AqME – Dévisager Dieu

L’ex-idole des jeunes de la génération Nü Metal française prouve que l’on peut avoir été  et continuer à faire carrière en sortant un sixième album qui a tout pour faire date. Gros  son, songwriting et textes soignés, influences digérées, énergie et feeling sont au  programme. Le tout servi sous un emballage esthétiquement réussi. Ce nouvel AqME est  une des agréables surprises de cette fin d’année.

Il y a des groupes que l’on attend pas ou que l’on a cessé d’attendre, ou alors pas de sitôt. On suit l’actualité et d’un coup on s’exclame : « Tiens c’est vrai, ils existent encore eux, la preuve  ils vont sortir un nouvel album. ». Ça a été un peu mon cas avec AqME alors que je m’apprêtais à écouter Dévisager Dieu, nouvelle production des franciliens sortie sur At(h)ome le 3 novembre, je ne les attendais pas vraiment.
En effet, sauf un EP Les Sentiers de l’Aube (sur lequel figurent les premiers enregistrements de Vincent Peigart-Mancini qui tient actuellement le micro du groupe) paru entre temps, nous n’avions plus eu vraiment de nouvelles d’AqME depuis 2012 et l’album Épithète,  Dominion, Épitaphe, dernier enregistrement avec l’ancien vocaliste du groupe Thomas Thirrion.

Ce précédent effort montrait le visage (pas celui de Dieu mais d’AqME, enfin bref) d’un groupe désirant durcir et moderniser sa couleur musicale pour un résultat plus ou moins convaincant selon les morceaux. AqME affirmait alors une volonté de s’éloigner de l’étiquette Nü Metal, après s’être essayé à un registre plus Rock/Stoner, pour se définir comme un vrai groupe de Metal mais il manquait le petit quelque chose pour convaincre pleinement cependant.

Et si le miracle venait de ce changement de chanteur ?
Car autant le dire, déjà Vincent a une voix, une vraie, pleine de hargne et de feeling. Et puis ce nouvel album donne l’impression que le groupe a pris le temps de soigner ses compositions et de peaufiner chaque détail.

On avait déjà eu un aperçu de ce changement début septembre lorsque le morceau « Enfants de Dieu » avait été mis en écoute sur la Toile. Autant le dire, ce titre est le meilleur de Dévisager Dieu, tout y est : Tempo rapide, chant hurlé, puissant, rageur ou mélodique, mélancolique aussi lors du break et un riff efficace. Qu’est-ce donc ? Du nouveau Neo Metal  ? Du Thrash-Death et ses amis ou du Metalcore ? Du Metal tout court oui, moderne et diablement bien ficelé.

Mais Dévisager Dieu réserve d’autres bonnes surprises comme « Avant le jour » (qui a fait l’objet d’un clip vidéo) qui commence sur un gros riff et un hurlement rageur avec toujours ce chant puissant de Vincent Peigart-Mancini alternant couplets agressifs et refrain mélodique très accrocheur. Sans oublier un solo de guitare et un break bien amenés.

« L’homme et le sablier » est aussi une franche réussite avec son riff bien trouvé, ce titre construit sur un crescendo alterne parfaitement rage salvatrice et mélancolie.
« Ce que nous sommes » lui débute sur un larsen suivi d’un riff costaud alternant une fois de plus chant hurlé et refrain mélancolique soigné, il se signale aussi par un break de basse bien groovy. Citons aussi « Entre louanges et regrets » mettant en avant la puissance vocale de Vincent qui introduit le morceau de façon presque a capela et représente très bien une fois de plus ce mélange rage/tristesse exprimée par la musique d’AqME avec un refrain mélodique bien ficelé une fois de plus.

« Pour le meilleur, le pire » qui débute sur des arpèges cotonneux avant une nouvelle explosion de colère possède un feeling un peu plus Rock’N Roll. Ce titre a tout les atouts pour devenir un tube (encore un refrain travaillé et accrocheur) mais est peut-être de construction un peu trop classique pour convaincre pleinement même s’il est loin d’être mauvais.

Dévisager Dieu comporte aussi une power ballad « Un appel » qui évite le piège de la mièvrerie cependant, le chant y est même poignant et plein de feeling.
On peut reprocher en revanche à « Au-delà de l’ombre » de rappeler le « vieux » AqME avec son refrain un peu facile mais le tout reste suffisamment heavy pour que ça passe.
Le nouvel album de la formation parisienne se conclue sur « Les abysses » un titre au mid tempo rampant coupé par un break de guitare bien amené, une bonne façon de refermer cette nouvelle offrande de l’ex-groupe pour « djeunes ».

Les autres points forts ? Une production en béton (enfin en acier car AqME fait dans le Metal) signée Etienne Sarthou, le batteur du groupe, et un mixage assuré par Magnus Lindberg (Cult Of Luna) en Suède.
Citons aussi des textes recherchés et une pochette vraiment réussie qui donne envie de se plonger pleinement dans Dévisager Dieu. On ne sait si ce dernier a écouté ce nouvel album, une chose est sure, s’il se sent dévisagé il ne risque pas d’attraper de l’acné pour autant en entendant AqME.

Liste des morceaux :

1. « Avant le jour »
2. « Enfants de Dieu »
3. « Au delà de l’ombre »
4. « Ce que nous sommes »
5. « Un appel »
6. « Entre louanges et regrets »
7. « L’homme et le sablier »
8. « Pour le meilleur, le pire »
9. « Les abysses »

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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