Sin7sinS – Purgatory Princess

Plaisir coupable

Les mélodies complexes ne me dérangent pas, de même que la brutalité musicale à l’excès. Mais entre ces exercices de style, quelques mélodies pop sont parfois bienvenues, histoire de m’aérer l’esprit. Après tout, on a tous nos petits plaisirs. C’est dans cette optique que j’ai entamé l’écoute de Purgatory Princess, le nouvel album de Sin7sinS, jeune groupe en provenance des Pays-Bas ayant fait un sans faute jusque là grâce à deux très bonnes sorties. Quand vous êtes dans un état d’esprit comme le mien, à la recherche d’efficacité, de mélodies immédiates et accrocheuses, alors vous frappez à la bonne porte.

Encore une fois, Sin7sinS fait appel à Dan Swanö, que ce soit pour le mixage ou le mastering. Le quatuor ne semble désormais plus pouvoir se passer du suédois, qui accomplit un très bon travail au niveau de la production. Constante chez le groupe, la musique sera mise en valeur grâce à un son parfait, idéal quand on officie dans un registre comme celui de nos chers néerlandais.

Ce paramètre n’est pas le seul à ne subir aucune modification. Le combo ne s’est pas mis au metal progressif du jour au lendemain en calquant ses plans sur Dream Theater. On continue dans la lignée toute tracée des précédents disques, avec des pistes aux accents industriels et aux tonalités popisantes. C’est calibré, c’est immédiat, ça ne va pas chercher bien loin question originalité mais ça fait un bien fou et s’enfiler Purgatory Princess pourrait se révéler être une purge si Sin7sinS n’était pas formé de musiciens talentueux qui savent composer des morceaux à la fois solides et entraînants.

J’ai toujours été dubitative devant nombre de ces groupes qui s’essayent à ce registre pop-metal en tombant dans la gueule du loup. C’est à dire calquer une structure et la décliner à l’infini. Ici, c’est un peu vrai et faux. C’est sûr qu’au niveau de la construction des morceaux, le quatuor ne cherche pas à passer pour des virtuoses, voyant ce disque comme un divertissement avant tout. Mais le combo prend la peine de soigner l’écriture des compositions, en ajoutant une spécificité à chacune : des grunts intervenants régulièrement afin d’apporter de la puissance, une voix claire masculine qui soutient à merveille le chant mutin et atypique de Lotus, des sonorités arabisantes sur  »Jerusalem », des nappes electro plus ou moins intenses au gré des pistes, et des tempos qui fluctuent en fonction des humeurs. Ce qui semble tout simple au premier abord est plus travaillé qu’il n’y paraît. Sans un minimum de soin et d’attention, on tombe rapidement dans la platitude et ce n’est pas le cas dans Purgatory Princess. Même la ballade  »Bittersweet Dreams » est agréable, tant la prestation de la chanteuse est superbe malgré une instrumentation dépouillée.

A force d’aligner les compliments, vous allez penser à un album parfait. Et ce n’est pas encore le cas. D’ailleurs, cette notion de perfection ne sera jamais de ce monde, mais je ne suis pas là pour ouvrir un débat quelconque. Affirmons néanmoins que  »Say What You Want » en est très loin. Morceau sans grand intérêt, loin d’être sauvé par son refrain manquant cruellement d’ampleur, ce raté en milieu de parcours ne sera pas le seul. L’autre titre manquant d’éclat, c’est  »Different Place Different Stage », loin d’être transcendant pour les mêmes raisons. Les compositions sont en concurrences les unes avec les autres dans une galette comme celle-ci, ni plus ni moins. Sin7sinS a plus d’arguments à proposer sur  »Heart of Stitches »,  »Stronger »,  »No Tears Left » ou  »The Illusion of Control » que sur  »Say What You Want » et  »Different Place Different Stage ». Des lignes de chant entêtantes, une fraîcheur et une spontanéité qui mettent en joie, des refrains solides, par exemple. Le mécanisme se comprend sans difficultés.

Sin7sinS

Il est possible de disserter encore des heures mais concluons dès à présent. En dressant un récapitulatif, le constat est très bon pour Sin7sinS : la plupart des titres sont accrocheurs et s’écoutent avec plaisir, la voix de Lotus est toujours aussi bien employée, les bonnes idées ne manquent pas, le rendu est propre, cohérent, travaillé et diversifié … on comprend donc sans mal que Purgatory Princess est une œuvre sympathique pour quiconque recherche un divertissement pop-metal aux accents industriels. Ce genre de disque qu’on aime écouter en cachette, sans le crier sur tous les toits bien sûr. Mais quel plaisir !

La Folle Fougère

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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