Enslaved – Axioma Ethica Odini

Laissez-vous pénétrer, non pas en douceur mais avec violence, découvrez cette haine profonde qui pourfend vos entrailles et laissez-la jaillir en mille éclaboussures d'énergie, d'émotions, de folie... Lassez-vous emporter, non pas en silence mais avec vigueur, découvrez cette sombre noirceur allégée de moments oniriques rares mais sublimes et laissez-la enrober votre être. Laissez agir, laissez-vous faire, car Enslaved est de retour pour vous marquer à jamais.

Axioma Ethica Odini, 12ème album studio des norvégiens sorti chez Indie Recordings ce lundi 20 septembre 2010, ne va pas laisser indifférent et saura faire parler de lui. Une certitude gravée dans le mabre. Dans un pagan black metal progressif, extrême mais subtil, bourrin mais tout en mélodie, la légendaire formation de Haugesund vient frapper un grand coup là où Ihsahn pensait avoir laisser une trace unique en cette nouvelle décennie. Le tout dans un tout autre style cependant.

L'évolution personnelle d'Enslaved se fait ici naturellement, sans rupture, sans bouleverser les bases pré-établies, poussant la perfection à l'extrême et ne laissant rien au hasard. Suite logique d'un Vertebrae déjà très convaincant, Axioma Ethica Odini vient confirmer et enfoncer le clou afin d'inscrire un peu plus Enslaved parmi les légendes du genre - si besoin était. Petit warning cependant : l'harmonie globale et linéaire des 9 chansons composant cet opus pourrait bien laisser sans voix, fébrile, le moindre petit metalleux ayant voulu s'y risquer.

Car s'attaquer à du Enslaved peut relever de l'exploit si on ne s'y sent pas préparé. Plongés en apnée dans un méandre approchant l'heure de musique, vous ne pouvez sortir la tête de l'eau, et c'est à vous de tenir, d'insister, de repousser vos limites, si vous ne voulez point vous y noyer. Il est donc très simple de délaisser cette galette, la trouvant trop "trop", et ne plus s'y intéresser par la suite de peur d'y laisser son dernier souffle de vie. Et pourtant, au-delà de cette certaine complexité, de cette longueur parfois indigeste (et ce jusque dans la durée des morceaux puisqu'un seul descend en dessous des 6 minutes - interlude exclu), se cache un sombre bijou, écrin de mélancolie au-delà de toute rage incontrôlée.

Enslaved

Entre rage et mélancolie donc, ainsi s'inscrit ce brûlot débordant d'énergie dont une description fastidieuse s'avèrerait ici inutile et inextricable tant chacun DOIT se faire son opinion, son ressenti, sur une musique à la fois pure et griffée de colère. Ne pas abandonner, aller au bout et insister encore une fois, ceci sera la première marque d'une victoire que chacun des auditeurs saura obtenir pour la beauté et la gloire de la musique. D'une musique frôlant le splendide et l'authenticité rare.

Une fois cette dangereuse épreuve maîtrisée, vous jouirez des envolées magiques d'un "Ethica Odini" subtilement placé en ouverture, d'un "The Beacon" ne laissant aucune place aux fioritures, d'un "Giants" épique et endiablé, d'un "Singular" aux riffs inoubliables ou encore de la conclusion "Lightening", envoûtante et parfaitement à l'image du disque qui l'héberge en son sein. Grandiose.

Que peut-on regretter au final ? Le côté "élitiste" (volontaire ?) d'un album qui en laissera plus d'un, tous exténués, sur la berge du désespoir, à moitié noyés dans l'incroyable méandre proposé ? Sûrement. Une production qui aurait pu encore plus s'inscrire dans la profondeur ou la subtilité ? Peut-être, mais est-ce qu'on peut ici reprocher un choix artistique volontaire et cohérent ? Certainement pas. L'expression "trop de trop tue le trop" qui sied si bien à Nietzsche pourrait ici être usitée, mais peu importe les différents points de vue il faudra vite s'y faire : Enslaved a ici sorti une pépite qui marquera cette année 2010. Qu'on se le dise.

Note : 9/10


La Grosse Page de Enslaved

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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