Sabaton + Alestorm à  Paris (09.10.2010)

C’est samedi, c’est jour de Sabaton dans le 11ème arrondissement de Paris. Le Nouveau Casino, petite salle sympathique ayant accueilli le show de Watain une semaine auparavant, se pare cette fois-ci de ses atouts guerriers et pirates pour une soirée heavy pur jus. Car si Sabaton est la tête d’affiche de ce concert, bon nombre de jeunes gens semblent être avant tout venus pour les écossais de Alestorm, formation plutôt populaire parmi les amateurs de houblon…

D’ailleurs, une véritable tempête de bière semble s’être abattue sur quelques fans alors que je débarque, rincé par les embouteillages parisiens, peu avant l’ouverture des portes vers 18h30. Certains s’accrochent aux arbres, d’autres déambulent aléatoirement en sortant du bar adjacent, Jolly Roger et bandanas en évidence… Mais voyons, est-ce bien Sabaton en tête d’affiche ?

Sabaton

Sur place, les fans les plus hardcore du combo suédois sont déjà aux avants postes de la file d’attente. Il y a là par exemple le grec Aris, fan n°1 du groupe, ou une jeune fille de 15 ans pour qui c’est le premier concert metal et dont Joakim Brodén est le héros.

Le groupe Thaurorod, prévu en apéritif, ne sera pas là. Leur chanteur étant malade. Dommage, leur premier album Upon Haunted Battlefields sorti il y a peu est plutôt convaincant, il aurait été intéressant de juger cela en live. C’est donc avec un peu de retard sur l’horaire prévu que le peuple metalleux s’engouffre dans un Nouveau Casino déjà très chaud, sans climatisation, où échanges de divers breuvages commencent à se faire dans la bonhommie la plus générale.

– ALESTORM –

19h20, après quelques minutes d’attente à palabrer sur divers sujets avec les amis Flo, Laeti, Nico et Adrien (quoi, comment ça vous vous en fichez ?), le show des écossais débute. La chaleur s’avère déjà insoutenable mais la setlist du combo pirate metal s’écoulera paisiblement telle une rasade de bière le long d’une gorge assoiffée.

Alestorm ne sera cependant pas épargné par quelques légers problèmes de son, sans oublier un Dani Evans à la guitare légèrement limité par une douleur vive à l’épaule et un Christopher Bowes, chanteur-claviériste, quelque peu entamé et yahourtant certaines de ses paroles. « Are you drunk yet? » nous demanda-t-il … what about you, Chris? 🙂

Alestorm

Ce ne sont cependant pas ces détails qui empêchera le public d’en avoir pour son argent, aucune des meilleures chansons du groupe ne sera ainsi oubliée (si ce n’est peut-être « Leviathan ») : du premier tube « Heavy Metal Pirates » (sorti à l’époque en démo alors que le groupe s’appelait encore Battleheart) à la reprise « Wolves of the Sea » (d’un groupe déjanté ayant participé à l’Eurovision) en passant par les fédérateurs « Over the Seas » ou « Black Sails at Midnight ».

La formation nord-britannique n’oubliera pas non plus de varier au mieux possible son set, avec la semi ballade « Nancy the Tavern Wench » pour « rafraîchir » une atmosphère devenu vite irrespirable, la quasi extrême « Captain’s Morgan’s Revenge » et son blast black en intro ou, cadeau inattendu, une nouvelle chanson écrite pour le prochain album et au titre évocateur : « Rum ». Santé !

Très vite, la prestation d’Alestorm s’est vue affublée d’un running gag à la fois lassant et amusant, les fans demandant à corps et à cri le tube du groupe « Keelhauled » (ou plutôt « kilolède », prononcé à la française). Jusqu’au bout, Chris s’en est amusé, récupérant au passage un petit nounours pirate pour ainsi s’essayer à la ventriloquie, et repoussant le moment tant attendu au final du show. Explosif, comme vous pouvez l’imaginer.

