Blind Guardian à  L’Elysée Montmartre (28.09.2010)

Mardi 28 septembre 2010, un jour attendu comme rarement par les fans de Blind Guardian puisque marquant la date unique en France proposée par le groupe pour sa tournée At the Edge of Time. Quelques mois après la sortie de ce nouvel album chez Nuclear Blast, il est temps pour les vétérans allemands de retourner Paris et son célèbre Elysée Montmartre.

Sur les coups de 18h30, la foule est déjà nombreuse, impatiente et ammassée dans l’attente d’une ouverture repoussée par l’annulation du groupe Enforcer en première partie. Il restera Steelwing pour chauffer les fans et quelques vigiles pour enfin ouvrir les portes du bonheur sur les coups de 19h. Ou le début d’une soirée unique et riche en évènements…

– STEELWING –

Attente sereine pas loin des premiers rangs jusqu’à 19h34 et des poussières, horaire choisi par les jeunes suédois de Steelwing pour monter sur scène. Dès lors, la première impression que nous avaient donnée Steelwing sur leur premier album Lord of the Wasteland se vérifie ainsi sous nos yeux : il y a beaucoup d’Iron Maiden dans ce groupe ! Le chanteur adopte même quelques gimmick à la Bruce Dickinson, nous rappelant ce dernier époque cheveux longs de sa jeunesse… De bonnes influences donc, une énergie débordante et naturelle, des compositions qui font mouche en live mais au final bien peu d’intérêt de la part du public.

Heureusement celui-ci aura quelques moments de « réveil », entre la très bonne « Headhunter », quelques choeurs chantés sur « Sentinel Hill » et une bonne attitude participative sur la conclusion « Roadkill (…Or Be Killed) ». Un groupe à revoir dans le futur, avec une personnalité plus affirmée mais un talent on l’inspère intact !

Steelwing

Setlist :

– Enter the Wasteland
– Headhunter
– The Nightwatcher
– The Illusion
– Sentinel Hill
– Roadkill (…Or Be Killed)

*Interlude*

« Gwardian, Gwardian »… Comment ça « gwardian » ? Le public français, toujours aussi doué en anglais, a semble-t-il oublié que le « u » ne se prononçait pas dans ce mot si on le prenait dans son contexte anglophone… Maintenant, peut-être que fûmes-nous télétransportés en Espagne le temps de quelques minutes folles, allez savoir ! L’attente n’excèdera heureusement pas les 30 minutes, l’excitation montant en régime à chaque seconde au son des Black Sabbath ou Ozzy Osbourne proposés par la sono. Quelques « Valhalla… deliverence! » sont chantés ici et là, le sosie brésilien de Ronnie James Dio (en version jeune) palabre devant moi avec une ravissante jeune allemande et un français d’origine bulgare… on se serait cru en plein festival le temps de quelques secondes suspendues dans le temps. Peu importe désormais, les lumières s’éteignent, place au grand show…

– BLIND GUARDIAN –

20h36, Plus Belle la Vie vient de prendre fin et Blind Guardian pénètre lentement sur scène, un à un, du claviériste invité aux membres fondateurs du groupe en passant par l’ami Oliver Holzwarth à la basse et le désormais bien installé à son poste de batteur Frederik Ehmke. Mise en place sur les notes d’intro du nouvel album, démarrant ainsi le concert par un épique et remuant « Sacred Worlds »… Une belle mise en bouche grandeur nature avec un public qui s’échauffe lentement, entre rêve devenu réalité et extase.

Blind Guardian - Hansi

Alors oui, le nouvel album sera mis à l’honneur, mais pas tant que cela au final puisque seulement deux autres de ses titres seront proposés à l’assemblée. « A Voice in the Dark », évidemment, single bien trempé au speed fédérateur qui plaira un peu à tout le monde sans pour autant déchaîner l’hystérie… et, presque plus surprenant, « Wheel of Time » ou la conclusion « jumelle » de « Sacred Worlds » et son gros lot de samples symphoniques. Peut-être là le seul problème du concert, ces titres passant bien en live mais sans plus, ne récoltant pas tous les suffrages auprès des vieux habitués. Pourtant, la magie opère, mais on ne peut que désormais être rêveur à imaginer ces morceaux joués avec un orchestre… One day, maybe!

Le reste de la setlist naviguera habilement entre passé, années 90 et derniers opus du groupe. Il y en a eu pour tous les goûts, toutes les générations, chacun y trouvant son compte ou râlant quelque peu le temps de certaines annonces de chansons par Hansi. L’ambiance reprendra cependant vite le dessus et prouvera que le public français sait apprécier une telle légende à sa juste valeur, pour le plus grand plaisir de musiciens rayonnants et heureux d’être là.

