Wolf Hoffmann, guitariste d’Accept

Accept est de retour ! A l’occasion de la sortie de « Blood of the Nations » ce vendredi 20 août chez Nuclear Blast, son leader emblématique le guitariste Wolf Hoffman nous a accordé une entrevue dans laquelle il revient sur la reformation du groupe sans Udo Dirkschneider et sur tout ce qui tourne autour du nouvel opus.

Ju de Melon : Bonsoir Wolf, premièrement comment te sens-tu actuellement et que ressens-tu la veille de la sortie du nouvel album « Blood of the Nations » ?

Wolf Hoffmann : Ca va plutôt bien, même si c’est une journée très chargée avec beaucoup de promotion et d’interviews vu que l’album sort aujourd’hui ou demain selon les pays. Un vrai marathon, mais très excitant au final ! En tout cas je suis confiant et assez impatient, les premiers commentaires des journalistes ou de ceux qui ont eu le privilège d’écouter l’album sont très positifs. J’ai l’impression qu’il n’y a jamais eu autant d’excitation autour d’une sortie Accept, en tout cas ça faisait longtemps… J’ai un peu l’impression de sortir mon premier album (rires), c’est très prometteur !

Ju de Melon : Il s’agit donc de l’album come back d’Accept, 14 ans après ce que tout le monde pensait être l’ultime opus « Predator ». Qu’est-ce qui vous a donné envie de revenir avec de nouvelles compositions ?

Wolf Hoffmann : L’envie a toujours été là en fait… C’est simplement parce que nous avons rencontré Mark Tornillo, notre nouveau chanteur, une vraie coïncidence qui a été le point de départ d’une reformation d’Accept. Il ne manquait que lui on peut dire, Udo ne voulant pas refaire de nouvelles compositions avec le groupe… Tout s’est passé il y a exactement un an, nous l’avons senti très motivé et nous avons décidé de faire un nouveau disque. Avec Mark, nous sentions que c’était le bon moment, et nous étions prêts à embarquer en tournée par la suite. On a très vite été très inspirés, surtout que les fans n’attendaient que ça… de quoi nous booster encore plus !

Ju de Melon : Le titre de ce disque est plutôt fort, pourquoi ce choix et est-il en lien avec un certain concept ?

Wolf Hoffmann : Non, rien de vraiment conceptuel disons… « Blood of the Nations » est aussi le titre d’une des chansons de l’album, et pour être honnête nous avons eu pas mal de difficultés et de doutes concernant le nom de ce CD. C’est jamais facile disons… on s’est surtout concentrés sur l’écriture de chansons, on a dû en composer une bonne quarantaine en quelques mois, nous n’avons jamais été aussi créatifs et du coup d’autres considérations telles que le titre de l’opus nous sont un peu passées au-dessus de la tête. Ainsi, au moment de choisir le nom, nous avons presque été pris de cours… On a alors choisi un des titres des chansons présentes sur cet album et « Blood of the Nations » nous est apparu comme le choix le plus incisif, le plus marquant.

Wolf Accept

Ju de Melon : Est-ce que les paroles ont été écrites par ton épouse Deaffy, comme c’était le cas par le passé ?

Wolf Hoffmann : Non, pas cette fois-ci. Aussi bien elle, moi, mais aussi tous les autres membres du groupe, nous avons senti qu’il était très important de donner la chance à Mark de s’exprimer. En tant que nouveau chanteur, avoir la possibilité de s’occuper des paroles lui a donné encore plus de confiance. De plus, l’anglais est sa langue maternelle, cela faisait donc sens de lui laisser cette part du travail ! Ainsi il a pu exprimer ses pensées…

Ju de Melon : Quels sont les thèmes principaux abordés ?

Wolf Hoffman : Il y a pas mal de chansons qui parlent de guerre, de bains de sang, et tous les trucs du genre… Mais il y a pas mal de choses différentes, Mark a essayé de marier ses idées avec des thèmes chers à la tradition Accept. Par exemple, « The Abyss » parle du monde sombrant en enfer, « No Shelter » parle des scandales boursiers à Wall Street, et j’en passe… pas mal de sujets collant à la vie de tous les jours également, les journaux nous inspirent assez bien disons.

Ju de Melon : Quelles ont été les principales inspirations qui ont permis la naissance de ces 12 titres ?

Wolf Hoffmann : Il n’y a pas vraiment de nouvelles inpirations pour te dire la vérité, c’est toujours un peu la même recette que nous employons avec Accept ! Nous sommes définitivement old school, aujourd’hui nous aimons les mêmes choses que nous aimions par le passé, des groupes comme Judas Priest, AC/DC ou Rainbow… Nous préférons rester fidèles à nos convictions, inutile d’aller chercher de nouvelles inspirations quand on a une histoire aussi forte que celle d’Accept avec notre identité et nos idées propres. C’est amusant car quand nous avons débuté le travail de l’album avec notre producteur Andy Sneap, nous avons réécouté de vieux morceaux et c’est ça qui nous a véritablement inspiré, lui y compris ! Ainsi nous nous sommes un peu projetés dans le passé et nous avons essayé de nous remémorer comment nous faisions pour sonner aussi bien et aussi « frais » à l’époque, afin de nous remettre dans l’ambiance pour « Blood of the Nations » !

