Cannibal Corpse – A Skeletal Domain

Immobilisme brutal
 

Gros poisson de la scène death metal américaine des années 90, Cannibal Corpse sort cette année son 13e album, intitulé A Skeletal Domain. Comme toujours, le groupe continue de bourriner à tout va avec des riffs agressif et des rythmiques supersoniques, avec un Corpsegrinder toujours en forme avec ses hurlements porcins. Un album de plus qui plaira aux amateurs du groupes sans pour autant les surprendre.

A la sortie de l’album Torture en 2012, on pouvait lire sur un sticker promo « Le retour des Motörhead du death metal ». Si Cannibal Corpse entretient une image de monstre sacré au sein cette scène, cette comparaison peut aussi être poussée plus loin car elle montre deux groupes au style immédiatement reconnaissable qui plat malgré une tendance à vivre sur ses acquis, surtout récemment.

Pourtant, les deux ont inclus quelques changements dans leur carrière. Les Anglais en dosant différemment leurs influences, donnant parfois des albums plus bluesy (Another Perfect Day, Aftershock) ou plus metal (Bastards, Inferno). Les Américains, eux, ont réussi à inclure, après des albums bourrins à l’extrème, à faire dépasser le côté malsain de leur imagerie pour l’inclure dans leur musique, ce qui s’était énormément ressenti dans l’album Galery of Suicide.

Pour cet album, on a droit à un changement de producteur, avec Mark Lewis qui remplace Erik Rutan. Point de refonte totale du son des Floridiens ou de modernisation brutale, le nouveau s’adapte au groupe, épaissit légèrement le son et fait ressortir un côté sale en faisant saturer un peu plus la basse. Un changement léger mais qui a le mérite de faire ressortir un aspect qu’on apprécie dans le groupe, qui lui, campe sur ses positions.

Mais Cannibal Corpse n’a jamais exprimé une envie de changer sa direction musicale. C’est donc sans surprise que A Skeletal Domain reste du Cannibal Corpse. En un peu moins de trois quarts d’heure, on retrouve donc ces riffs typiquement death reconnaissables de Pat O’Brien et Rob Barrett, soutenus par les lignes de basse jouissives du leader Alex Webster. Paul Mazurkiewicz maîtrise toujours aussi bien la double-pédale et George Fisher déclame avec toujours autant de crédibilité ses paroles obscènes, avec son timbre guttural toujours aussi jouissif.

Cannibal Corpse

Car oui, si Cannibal Corpse ne change pas sa formule, écouter ses albums reste un régal pour tout amateur de brutalité. On headbangue sincèrement sur « High Velocity Impact Splatter », on s’éclate sur les leads de basse de « Sadistic Embodiment », on se surprend à faire du air guitar sur le solo de « The Murderer’s Pact » et on est même prêt à lever le poing sur la malsaine « Funeral Cremation ».

Et quelque part, c’est ça qu’on aime chez Cannibal Corpse. Cette sécurité que le groupe s’offre depuis tant d’années, il l’offre aussi aux fans, qui savent à quoi s’attendre et qui, au fond, ne souhaitent pas voir leurs tueurs en série préférés changer de direction. Cannibal Corpse fait donc toujours ce death sale proprement exécuté, reste inspiré dans ce domaine et ne semble pas vouloir trahir ses fans de sitôt.

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements