Devin Townsend Project – Z²

Ziltoid contre-attaque

Encore un album de Devin Townsend ? Et oui, ce n’est pas encore en 2014 que le génial Canadien va connaître le chômage. Moins de six mois après la sortie de Casualties of Cool (son projet country rock avec la chanteuse Ché Aimee Dorval), Hevy Devy nous propose une deuxième aventure spatiale avec. Suite attendue de Ziltoid The Omniscient (2007), cette nouvelle galette est bien garnie puisqu’elle compte deux CD distincts : la suite de Ziltoid et un nouvel album du Devin Townsend Project ! C’est presque une double chronique que nous vous proposons aujourd’hui.

Disque 1 : Sky Blue

Nouvel album de l’acclamé Devin Townsend Project (à qui l’ont doit déjà, depuis 2009, cinq autres CD, chacun dans un style différent, mais tout aussi bon l’un que l’autre), Sky Blue reprend à peu de choses près là ou Epicloud (2012), son prédécesseur, nous avait laissé et nous embarque à nouveau dans une montagne russe d’émotions. On retrouve donc ce mélange entre partie ultra heavy et passages ou titres plus calmes, presque rêveurs (et souvent mélancoliques), avec toujours ces mélodies parfois proches de la pop qui peuvent rester en tête un long moment. Des titres comme « Fallout », « Universal Flame » ou « Warrior » portent d’ailleurs fièrement cette ressemblance avec l’album précédent. Mais Sky Blue n’est pas qu’une copie d’Epicloud. Devin n’a pas oublié le début de sa carrière solo et nous rappelle au bon souvenir d’Ocean Machine : Biomech (1997) avec quelques morceaux portant la même ambiance que cet album (« Rain City » en tête).

Si l’on retrouve encore le même line-up que sur les précédents albums du DTP (l’apport du chant féminin de Anneke Van Giersbergen est toujours un atout de poids dans les compositions), Devin a cette fois fait appel à ses fans pour participer à l’Universal Choir. Bien qu’il faille attendre « Before We Die » (l’avant-dernier titre du CD) pour entendre cette chorale, c’est un petit clin d’œil sympa et une jolie façon de remercier ses fans !

Sky Blue est, au final, un album classique du Devin Townsend Project (ne vous méprenez pas, c’est un véritable gage de qualité !) avec un petit plus : une mélancolie semblant on ne peut plus honnête qui parcourt la plupart des compositions, Devin ayant d’ailleurs déclaré que les paroles tournent autour du thème de la perte d’êtres chers (famille ou amis).

Disque 2 : Dark Matter

Assez parlé de mélancolie et de mélodies pop, il est temps d’embarquer pour un voyage intersidéral et épique avec notre extra-terrestre amateur de café préféré : Ziltoid ! Si vous aviez aimé les premières aventures spatiales du personnage, les commentaires et dialogues hilarants et la musique épique qui l’accompagnait, vous ne serez pas déçu, car Dark Matter nous propose la même recette… et plus encore.

L’album met en scène Ziltoid dans une nouvelle aventure lors de laquelle il va cette fois être amené à protéger la terre d’une invasion menée par la War Princess (interprétée par Dominique Lenore Persi, chanteuse du groupe de rock expérimental Stolen Babies) et son armée de « poozers » ! Pour cela, l’extra-terrestre va faire équipe avec son ancien ennemi, le Captain Spectacular (cette fois interprété par Chris Jericho, chanteur de Fozzy et catcheur bien connu des fans de la WWE). Le récit est servi par une production irréprochable dans laquelle se mélangent musique (le Metal flirtant notamment avec des partitions de cordes), chant, dialogues, chorale (le retour de l’Universal Choir bien plus présent sur cet opus que sur Sky Blue), pets et rots ! La marque de fabrique de Devin Townsend en somme…

Dark Matter est véritablement un témoin du talent et de la vision de Devin : une comédie musicale Heavy Metal remplie de dialogues hilarants et à la musique complexe. Des chants habités de « War Princess », au rythme retentissant de « March of the Poozers » en passant par le riff propice au headbanging de « Deathray » et la vitesse de « Ziltoid Goes Home », Hevy Devy nous démontre toute l’étendue de son art et la maîtrise de ses compositions. Le récit évolue donc au fil des titres jusqu’à atteindre l’euphorie de « Dimension Z » et permet à cet album de se placer directement parmi les meilleurs concept-albums qui nous ait été donné d’entendre. Les dialogues ne viennent jamais se mettre en travers de la musique et le tout s’enchaîne sans effort avec une puissance et une grandiloquence encore jamais atteintes par Devin Townsend.

Au cours de sa carrière, le Canadien aura à de nombreuses reprises repoussé les frontières du Metal, remplaçant les clichés du genre par une musique pleine d’honnêteté, de sincérité et d’humour. Chaque album de explore donc cette palette musicale construite au fil des ans pour l’emmener à un niveau supérieur. Sky Blue est probablement l’œuvre la plus émotive et sincère jamais écrite par Devin tandis que Dark Matter est la comédie musicale la plus extravagante et absurde que vous pourriez entendre, dépassant de la tête et des épaules son génial prédécesseur sorti en 2007.

9/10

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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