Ju de Melon : Un mini EP 2 titres est sorti au printemps, avec les chansons « The Abyss » et « Teutonic Terror ». Qu’est-ce qui vous a guidé pour ce choix ?

Wolf Hoffmann : C’était un choix délibéré mais ça aurait très bien pu être deux autres chansons, il fallait avant tout qu’elles représentent bien l’album. Ces deux morceaux sont très « forts » pour moi… Par exemple « The Abyss » a deux styles de chant bien différents, Mark Tornillo se donne à fond dessus. Il a un style à la Udo bien évidemment mais il utilise également une voix assez claire, beaucoup ont d’ailleurs pensé qu’un autre chanteur venait l’épauler ou que Peter Baltes notre bassiste s’essayait au chant, mais il n’en est rien ! Nous avons donc choisi cette chanson pour montrer la variabilité du chant de Mark. Quant à « Teutonic Terror », je pense que c’est l’une de nos meilleures chansons jamais écrites, tout simplement. Nous avons senti qu’elle serait parfaite en single et en support vidéo…

Ju de Melon : Parlons justement de ce vidéo clip, comment s’est passé le tournage ?

Wolf Hoffmann : Franchement mec c’était incroyable, un grand moment ! Notre réalisateur David Blass a fait un boulot incroyable, nous lui avons donné des indications pour le décor et la situation… au final, il nous a produit un résultat au-delà même de nos espérances ! Nous voulions vraiment quelque chose de dur, très militaire et guerrier, et nous avons trouvé un endroit parfait à Los Angeles pour tourner cette vidéo de nuit. Nous avons vraiment adoré ce tournage !

Ju de Melon : La production est absolument irréprochable sur cet opus, Accept bénéficiant d’un gros son comme jamais ! Comment se sont passés l’enregistrement et le mixage ?

Wolf Hoffmann : Pour le coup, nous avons en effet utilisé tous les outils modernes que nous avions à notre disposition. Il est vrai qu’à la base nous voulions un enregistrement plutôt old school, à l’ancienne, mais très vite Andy nous a convaincu d’utiliser tous les moyens de production actuels. Et il a eu raison ! Tu sais, c’est quelqu’un qui travaille beaucoup avec des logiciels récents tels que Pro Tools, et en quelque sorte deux mondes différents ont fusionné entre lui et moi pour un résultat final à la fois old school et moderne. C’est la première fois qu’un album d’Accept a pu bénéficier de cette technologie, et c’était cool de travailler ainsi.

Ju de Melon : On remarque également que cet album est assez long et chargé, allant un peu contre la mode de ces albums heavy power de 40-50 minutes maximum… Etait-ce une volonté de faire durer cette galette plus d’une heure au final ?

Wolf Hoffmann : En fait, nous avons enregistré 14 chansons et non 12, on pourra d’ailleurs retrouver ces deux chansons sur différentes éditions limitées ou en bonus track. Et à la base nous souhaitions même que l’album approche les 80 minutes, nous ne voulions nous imposer aucune limite… Finalement, nous avons présenté 14 titres au label, et nous avons décidé d’en garder 2 en bonus. Quant aux chansons, elles sont plutôt longues car nous n’avons aucunement senti le besoin de les raccourcir à 4 minutes comme nous le faisions par le passé… Après, peut-être que nous ne serons pas diffusé en radio, mais tant pis ce n’est pas grave ! Puis on espère que les radios sauront aller outre cette mode du « au-delà de 4 minutes on ne diffuse pas », après tout si les fans aiment peu importe non ?

Ju de Melon : Sur La Grosse Radio, nous n’hésitons pas à diffuser de longs morceaux s’ils nous plaisent et plaisent aux fans…

Wolf Hoffmann : Et vous avez raison, c’est cool !

Wolf Accept

Ju de Melon : Mark Tornillo a donc remplacé Udo Dirkschneider au chant, comment a-t-il appréhendé cette nouvelle « mission » quelque peu délicate ?

Wolf Hoffmann : Tu sais, il est parfaitement conscient de cet héritage et de l’attente des fans. Mais en même temps c’est un excellent chanteur avec de l’expérience et beaucoup de confiance en lui. Il essaye avant tout de rester lui-même, il n’a aucune envie d’essayer d’imiter Udo. Bref, c’est loin d’être un clone comme les gens auraient pu s’y attendre, et il impressionne beaucoup depuis son arrivée dans le groupe, que ce soit en studio ou en live.

