James LaBrie – Static Impulse

Est-il encore nécessaire de présenter James LaBrie, celui qui s'illustra par ses performances de vocaliste chez Dream Theater, la légende du metal prog ? Figurez-vous que le coquin a décidé de quitter sa formation pour se consacrer à sa carrière solo ! Vous ne me croyez pas ? Vous avez raison de ne pas le faire ! Cependant, et comme de nombreuses légendes (Tarja Turunen, Vince Neil, Rob Halford et bien d'autres), sieur LaBrie décide de continuer à nous offrir ses dons de chanteur sur CD, quelle générosité. C'est pour cela qu'InsideOut Music, en compagnie de votre canadien préféré, vous présentent en ce mois de Septembre 2010 « Static Impulse », second méfait solo du chanteur. Pourra-t-il se démarquer de sa formation ? Faire de l'ombre à ces-derniers ?

 

Ce brûlot est calibré en compositions évoluant entre prog, death melo et un brin d'heavy, mais avec un potentiel radiophonique poussé pour bon nombre de titres. Entendez par là riffs de guitares mémorisables sur un refrain tubesque et le chant de notre star placé bien en avant, le tout pour percuter dans votre esprit et la mélodie ainsi s'ancrer en vous, tel le bateau dans le port. J'en veux pour preuve « Euphoric », ou encore « I Tried », qui passeraient sans l'ombre d'un doute sur les ondes et pourraient créer leur petit effet. Attention, n'entendez pas forcément le terme mauvais s'accoupler avec celui de facilité. Certes, la recherche musicale aurait pu être plus de mise, mais l'esprit entêtant, le refrain avec sa petite touche de mélodie et de joie qui invite l'auditeur à lancer la piste une seconde fois, ce petit quelque chose que l'on aime tant, lui, n'a pas disparu, et tant mieux.

 

LaBrie a voulu insuffler la puissance, jouer la carte de la modernité et de l'agressivité grâce à quelques doses de melodeath par-ci par-là, en particulier avec les vocaux death du batteur Peter Wildoer. Ainsi, « One More Time » surprendra très certainement les fans de la première heure, non seulement ceux de Dream Theater, mais aussi les autres, par un couplet emballé et à la rythmique d'une rapidité assez proche de ce qu'un groupe made in Sweden pourrait offrir, le tout enrobé de ce chant death qui insuffle rage et force, et se paye une belle part du gâteau dans le morceau. Ce mordant interviendra avec plus ou moins de succès, la frontière avec le metalcore n'étant pas loin d'être franchie par endroits. De plus, ce côté tubesque étouffera quelques pistes qui se retrouveront noyées dans l'ensemble, car c'est bien beau de vouloir pondre des tubes à la pelle, mais le remplissage est si vite arrivé.

 

Ainsi, à être trop répétitif, voir lassant sur les bords, par endroits certains titres ne nous reviendront même pas en mémoire, ne possédant pas le même potentiel ni la même puissance que les autres. « Superstar » est ainsi liquidée par un manque de charisme évident et un refrain interchangeable et trop commun. Dommage. Malgré tout, quelques jolies petites perles de mélodies se frayeront un chemin jusqu'à se faire une petite place dans votre appréciation personnelle, et ainsi gagner vos faveurs, à l'instar de « Mislead » et « I Need You », de part leurs blast-beats fougueux, mais également par le côté prog un peu plus prononcé de ces dernières, la structure mélodique savamment étudiée fait bon ménage. L'ennui, c'est que même si globalement les parties instrumentales sont réussies, cet opus ne marquera pas tant les mémoires et la règle du vite écouté, vite oublié risque de s'appliquer bien vite à ce pauvre « Static Impulse ». Un manque de prise de risque et d'originalité feront naître un semblant de lassitude avec célérité, dommage.

 

Notons malgré tout une production nickel chrome, où chaque instrument est libre de son espace d'expression. Ainsi, la guitare peut livrer des riffs dantesques et la batterie s'emporter comme bon lui semble sans que tout cela ne nuise à la cohésion musicale instaurée du début à la fin, pour un plus grand moment de joie et d'intensité que même la reine Marie-Madeleine de Synesie Occidentale ne refuserait pas.

 

Vocalement, James LaBrie ne se révèle en revanche que peu convaincant. Malgré des capacités vocales prouvées depuis bien longtemps, notre chanteur vedette peine à emporter l'adhésion. Bon, ça oui, il l'est, mais le manque de variations de notre James se révèle pénible et peut agacer. Il est dommage de voir que ses capacités ne soient pas pleinement utilisées. Le chant death lui, s'il donne une dimension plus violente et offre son lot de vitalité, n'est pas exceptionnel, bien qu'employé d'une manière correcte, c'est déjà ça.

 

Un opus en demi-teinte pour James LaBrie. « Static Impulse » n'est ni l'album de l'année, ni celui du mois, mais livre un divertissement et un moment de plaisir tout à fait convenable. Malgré des défauts évidents, comme des titres oubliables ou un chant mal exploité, les bons éléments seront toujours présents et feront du bien à entendre. Un opus sympathique, sans plus.


 

Note finale : 6,5/10

Myspace de James LaBrie

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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