Nigel Glockler, batteur de Saxon

« Dans la musique, tu dois aimer ce que tu fais »
 

Juste avant de monter sur scène avec Saxon au Bataclan, Nigel Glockler, batteur du groupe, a accordé quelques minutes à La Grosse Radio pour évoquer la tournée qui est en cours, ses impressions sur Skid Row, sur la tournée avec Motörhead qui a été annulée deux fois et ce que Saxon nous réserve à l’avenir, le tout dans une ambiance joviale et sincère.

Bonsoir Nigel et merci de nous accorder cette interview. Saxon est actuellement sur la tournée Warriors of the Road, qui met en avant Wheels of Steel, Strong Arm of the Law et Denim and Leather. Pourquoi avoir choisi ces trois albums à mettre en avant ?

Les promoteurs ont pensé que c’était une bonne idée de mettre ces albums en avant et on s’est dit « pourquoi pas ? ». C’est aussi l’occasion de ne pas jouer que les hits de ces disques, mais aussi certaines autres chansons qu’on n’a pas jouées depuis un moment. On en joue d’autres aussi, notamment ce soir avec « Frozen Rainbow », elle est bien avec tous ces breaks à la batterie, ça fait des années qu’on ne l’a pas jouée !

Tu n’as pas enregistré ces albums avec Saxon, mais représentent-ils quelque chose pour toi ?

Oui, j’ai acheté Wheels of Steel et Strong Arm of the Law quand ils sont sortis. Je n’ai pas joué sur Denim and Leather, mais j’ai fait la tournée. Il m’est arrivé un truc débile d’ailleurs, j’avais acheté des places pour les voir dans la ville où j’habitais et je me suis retrouvé à jouer à ce concert ! [rires]

Avais-tu réussi à revendre tes places ?

Non ! [rires] C’était dingue, je n’avais que deux jours pour apprendre tout le set. Mais j’ai quand même réussi à m’en sortir, je n’ai fait qu’une erreur, mais je pense que personne ne l’a remarquée, donc ça va ! [rires]

On ne l’entend pas sur l’album live de cette tournée, The Eagle has Landed.

Non, ce live est sorti plus tard. Je me souviens d’eux qui me disent « dans une semaine ou deux, on enregistre un album live » et je n’en revenais pas, la pression est montée d’un coup, mais tout s’est bien passé au final.

Cela fait longtemps que vous n’avez pas fait autant de dates en France, qu’en penses-tu ?

C’est vrai ça. J’en suis très content, j’adore cette salle, le Bataclan, celle de Lyon, le Transbordeur, est très sympa aussi.

Comment ça se passe avec Skid Row ?

Ils sont cools, on rigole tout le temps ensemble, on arrête pas de se charrier entre nous. Je suis aussi très content de voir qu’ils plaisent au public aussi, c’est tout ce que tu souhaites à un groupe qui fait ta première partie, plutôt que de voir les gens aller se prendre un verre au bar. Ils chauffent bien la foule, du coup ça nous arrange. Il faut dire que ce sont des gars supers et qu’ils ont de bonnes chansons.

Pas trop déçu des deux annulations de la tournée avec Motörhead ?

C’était difficile, notamment la seconde fois. Tu te mets en tête que tu vas tourner, tu te prépares mentalement, on avait déjà commencé à discuter de la setlist et 10 jours avant que ça commence, ça y est, c’est encore annulé. On m’a demandé si on pouvait tourner sans Motörhead à ce moment-là, mais 10 jours, ce n’est pas assez pour le booking et communiquer dessus. On a pensé à garder certaines dates et prendre quelques autres groupes pour jouer avec nous. Certains promoteurs étaient pour, d’autres non, du coup on a tout annulé. Mais bon, maintenant, on est là, donc on s’en fout ! [rires]

Et le public a pu voir Motörhead la semaine dernière [18 novembre], du coup tout le monde est content.

Oui, Motörhead nous suivait aussi en Allemagne, Phil [Campbell, guitariste] et Mikkey [Dee, batteur] nous ont passé le bonjour à Hambourg, c’était sympa. Mikkey est d’ailleurs monté sur scène pour chanter « 747 (Strangers in the Night) » et Biff a dit a dit que c’était la pire prestation au chant qu’il avait jamais entendue ! [rires]

Cette tournée est aussi votre première en France en tête d’affiche depuis la sortie de l’album Sacrifice. Quels retours as-tu eu concernant ce disque ?

Les retours ont été très positifs. Je sais que les groupes ont tendance à tous dire que leur dernier album en date est fantastique mais, sans exagérer, nous sommes très contents des retours. Les fans l’adorent et nous en sommes très fiers, donc on ne va pas se plaindre.

Nigel Glockler

Avez-vous un autre album dans les cartons ?

Nous avons déjà bien commencé à écrire et nous entrerons en studio autour de février/mars pour commencer à l’enregistrer. Du coup, si tout se passe bien, on espère le sortir vers septembre 2015.

Vu que vous mettez Wheels of Steel, Strong Arm of the Law et Denim and Leather en avant, avez-vous l’intention d’enregistrer cet album dans le même esprit ?

On compose du Saxon, rien que du Saxon. On écrit ce qu’on aime jouer. On ne va pas faire se mettre à faire de la fusion ! J’adore ça, mais ce sera quand même du Saxon classique. Je ne peux encore rien dire sur le contenu et le titre, parce qu’on n’est pas sûrs à 100 % de la direction. Dans le passé, on a évoqué à l’avance certains éléments de contenu avant de partir sur quelque chose de complètement différent, du coup, wait & see.

Il y a peu, vous avez sorti une compilation, Unplugged & Strung Up, où vous exploriez pour la première fois des éléments orchestraux. Comptez-vous creuser ça à l’avenir ?

On a fait notre concert au Wacken cette année [avec quatre violons et des percussions orchestrales]. C’était excellent et on s’est bien amusé à mettre des éléments symphoniques dans nos chansons, mais on ne va pas faire ça tout le temps parce que c’est ennuyeux à la longue pour le public. Si tu le fais occasionnellement, ça fait une occasion, mais si tu continues, ce n’est plus si spécial. On risque tout de même d’amener ce set dans d’autres festivals l’année prochaine. Dans cette compilation dont tu parles, on s’était bien amusés à réenregistrer des titres en acoustique, certains sur lesquels je ne jouais pas sur album. On avait déjà aussi commencé à mettre des éléments symphoniques sur la version alternative de la chanson « Call to Arms ». On verra ce que ça donnera sur le prochain disque. Normalement, c’est la chanson qui te dit « il me faut des éléments symphoniques ! ». Il faut répondre aux besoins de la chanson, pour que ça reste spontané. Mais rien n’est prévu pour l’instant.

Tu as passé plus de 25 ans en tout dans Saxon. Est-ce que ça a changé ton approche de la batterie ?

Je me suis échappé deux fois ! [rires] Je pense que je joue mieux maintenant et certains sont d’accord avec moi. Avant ma seconde pause, avant que je revienne pour A Night out with the Boys, la batterie me paraissait être de plus en plus un travail, mais je les aime à nouveau et j’explore de nouvelles choses. Ce break m’a aidé à apprécier ce que je faisais à nouveau. J’ai lu que Neil Peart de Rush avait aussi fait un break et il est revenu et je suis sûr qu’il ressent la même chose. Dans la musique, tu dois aimer ce que tu fais. Tu dois travailler dur pour écrire des chansons et bien les jouer, mais si tu n’aimes pas ça, c’est inutile, et les gens s’en rendent compte.

Photo : © 2014 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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