Bloodbath – Grand Morbid Funeral

Funérailles pas si grandes

Six ans après leur précédent album, les Suédois de Bloodbath étaient attendus au tournant. Les maîtres du death old school d’aujourd’hui ont encore décidé de changer leur formule, en servant une mixture plus sombre et plus sale. Si cette volonté est tout à fait louable, le résultat est en demi-teinte à cause d’un album qui manque d’énergie et du chant de Nick Holmes qui manque de mordant par rapport à ses illustres prédécesseurs.

Les Suédois schizophrènes savent faire attendre leur public. Trop occupés avec leurs groupes respectifs et sans chanteur depuis 2012 après le départ de Mikael Akerfeldt, ils avaient laissé leurs fans sur la faim. Mais le réveil eut lieu en 2014, avec d’incessants teasings sur l’enregistrement du nouveau disque et l’annonce étonnante d’un nouveau chanteur : Nick Holmes.

Le frontman de Paradise Lost, groupe de heavy dépressif anglais, qui a connu des débuts doom/death (comme Katatonia, groupe de trois membres de Bloodbath), n’est pas réputé pour ses grandes performances vocales. Multipliant les couches en studio et pas toujours énergique en live, on pouvait s’interroger sur les performances vocales de Nick Holmes dans un groupe comme Bloodbath. Sa voix rappelle les débuts de Paradise Lost, quelque part entre les standards du death et du black, avec un cruel manque d’énergie.

Ce manque, aussi bizarre que cela puisse paraître, colle à l’ensemble. En effet, Bloodbath a volontairement ralenti le tempo pour faire parler ses influences plus sombres et inquiétantes. Les mid-tempos « Church of Vasistas » et « Grand Morbid Funeral » démontrent bien cette nouvelle direction artistique, plus basée sur les ambiances que sur la brutalité qui en avait réjouit plus d’un sur le très apprécié The Fathomless Mastery (2008).

Bloodbath n’est plus aussi dur qu’avant, mais l’inspiration n’est pas complètement partie pour autant. On retrouve toujours des incursions brutales dans des titres comme « Let the Stillborn Come to me » ou « Beyond Cremation », qui montre malheureusement qu’Old Nick ne suit pas tout à fait. Les riffs de Blakkheim et Sodomizer ont toujours du mordant, mais sont moins massifs et marquants que dans les précédentes œuvres du groupe.

Bloodbath

On retrouve surtout ce sens de la mélodie vicieuse qui est un des aspects typiques de Bloodbath, notamment sur le final de « Famine of God’s Word » ou « His Infernal Necropsy ». Les leads de Blakkheim restent délicieusement putréfiés et sont parfois aidés de quelques solos d’Eric Cutler (Autopsy). Côté rythmique, Jonas Renske et Axe sont toujours aussi carrés, bien qu’on les sente un peu brimés par ce manque de brutalité.

Si la volonté de renouveler son art pour rendre hommage aux premières heures du death metal est louable, Bloodbath se retrouve le culte entre deux chaises. Pas complètement brutal, ni complètement dans les ambiances, Bloodbath pêche et se retrouve rabaissé par un chanteur qui a bien du mal à dominer les compos les plus brutales, alors que l’invité Chris Reifert (Autopsy) fait des merveilles sur le morceau-titre.

Bloodbath, sans être mauvais, se retrouve en deçà des standards auxquels il nous avait habitués. Reste à voir ce que réserve la suite.

NOTE DE L'AUTEUR : 6 / 10



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