Un public de connaisseurs, déchaîné, certes. Mais typiquement français et pas loin des poncifs de la stupidité. N’y voyez ici aucune marque d’élitisme, mais avouez quand même que trop de pogos tuent les pogos. Surtout sur une musique qui ne les justifient que bien peu. Je veux bien que l’on s’excite comme un damné au son d’un « Valhalla » ou d’un très charismatique et direct « Welcome to Dying », mais il y a certaines limites à ne pas franchir. « Mirror Mirror » ou « Traveler in Time » ont par exemple été quelque peu gâchés par une sur-excitation exagérée, il n’était pas bon de côtoyer la fosse lors de titres qui auraient mérité plus d’attention musicale.

Ce petit détail passé, la performance en elle-même d’un Blind Guardian des grands jours suffit à nous faire garder le sourire et la banane du début à la fin. Peu de problèmes de sons à relever, quelques guitares un peu en retrait à certains instants mais rien de rédhibitoire. Mais surtout, et c’est bien là la grande réussite du spectacle, un groupe ravi d’être là et au sourire communicatif. Même le très discret mais talenteux André Olbrich s’est laissé aller à quelques sourires de temps à autres…

Blind Guardian - André

La présence tranquille d’un Hansi Kürsch débonnaire mais en grande forme met ainsi tout le monde d’accord. Le frontman n’hésite pas à faire participer le public, à l’inviter même à chanter à sa place lors d’une mythique et magique « The Bard’s Song – In the Forest » à jamais gravée dans la mémoire collective… et sans pogo, cela va sans dire ! Sans oublier quelques petites blagues bien placées sur la paresse d’un Marcus Siepen à la décontraction avouée ou sur le poids des âges de son ventre légèrement enrobé. Ainsi, Hansi provoque l’hilarité générale quand il se prétend être Peter Pan avant de lancer la chanson « Fly » et nous amener au Neverland (le pays imaginaire, pas le domaine de feu Michael Jackson)… sauf que, dans un sens, il n’a pas tort : nous sommes tous plus ou moins ses enfants.

Blind Guardian - Marcus

De grands enfants ébahis devant un show pourtant rôdé et offrant au final que peu de surprise pour les habitués du groupe. On regrettera simplement l’absence de quelques classiques ou certains choix (beaucoup auraient préféré « Lord of the Rings » à « A Past and Future Secret », d’autres auraient aimé un « Mordred’s Song » plutôt qu’une conclusion sur « Imaginations from the Other Side ») ou bien un public quelque peu frileux sur la brillante « Nightfall » (et le commentaire douteux de certains : « Alors hein, il était pas si bien cet album finalement ! » … ou comment blasphémer sur le sacro-saint Nightfall in the Middle-Earth). Peu de bémol lorsqu’on se délecte avec recul de grands souvenirs tels que « Born in a Mourning Hall » (toujours aussi magistrale en live), l’imparable « Time Stands Still (At the Iron Hill) » et son refrain magique, ou même, et cela est plus surprenant, un « Punishment Divine » (seul extrait de A Night at the Opera proposé ce soir) qui gagne en explosivité dans ces conditions.

Rien à redire donc, un concert qui s’est vécu avec le coeur et les yeux, la voix en feu et une patate assurée. Les bardes sont venus, ont joué, ont régalé et sont repartis fiers de leur prestation. Il y a de quoi !

Setlist :

– Sacred Worlds
– Welcome to Dying
– Born in a Mourning Hall
– Nightfall
– Fly
– Time Stands Still (At the Iron Hill)
– Traveler in Time
– Valhalla
– A Past and Future secret
– This Will Never End
– A Voice in the Dark
– Mirror Mirror

Encore :
– Punishment Divine
– The Bard’s Song – In the Forest
– Wheel of Time
– Imaginations from the Other Side

Blind Guardian - Hansi

C’est donc avec une certaine tristesse que le tout prend fin aux alentours de 22h35 après deux heures de bonheur. On a du mal à partir, à quitter ces lieux devenus sains l’espace de quelques heures. A la lisière du temps, les étoiles s’amoncellent dans nos yeux alors que le public se disperse dans les rues de Paris, attendant peut-être qu’une voix dans l’obscurité ne viennent leur conter de nouvelles histoires…

A lire aussi :

* Chronique du nouvel album de Blind Guardian At the Edge of Time
* Interview avec le chanteur Hansi Kürsch réalisée en juin dernier
* Blind Guardian sur La Grosse Radio Metal

* Chronique du premier album de Steelwing Lord of the Wasteland
* Steelwing sur La Grosse Radio Metal



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