Atrocity – After the Storm

Atrocity n’est pas vraiment un groupe de référence dans le milieu du death metal. Le combo d’Alexander Krull, compagnon de Liv Kristine, est surtout reconnu pour la qualité médiocre de ses albums et des vocaux assez horripilants. Alors forcément lorsque la formation annonce la venue de son nouvel album, « After the Storm » en Août 2010 sur Napalm Records, l’enthousiasme n’est pas vraiment au rendez-vous. Cependant, le maître à penser de la formation a décidé de faire preuve d’innovation et invite sa charmante sœur, Yasmine Krull, à pousser la chansonnette avec lui. Que cache la présence de cette demoiselle ? Aurions-nous le droit à un nouveau brûlot maladroit ? La réponse dans ces lignes.

 

La première chose qui frappe, c’est le virage à 180° amorcé par Krull et ses compères. Surtout, si vous voulez du bon gros death metal, alors cet opus ne sera pas une seconde vous combler. Non, pour savourer « After the Storm », il faut avoir une bonne dose d’ouverture d’esprit et savoir apprécier des mélodies plus folk. La nouvelle orientation surprendra, c’est sûr, les allemands se tournant maintenant vers un ethno-folk-metal, où le terme metal est justement assez éclipsé et faisant place à une musique qui aurait très bien pu être proposée également par une troupe comme Dead Can Dance, ou encore, rapprochement possible avec « Evocation I – The Arcane Dominion » des suisses d’Eluveitie. Les instruments traditionnels sont très présents, magnifiant les compositions et leur donnant un véritable charme, emmenant l’auditeur dans un voyage autour du monde. Avec le morceau éponyme, « After the Storm », grâce à la guitare acoustique et au tambourin, le combo d’Outre-Rhin nous emmène dans les terres du Moyen-Orient, où le duo vocal se pose en conteur, pour un résultat surprenant mais satisfaisant. L’ambiance apportée sur « Silvan Spirit » par les pipeaux, les flûtes et les guitares nous laisse avec aisance imaginer cette belle promenade dans une forêt enchanteresse où l’on rencontrerait les créatures des bois, une immersion à faire les yeux fermés, en se laissant bercer par la douce mélopée, un titre sublime, tout simplement. Et pour ceux qui auraient la peur au ventre d’avoir vu disparaître le metal, qui seraient choqués d’un tel revirement, pas de panique mes amis, il y en a toujours. Les riffs et le chant death n’ont pas été oubliés, comme sur « Black Mountain », subtil mélange de metal et de folk pure, le juste milieu entre les deux, pour un morceau au final réussi. « Transilvania » suit le même chemin mais malheureusement, il se fourvoie, car les parties plus folk et le chant féminin arrivent comme un cheveu sur la soupe, c’est indigeste et surtout, ça ne colle pas au titre. Une telle faute de goût de la part de notre formation teutonne, qui semble outrageusement plagier Eluveitie qui plus est, nous fera grincer des dents, attendant le passage à la piste suivante. Les deux instrumentales que sont « The Flight of Abbas Ibn Firnas » et « Eternal Nightside » sont très poétiques, accent folk un poil pagan toujours mis en avant. Des odes à la beauté où même le chant n’a pas besoin de faire son apparition pour nous communiquer moult émotions. « Goddess of Fortune and Sorrow », avec son violon mélancolique et accompagnant la piste d’un bout à l’autre, aurait pu être intéressante, mais des éléments tel le chant masculin viendront ruiner l’effort. De plus, le morceau laisse assez froid par rapport à de précédentes perles présente dans l’océan « After the Storm », ce qui est dommage au vu des idées très intéressantes, notamment les sonorités arabisantes. En résumé, des pistes très réussies en côtoient des bien plus fades.

La production est excellente et bien ficelée, les détails mis en valeurs, et l’auditeur comblé par un son aussi satisfaisant. Rien n’est trop en avant ou en arrière, un excellent point.

 

Vocalement, l’invitée d’honneur, Yasmin Krull, chante aux côtés de son frère, le frontman d’Atrocity, Alexander Krull, l’homme aux cheveux et à la barbe blonde étonnamment longue. La jeune femme, elle, possède un timbre de voix sublime, se rapprochant de Lisa Gerrard, sans en atteindre la pureté et la transcendance, certes, mais délivrant tout de même une irréprochable prestation, dotée de cet organe très maîtrisé. D’ailleurs, elle sait se faire mystique, posé, guide à travers les bois, l’allemande endosse de nombreux rôles, portera de nombreux masques tout au long de l’album, et s’en tirera toujours à merveille. Son frère en revanche arrive avec un chant clair faux et crispant, ce qui laissera un souvenir beaucoup moins ravissant.

 

En conclusion, ce « After the Storm » n’est pas prodigieux mais laisse un goût subtil en bouche, une expérience folk très plaisante et qui demandera cependant une certaine ouverture d’esprit. Les fans de metal pur et dur ne seront peut-être pas séduit, mais l’écoute est à tenter, ne serait-ce que pour le charme de la voix de Yasmin. Atrocity a su relever la tête, et propose cette année une offrande de qualité.


Note finale : 7,5/10

Myspace d’Atrocity

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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