Ju de Melon : Première question difficile… Selon toi, quelle est la meilleure chanson de l’album, ou du moins celle que tu préfères ?

Wolf Hoffmann : Ah… Tout le monde me pose cette question et je suis à chaque fois incapable d’y répondre, c’est sûrement trop tôt pour moi. Nous ne les avons pas encore toutes jouées en concert donc il m’est difficile de dire laquelle je préfère, il faudra du temps. Bien sûr, « Teutonic Terror » et « The Abyss » que nous avons déjà faiets en live sont fantastiques, les fans aiment beaucoup, après j’adore aussi « No Shelter » par exemple.

Ju de Melon : Autre question plutôt ardue… Est-ce que cela t’arrive aujourd’hui de regretter le passé du groupe ? Es-tu nostalgique des « Metal Heart », « Russian Roulette » ou autres « Balls to the Wall » par exemple ?

Wolf Hoffmann : Pas forcément, je suis un homme plutôt tourné sur le présent et le futur à vrai dire. Je suis probablement la dernière personne sur Terre qui dirait que c’était mieux avant etc… Je ne suis pas de ceux qui ont une vision romantique du passé en disant que plus rien ne sera jamais aussi bien. Accept a toujours su progresser et revenir en force même après certaines périodes délicates, nous avons appris à chaque album ! Bien sûr on a eu notre gloire, mais je suis totalement concentré sur l’avenir du groupe.

Ju de Melon : Des dates et tournées sont en cours il me semble, vous deviez passer en France (à Paris) il y a quelques semaines mais le show a été annulé… Que s’est-il passé et quand est-ce que vous comptez revenir ?

Wolf Hoffmann : Oui, c’était vraiment pas de chance, nous devions vraiment sacrifier un show car nous étions un peu malades et nous avions énormément d’échéances incontournables à venir comme jouer en première partie d’AC/DC. Actuellement nous sommes aux Etats-Unis pour quelques semaines, ensuite nous irons au Japon, en Russie et nous reviendrons en Europe donc en France, c’est promis. Nous avons encore beaucoup à donner sur scène !

Ju de Melon : Plus généralement, peut-on dire que ce « Blood of the Nations » ouvre une nouvelle ère pour Accept et appelle d’autres albums dans l’avenir ?

Wolf Hoffmann : C’est clairement un nouveau chapitre oui, l’avenir s’annonce donc riche pour Accept ! On est déjà en train de parler entre nous du prochain album. Nous avons des plans sur le long terme, crois-moi !

Ju de Melon : Plus personnellement, as-tu gardé ton métier de photographe professionnel ou te consacres-tu à 100% au groupe désormais ?

Wolf Hoffmann : Je reste ouvert à tout, actuellement je continue la photographie même si j’ai pris quelques congès pour bien promouvoir l’album. Je vais essayer de combiner les deux le plus longtemps possible, même si la musique restera ma priorité première pour être honnête. J’adore la photo mais la musique encore plus !

Ju de Melon : Tu as sorti un album solo de reprises classiques en 2000, ce CD aura-t-il une suite un jour ?

Wolf Hoffmann : Une suite je ne sais pas mais il y a plein de choses que j’aimerais faire musicalement, je travaille sur pas mal de projets depuis quelques temps notamment avec des amis qui vivent en Italie. Un album était prévu et il aurait sûrement vu le jour cette année si nous n’étions pas revenus avec Accept… Du coup, c’est actuellement en suspens, mais qui sait dans un futur proche ?

Wolf Accept

Ju de Melon : Que penses-tu de la scène metal actuelle avec des groupes qui ont percé notamment grâce aux influences Accept ?

Wolf Hoffmann : Pour être honnête, je n’en ai aucune idée (rires) ! Je ne suis pas la bonne personne pour ce genre de questions, car je ne m’intéresse pas trop aux groupes actuels, à vrai dire je suis plus un compositeur dans l’âme qu’un vrai fan de musique même si je ne renie pas mes vieux classiques. Parfois je rencontre des gens intéressants en tournée, mais ça s’arrête là, je n’achète que peu de CD et je me concentre sur ma musique.

Ju de Melon : Quelques derniers mots pour les fans français d’Accept et les auditeurs de La Grosse Radio Metal ?

Wolf Hoffmann : Oui, nous voulons encore nous excuser pour ce show annulé à Paris et nous ferons tout pour revenir le plus vite possible en France dans un avenir que l’on espère proche. On adore la France et la France nous adore, c’est un endroit où les fans d’Accept sont nombreux ! Et on espère qu’ils apprécieront le nouvel album.

Ju de Melon : Merci beaucoup Wolf et bonne continuation pour la suite !

Wolf Hoffmann : C’était très sympa de converser avec toi, merci pour l’intérêt et à bientôt !

A noter que bientôt vous sera proposée la chronique de ce « Blood of the Nations », surveillez-donc le blog de La Grosse Radio Metal !

Accept sur La Grosse Radio Metal



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