Nightbringer – Ego Dominus Tuus

Vous vous souvenez des américains de Nightbringer et de leur précédent album Hierophany of the Open Grave ? Ce black metal orthodoxe sorti tout droit d’une messe noire organisée dans les montagnes du Colorado qui vous faisait transpirer de peur ?

« Prayer of Naphal » fait office d’intro à l’album : angoissant, malsain. Il pose les bases d’Ego Dominus Tuus avant qu’une montagne musicale cérémoniale et vindicative déboule avec « Et Nox Illuminatio mea in Deliciis Meis », titre complexe et long bourré d’ambiances nauséabondes, monte en puissance dans sa quête du chaos. Atmosphère orchestrale démoniaque appuyées par les cris stridents et la voix travaillée à l’extrême de Naas Alcameth. Les guitares nous insufflent un frisson de peur grâce à ce riff glaciale qui tourne en boucle tel une frayeur non retenue.
 

Nightbringer

 

Les titres sont gorgés d’intensité à l’image de « Lantern of Eden’s Night » qui vous tombe littéralement sur les épaules pour que vous puissiez vous soumettre au malin dans les plus brefs délais passant de breaks possédés à des blasts surdimensionnés pour le maigre espace qui nous est laissé.

On est submergé par cette production à la limite de l’étouffement ne laissant aucune place à un mètre cube de liberté, dont le seul but est de vous confiner dans cet espace réduit où l’oxygène va rapidement vous manquer à l’écoute de l’album, et dont l’objectif est que vous mouriez asphyxié lors du dernier titre qui est « The Otherness of Being ».

La production, lourde et savamment orchestrée n’est pas sans nous évoquer du Dimmu Borgir en pleine forme (« I am the Gateway », tiens donc !), les accélérations basées sur des riffs tranchants un Emperor en quête de progression majestueuse d’un black métallique (« Things Which Are Naught »), et les ambiances noires celle de Dark Funeral (« The Witchfires of Tubal-Qayin ») lourd, parsemé de changement de rythmes, suintant la pourriture en décomposition.
 

Nightbringer

 


Marqué du sceau de l’inimitié, frappé par des marteaux résolument haineux, ponctué par le sac et le ressac, « Salvation is the Son of Leviathan » prend son temps en nous mettant la tête sous l’eau pendant de longues minutes avant que « The Otherness of Being » nous projete ses premiers riffs pour une souffrance de plus de 12 minutes tout en progression pernicieuse.

On en ressort tout de même après plus d’une heure et 11 minutes…mais en quel état ? Je n’en sais rien et comme le dit Cole Sear le petit garçon dans le Sixième Sens : « Je vois des gens qui sont morts… ils vont et ils viennent comme n’importent qui… ils ne se voient pas entre eux… ils ne voient que ce qu’ils ont envie de voir… ils ne savent pas qu’ils sont morts… ».
 

Lionel / Born 666

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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