit ce qui se passe à chaque fois : je me retrouve à secouer la tête en transe en me disant « ah oui, génial, ce morceau, il est génial ! » Et puis d’un coup, je reconnais « Allfadr Odin », qui est encore plus génial !

Enslaved

Comment ça, ça fait déjà près de trois quart d’heure qu’ils jouent ? Mais j’ai pas vu le temps passer !
Ca doit être çà, le petit plus des grands groupes. Mine de rien, ils savent s’y prendre pour hypnotiser leur public et laisser plein de beaux souvenirs dans leur tête…

Et quand je pense qu’il va falloir aller voir Watain juste après sans mourir d’extase…

Setlist:

Death in the eye of dawn
Ruun
Ethica Odini
Riitiir
As Fire swept clean the Earth
Allfadr Odin
Isa

Thomas Orlanth


Watain

Les suédois sont arrivés sur le site et cela se ressent ; une certaine effervescence commence à monter et c’est un groupe soudé qui après avoir pris une collation, trainent ensemble autour du bar VIP ainsi que sur ce beau site de la base nautique de Torcy commençant à prendre leurs marques.

Visiblement Watain a l’air en forme et heureux de venir jouer sur ce nouveau festival dédié aux musiques extrêmes et surement content d’être la tête d’affiche de la Blackwaters Stage en ce samedi.

Watain

Devant la scène, les festivaliers s’étendent sur la petite colline qui permet d’avoir une vue hors norme sur le groupe. Et ce n’est pas rien quand on sait que l’on va assister à un show de Watain et que l’on sait qu’on en aura pour notre argent autant pour le côté visuel que sonore.

Un par un les musiciens montent sur scène et c’est un Erik, le flambeau à la main qui donne la torche à un roadie qui allume la scène toute entière, des tridents jusqu’en haut de leurs sculptures/tableaux faits de chaires, de sang et d’os. Les flammes lèchent d’ailleurs dangereusement les premières rangées de lights suspendues au dessus de la scène. Visuellement ça a de la gueule. Comme toujours le groupe alterne passages calmes (« The Wild Hunt ») et accélérations brutales (« Reaping Death ») mais reste tout de même dans un esprit mid-tempo (« Black Flames March ») sur l’ensemble du show. C’est ce qui plait à un nouveau public qui n’est pas obligatoirement fan de pue black metal. On peut tout de même ressentir une baisse d’attention des purs die hard dans les moments trop calmes. Mais quoiqu’il en soit on ne peut rester insensible à la prestation des Suédois qui savent rester professionnels jusqu’à la dernière seconde.

Watain

Le show est bien rodé, entre offrandes à l’autel devant la batterie, donnant ce coté magie noire et satanique à Watain et prestance des musiciens. Erik est en grande forme et très nerveux nous faisant voir comment sa jambe tremble au rythme des blast beasts (« Malfeitor »). Les guitaristes headbanguent à l’unisson dans un déluge de feu et de fumigène donnant un aperçu des concerts qui nous attendent lorsqu’on franchira un jour le Styx…

En se plaçant devant son autel, à la fin du show le chanteur allume deux vasques de chaque côté pendant que les fumigènes flottent sur les planches donnant un côté inquiétant à la prestation et l’impression que la batterie va prendre feu. Lui imperturbable se mélange au feu et au sang dans ses offrandes scéniques que certains appellent show et d’autres qui ne sont plus là aujourd’hui pour en parler prénommaient cérémonie.

Watain

Setlist :

De Profundis
Black Flames March
Malfeitor
Reaping Death
The Wild Hunt
Hymn to Qayin
Kiss of Death
Waters of Ain

Lionel / Born 666
 

Bömbers

Le Fall of Summer est prêt à s’achever. Mais il reste encore un peu plus d’une heure à tenir, une heure remplie de rock n’roll joué à toute vitesse par Abbath et sa bande de bombardiers. De la sueur, des riffs gras et des rythmiques supersoniques, Bömbers se place là où on l’attend, pour finir la soirée avec la banane.

Bömbers

La star est évidemment Abbath. Plus connu sous son maquillage de panda et son black metal glacial avec Immortal, on retrouve le légendaire frontman dans la peau de Lemmy Kilmister, avec les rouflaquettes de circonstance et une Rickenbacker montée à 11. Derrière l’aspect grand-guignol qu’il a toujours cultivé, le Norvégien se montre fortement crédible pour imiter son idôle british, avec une gouaille aux forts relents alcoolisés. Ce dernier ne manque d’ailleurs pas de rendre hommage à l’oeuvre de Lemmy, en qualifiant l’album Another Perfect Day de « chef-d’oeuvre sous-estimé » et en déclarant qu’il souhaiterait que les chansons qu’il reprend soient les siennes.

A côté de lui, Tore s’éclate à reprendre les parties de Fast Eddie Clarke, Phil Campbell et Brian Robertson, en arrangeant quelques solos à sa sauce, sans pour autant massacrer ses modèles. A la batterie, Pez s’amuse à accélérer certains titres et leur donne le punch nécessaire pour maintenir les festivaliers éveillés jusqu’au bout du concert.

Bömbers

Bömbers est aux petits soins avec son public, en invitant notamment Tom Angelripper sur « Iron Fist », qui avait été reprise par Sodom sur Persecution Mania. En bon fan de Motörhead, le thrasher s’éclate toujours autant à cracher sa haine sur ce morceau pendant que les trois autres musiciens restent carrés dans leur interprétation.

En mêlant classiques (« Overkill », « Ace of Spades »…) et raretés (« The Hammer », « Motörhead »…), Bömbers a su offrir une bien belle conclusion au festival Fall of Summer, avec du rock n’roll joué à fond la caisse. Un bouquet final mémorable.

Bömbers

Setlist :

Bomber
I’m So Bad (Baby I Don’t Care)
Stone Dead Forever
The Hammer
No Class
Killed by Death
Orgasmatron
Iron Fist
Metropolis
Doctor Rock
I Got Mine
Overkill
Stay Clean
Over the Top
Motörhead
Ace of Spades

Vyuuse
 

Photos :
© 2014 Thomas Orlanth
© 2014 Lionel / Born 666
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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