Alestorm

Public ravi et très remuant, aucune surprise de ce côté là. Quelques pogos, mais cela aurait pu être bien pire… même si certains feraient peut-être même mieux de réfléchir avant de lancer un tel rituel lors d’un solo de synthé, quand bien même celui-ci serait joué une canette de bière au gosier (ou directement sur le clavier).

Il est 20h20, Alestorm peut ainsi se retirer, heureux d’avoir conquis son public, il est désormais temps d’enlever le drapeau de Guam posé sur la batterie et de laisser place aux stars de la soirée…

Setlist :

– Heavy Metal Pirates
– Wenches & Mead
– That Famous Ol’ Spiced
– Wolves of the Sea
– Nancy the Tavern Wench
– Rum
– Over the Seas
– No Quarter
– The Quest
– Black Sails at Midnight
– The Huntmaster
– Captain Morgan’s Revenge
– Keelhauled

– SABATON –

Des stars que nous n’attendons que peu de temps sous fond (entre autres) de Freedom Call, « Land of Light » résonnant ici par surprise… Quasi prémonition d’une intro de concert un peu surprenante : les lumières laissant place à « The Final Countdown » de Europe, très bon moyen de chauffer une foule qui peut ainsi entonner cet hymne jusqu’au moment où le groupe fait enfin son entrée.

Sabaton

Daniel Mÿhr, claviériste du vieux « Roland » posé en fond de scène, fait ainsi le premier son apparition suivi de ses 5 compères tous le sourire aux lèvres. Ce n’est qu’à la fin de l’intro « The March to War » que le chanteur Joakim Brodén s’avance, heureux et déjà fier que la salle soit aussi bondée, pour lancer « Ghost Division » : Le morceau punchy par excellence qui dynamise la foule en un clin d’oeil. Le début d’un show de près de deux heures (un peu moins) où le public va absolument se donner à fond, parfois trop…

Pär, Joakim, Oskar, les deux Daniel et Rikard n’avaient certainement jamais vu cela : un record de slams sera battu lors de cette prestation guerrière ! Si j’avais su, je me serais amusé à les compter, mais c’est probablement environ 50 « crowdsurfing » (voire plus) que le gars de la sécurité du groupe a dû venir récupérer sur scène. Car oui, le Nouveau Casino étant une salle assez petite, il n’y avait aucun espace entre la barrière et la scène. C’est donc en compagnie du groupe que chacun et chacune se retrouvait une fois le slam terminé : de quoi en motiver un grand nombre. Mention spéciale à la miss ci-dessous qui, avec 8 slams et un bisou sur la bouche du chanteur, a visiblement rendu sa soirée inoubliable…

Sabaton

Petite interrogation cependant, est-ce que tout ceci est bien sérieux ? Au bout de quelques slams, la situation devenait vite plus ridicule qu’autre chose, bien qu’à certains moments Joakim lui-même devait aider certains slammeurs en perdition entre la foule et la scène. Quant aux pogos, bien que nombreux, ils se sont du coup fait vite oubliés, les spectateurs français se trouvant ici une nouvelle mode soudaine…

Revenons-en au show qui, quant à lui, s’est avéré carré, professionnel, dynamique, envoûtant et captivant. Les suédois de Sabaton n’ont pas manqué leurs grands débuts en tant que tête d’affiche sur le sol français, alternant puissance et émotion devant des fans répondant à l’unisson par une très bonne connaissance globale des paroles.

Chaque album s’est retrouvé ici plutôt bien représenté, The Art of War remportant une nouvelle fois la palme – chacun de ses morceaux interprétés générant une folie palpable (de « Ghost Division » à « 40:1 » sans oublier l’éponyme « The Art of War ») ainsi qu’une grande bouffée de sentiments forts (« Cliffs of Gallipoli » et la merveilleuse « The Price of a Mile »). Magique.

