Dagoba – Poseidon

2010 est décidément un bon cru pour le metal hexagonal : après l’excellent « Locust » de LYZANXIA, c’est au tour des marseillais de DAGOBA de sortir « Poseidon », le 30 août chez XIII bis Records, annoncé comme un retour aux sources. Car à l’instar des Angevins, le quatuor du sud a eu un peu de mal à concrétiser son début de carrière tonitruant. La première « démo » commercialisée impressionnait déjà tant le groupe avait du niveau et des idées, sans compter le packaging luxueux qui laissait entrevoir toute l’ambition de jeunes loups prêts à se donner les moyens de leurs ambitions. Le premier album n’était alors qu’une formalité remplie haut la main. Bien qu’encore très influencé par FEAR FACTORY, le combo y dévoilait une force de frappe impressionnante, jamais démentie depuis, sur album comme sur scène.

 

Mais des débuts aussi prometteurs rendent forcément exigeant. « What hell is about » laissait libre cours à des influences plus extrêmes. Bien qu’ayant personnellement quelques réticences sur la direction empruntée, il fallait reconnaître que le combo y a affirmé sa personnalité. « Face the Colossus », qui avait suivi, avait déstabilisé bon nombre d’auditeurs et déclenché des réactions assez tranchées, suite à une production jusqu’au boutiste. Blindé d’effets en tous genres, l’espace sonore était rempli jusqu’à la gueule, au risque d’écoeurer. Pas le cas du cru 2010, qui s’avère un mix habile des différentes périodes du combo. Un retour aux fondamentaux après avoir emmagasiné énormément d’expérience. Le résultat est parfaitement équilibré et ravira sans nul doute tous les aficionados et amateurs du genre. La recette n’a pas drastiquement évolué, entre rythmiques syncopées pachydermiques Cyber Death Metal genre Terminator est une pisseuse et éclairs mélodiques, mais à l’instar de leurs collègues précités, l’équilibre est cette fois très réussi.

 


Tout suspense ayant été tué dans l’œuf, il ne reste plus qu’à détailler un peu tout ça. « Poseidon » porte bien son nom puisque tous les titres ont un rapport avec l’océan. Ne comptez toutefois pas sur moi pour en parler davantage, la version promo de l’album ne contenant pas les paroles. Niveau musique en revanche, c’est du très lourd. Tirant parti de l’expérience acquise à la production, les marseillais ont cette fois pu utiliser leurs bidouillages sonores sans tomber dans l’excès. Le résultat : après une courte intro (43° 17’N / 5° 22’E, soit les coordonnées maritimes de leur ville d’origine), les hostilités démarrent fort avec « Dead Lion Reef », dont le son est tout simplement MASSIF ! Bien que brutale, cette compo comporte son lot de surprises et de respirations bienvenues. « Columnae » balance la purée sans concessions, tandis que « the Devil’s Triangle » est plus mélodique, un brin oppressante et extrême. Le batteur Franky est une fois de plus impressionnant, sans parler de ses petits camarades en rythmique, mais ce n’est plus une nouveauté.

 

Le travail de Shawter (chant) sur les samples et ambiances est à saluer. Ils enrichissent considérablement la trame sonore et renforcent l’impression de puissance qui se dégage de cette avalanche de riffs en béton armé, sans compter que le chanteur, s’il ne renonce pas à utiliser différents effets pour moduler sa voix, a cette fois eu la bonne idée de ne pas en abuser. « Degree Zero » et son gros refrain en voix claire nous renvoient aux meilleurs moments du premier album, largement enrichis par les années d’expérience en plus. C’est à un groupe sûr de lui et conquérant que l’on a à faire, désormais capable de naviguer entre plusieurs eaux, cyber-metal et metal extrême notamment, sans que l’on puisse ressentir un quelconque essoufflement. Le refrain de « Black Smokers » est un peu cliché mais pourquoi bouder son plaisir ? Il faut dire que quelques intermèdes ont été judicieusement placés et rendent la navigation plus fluide (le court mais excellent instrumental « The Horn Cape »).

 

 

En parlant d’équilibre, quoi de mieux que de conclure en beauté en écrasant la pédale d’accélération une dernière fois pour la route ? « I Sea Red », au rythme de bulldozer et réhaussé d’une sirène sur les refrains, est tout indiquée pour rapprocher l’auditeur de la fin de son voyage vers les profondeurs abyssales. Après être parti plein de courage, avoir découvert des merveilles indescriptibles, on peut dire que la dernière ligne droite n’est pas de tout repos (enfin tant qu’on se contente d’écouter…). « Waves of Doom », déflagration rageuse et glacée vient conclure les débats, pour s’achever sur des torrents de rythmiques cyber qui laissent la place aux vagues. Les marseillais ont toujours su tenir une scène, et font un grand pas en avant sur album. Non, il n’y a pas que GOJIRA en France, d’autres groupes continuent d’avancer dans la bonne direction. Et c’est cool.

 

Ma note : 8,5/10

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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