Troldhaugen – Obzkure Anekdotez For Maniakal Massez

Petits trolls de l’opéra

À peine remis de la bonne surprise que fut Toehider, voilà que l’Australie nous renvoie un nouvel OMNI (Objet Musical Non Identifié) avec Troldhaugen. Le quatuor qui officie dans un Folk Metal avant-gardiste et plutôt déjanté nous propose avec Obzkure Anekdotez For Maniakal Massez un deuxième album pas si simple d’écoute qu’il n’y paraît, mais qui recèle son lot de bons moments.

Comment réellement décrire la musique de Troldhaugen ? Essayez d’imaginer des trolls, Monty Python, un orchestre, Finntroll et TrollfesT dans une grande marmite et de mélanger le tout… Ajoutez un peu de magie australienne et vous obtenez les doux dingues dont il est question dans cette chronique. Dingue, le mot n’est pas faible tant les compos présentent sur l’album sont déjantées et semblent n’obéir à aucune structure prédéfinie. Pas de refrain et couplet à proprement parler, mais plutôt des sommes d’idées assemblées entre elles pour raconter des histoires en musique. Des histoires ayant souvent un caractère humoristique où le second degré n’est jamais bien loin.

L’album commence avec une intro atmosphérique (« Table Of Contents ») avant que le premier vrai titre de la galette, « Hunting Tactics For Mythical Creatures », ne démarre les hostilités avec une énergie communicative. À l’image de tout l’album, ce titre nous fait vivre une véritable montagne russe musicale avec ses nombreux changements de tempo, une mélodie entraînante (on n’est pas loin du « Blodsvept » de Finntroll) et un mélange d’éléments électriques (voir électroniques) et acoustiques qui arrive à se faire sans le moindre accro. Cet éclectisme constitue la force de Troldhaugen qui en joue donc tout au long d’Obzkure Anekdotez For Maniakal Massez. C’est ainsi qu’on retrouve même une partie dubstep durant « Viva Loa Vegas » !

Troldhaugen varie donc les ambiances (western par exemple durant « The Good, The Bad and the Gristle » grâce à ses parties de banjo… accompagnées de voix  féminines au caractère oriental) notamment en utilisant plusieurs interludes instrumentaux comme « Buckle Up » qui précède « Lefty’s Wild Ride », l’un des titres les plus heavy de l’album, à l’ambiance gentiment horrifique (l’ombre du duo Burton/Elfman n’est pas loin). Dans le même ordre d’idée, « The Rabiator Teuthida » pourrait très bien servir de bande-son à un film se déroulant dans une maison hantée (mais avec des trolls…)

À l’écoute de tout ce joyeux chantier, on peut tout à fait se dire que ces Australiens sont dingues… Et ce n’est sûrement pas tout à fait faux ! Pourtant à travers ce que certains pourraient appeler cacophonie, Troldhaugen arrive à marquer les esprits grâce à son imagerie forte et son identité unique. L’album permet à chaque musicien de s’exprimer au mieux de ses capacités grâce à une production aux petits oignons (détail qui ne pardonne pas avec une musique aussi chargée que celle des Australiens). Si vous aimez le Metal fun, élégant et avec une bonne dose de folie, cet album est un must à ne surtout pas rater ! Mais accrochez-vous, votre cerveau ne ressortira pas indemne de cette aventure.

8/10

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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