Quelques surprises sont également venues émailler la setlist, avec l’inattendue « Wolfpack » (remplaçant ici l’inédite « Swedish Pagans » jouées sur les précédentes dates) et une conclusion surprise car imprévue et rajoutée in extremis pour remercier la foule en délire : « Panzer Battalion ». Si la première n’est pas forcément super bien passée auprès des fans, la conclusion du show sur un morceau assez peu joué récemment a rajouté du piment à l’excitation générale…

Le dernier album du groupe (Coat of Arms) a bien sûr été largement honoré et mis en avant, à raison car ses morceaux passent encore mieux en live que sur CD. L’éponyme rallie la cause des metalleux sur son refrain rendant hommage au film 300, « Uprising » joue son rôle de tube facile alors que « Saboteurs » surprend grandement et reste ainsi en tête de longues heures après le show. Si le choix de « Aces in Exile » peut être discuté (un « Screaming Eagles » ou « Midway » serait peut-être mieux passé), que dire de cette option courageuse de jouer la très poignante et controversée « The Final Solution » (avec son sujet délicat de l’extermination des juifs par les nazis) ? Que de frissons là encore… Une chape de plomb a enrobé ce monstre d’hymne tragique, une émotion s’est faite sentir dans le chant d’un public au final plutôt respectueux – aucun slam n’étant tenté durant son interprétation. Si Joakim avait pourtant pris un maximum de gant en préambule, certains comme l’ami François de Rock Hard (grand maître ès Sabaton) regretteront un tempo un peu trop enjoué pour une chanson qui aurait pu, il est vrai, jouir d’une interprétation plus minimaliste…

Sabaton

Passé ce grand moment tant attendu, on ne peut que souligner la clarté d’un son très propre, bien meilleur que durant Alestorm il faut l’avouer. Ainsi, les morceaux dynamiques que sont la très Wishmasterienne « Attero Dominatus » ou la vigoureuse « Hellrider » n’ont subit aucune distortion mal placée et ne sont pas ressorties à l’aspect brouillon. Quand au premier grand tube du groupe, « Primo Victoria », il n’a évidemment pas été oublié, suivi du fameux « Metal Medley » (et son hommage aux grands noms du metal en deux compositions bien pensées) pour la plus grande joie de tous.

Que de joie pour tous oui, pour nous mais aussi pour le groupe. Heureux, très heureux, cela se lisait dans le regard et le sourire de chacun des membres. Pär Sundström se verra ainsi décerner le titre du « happiest bass player ever », même le très pragmatique guitariste Oskar Montelius se laissera aller à quelques sourires de temps à autres. La grande complicité unissant chacun d’entre eux ne fait ici aucun doute, les petites blagues déjà vues au Hellfest se sont vues ici répétées avec encore plus de spontanéité, notamment entre le facétieux Joakim (et son soutien gorge récupéré on ne sait où) et l’autre gratteux Rikard Sundén. Par ailleurs, ce même Joakim, toujours aussi déchaîné lorsqu’il s’agit de déconner, récupèrera le nounours pirate de tantôt avant de commenter la petitesse de son sexe (à vérifier… ou pas) tout en laissant apparaître un caleçon bleu derrière son treillis déchiré… rien que ça ! Une chose est sûre : Sabaton n’oubliera pas ce show parisien et nous non plus.

Setlist :

(The Final Countdown de Europe en prélude)

– The March to War (Intro)
– Ghost Division
– Uprising
– Aces in Exile
– Hellrider
– Cliffs of Gallipoli
– 40:1
– The Final Solution
– Attero Dominatus
– Wolfpack
– Saboteurs
– The Price of a Mile
– Coat of Arms

– The Art of War
– Primo Victoria
– Metal Medley (Metal Machine + Metal Crüe)

– Panzer Battalion

Sabaton

Vers 22h30, tout se termine, et c’est dégoûlinant de transpiration que nous nous dirigeons vers la sortie afin de discuter avec les membres des deux groupes mais aussi quelques fans, dont les jeunes frangins Paul et Julien visiblement comblés d’avoir enfin pu voir leurs héros pirates en action. Quant aux autres, c’est à moitié éméchés ou tout simplement émerveillés qu’ils se disperssent dans les rues parisiennes, en quête de repos ou d’ultimes réconforts sous diverses formes…

Chronique de l’album Coat of Arms de Sabaton, sorti cette année chez Nuclear Blast

Sabaton sur La Grosse Radio
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