The Sword – Warp Riders

Décidément, le stoner semble être assez prolifique ces derniers-temps et, somme toute, excellent. Et particulièrement dans la zone Scandinave avec des formations telles Grand Magus, Sahg ou Spiritual Beggars qui livrèrent des opus très solides, presque capable de s'imposer en tant que pilier et se préparant déjà à une lutte pour le titre de la relève du stoner, rien que ça. Et bing, voici encore un nouveau venu mais américain cette fois-ci, The Sword qui débarque avec son troisième brûlot, répondant au patronyme de « Warp Riders », programmé pour la fin Août sur Kemado. Tenons-nous ici encore une révélation, une pointure, un leader...?

 

La conclusion est évidente, la réponse est non. Bien sûr, notre groupe en provenance d'outre-Atlantique possède des atouts dans sa manche et des compositions qui tiennent la route, telle l'entêtante « Tres Brujas » et son refrain catchy, ou encore la plus rock'n'roll « Lawless Lands », avec des petites influences soul et blues qui régaleront les fans du genre, ne serait-ce que pour sa guitare agréable à l'oreille. « Astrea's Dream » et sa guitare soudain plus rapide et enjouée permet à l'auditeur de passer un bon moment sur une piste intéressante, au refrain convaincant.

Malheureusement, le reste de l'album n'en sera pas toujours de même. Bien que notre formation ne soit ni plus ni moins originale que les trois précédentes citées, elle n'en possède pas toutes les qualités. A commencer par des pistes de remplissage qui viennent entacher le bilan global. Le plaisir de l'écoute se dissipera avec un titre éponyme tournant en rond et n'apportant pas grand chose d'intéressant. « Night City » commence bien mais tombe vite dans le plat et le fade, la saveur ne se retrouve pas ici, malgré de bonnes idées. D'ailleurs, le plus grand défaut de cette piste est sa ressemblance trop frappante avec Black Sabbath, où l'on se dit que finalement, The Sword a voulu remplir sa galette avec des titres trop vides d'inspiration.

Reproche que l'on peut faire à l'ensemble du brûlot, c'est qu'on en a très vite fait le tour et que l'attraction et le plaisir qui s'installait lors des premiers lancements de ce « Warp Riders » se dissipent bien vite, la faute à des morceaux creux, qui, et c'est dommage, ne retiendront pas l'attention de l'auditeur. « The Chronomancer II: Nemesis » n'est rien d'autre qu'un morceau de heavy hermétique et rébarbatif, malgré la technique remarquable des musiciens. Rien n'y fait, rien ne captive et le résultat est un réel coup d'épée dans l'eau. « (The Night the Sky Cried) Tears of Fire » a au moins le mérite de nous laisser terminer sur une note positive avec une piste bien mieux composée et où l'on ne reste pas insensible, notamment grâce à des lignes vocales réussies. Mais non exempt de tout reproches, on pourra reprocher au morceau des longueurs faisant retomber petit à petit le regain d'enthousiasme sans toutefois l'anéantir et laissera quand même une agréable impression. Le problème majeur de cette offrande restera donc toujours un manque de dynamisme, de conviction et de moment marquant. Dommage.

La production est typique du stoner, ambiance lourdes mais son clair avec instruments très distincts, audibles, sauf la pauvre batterie, parfois il vous faudra tendre l'oreille pour l'entendre.

 

Côté chant, J.D. Cronise tire son épingle du jeu par un timbre très agréable et se posant parfaitement sur les titres, capable de s'en sortir avec brio sur des pistes plus heavy ou au contraire avec un côté plus doom, voir blues ou soul. Seulement, dans la masse des chanteurs, il n'est pas celui qui nous frappera, tout simplement car ce-dernier souffre d'un manque de charisme et semble parfois trop vide. De plus, il ne possède rien de vraiment particulier, rendant son efficacité ainsi moindre face à un Grand Magus et la voix si transcendance de son frontman JB.

 

The Sword possède de bonnes idées mais ne s'en tire pas à bon compte, jouant sur un terrain déjà bien miné, sans pouvoir apporter quoi que ce soit au genre. Malgré la réussite de plusieurs pistes sur l'opus, le fait de posséder un vocaliste aux capacités qui ne sont plus à prouver et une production de qualité, le manque cruel d'une quelconque originalité et d'éléments prenants desserviront un album qui ne se voit être que moyen, sans plus. Mais certainement pas celui que l'on retiendra si on veut parler d'un album frappant de stoner en 2010. Peut-être qu'avec le prochain …


Note finale : 5/10

Myspace de The Sword

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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