Insomnium (+ Fleshgod Apocalypse et Stam1na) à  Cologne (16.11.2014)

Profitant d’un succès grandissant et de la sortie d’un nouvel album, Shadows of the Dying Sun, les Finlandais d’Insomnium ont parcourus les routes européennes afin d’en faire la promotion sur scène. Pour accompagner le quatuor, deux formations bien singulières ont assurées la première partie du groupe : Fleshgod Apocalypse, dont le death metal soulève l’enthousiasme depuis quelques années et Stam1na, à la musique bien particulière et chantée exclusivement en langue finnoise.

Stam1na
 

La soirée démarre avec les joyeux drilles de Stam1na, quatuor (+ un claviériste live) nordique qui se lance dans un metal au style inclassable. Empruntant aussi bien au thrash qu’au djent, au hardcore ou au metal progressif, le combo a lui aussi un nouvel album à défendre, SLK, dont une partie des pistes seront présentées ce soir. La mixture bien singulière est relevée de paroles en finnois, et d’une attitude scénique enthousiaste. Le groupe, communicatif, tente tant bien que mal de faire adhérer à sa musique un public relativement calme, ne répondant aux sollicitations que par quelques applaudissements polis.

Stam1na

Avouons-le, difficile de rentrer dans les compositions délivrées par les musiciens sans écoute préalable de leurs efforts studios. Les titres sont efficaces et semblent adroitement écrits mais ceux-ci peinent tout de même à soulever les foules. Le chant d’Hyrde est à l’avenant, brut et puissant mais lassant sur la longueur car assez peu varié. Néanmoins l’ensemble tient la route aisément, et donne envie d’en découvrir davantage. D’autant plus que, dernier show de la tournée oblige, les autres musiciens ont réservés quelques surprises à la foule en se mêlant au show, chantant ainsi aux côtés des Finlandais sur l’une des pistes.

Stam1na

Les trente minutes allouées à Stam1na sont utilisées correctement mais ne laisseront pas non plus un souvenir impérissable. Gageons que pour les fans du groupe, le set sera passé relativement vite mais les néophytes auront eu plus de difficultés à rentrer dans leur univers bien à eux. Moralité : discographie à réviser avant de revoir le combo.


Fleshgod Apocalypse
 

Le show suivant est assuré par les Italiens de Fleshgod Apocalypse, qui évoluent dans un registre très différent. Grandes orchestrations pompeuses, introduction aux allures de péplum, tenues macabres, maquillage et présence d’une soprano masquée afin de soutenir le chant principal et d’offrir quelques chœurs pour octroyer une dimension majestueuse. Pas de doute, le groupe cherche à donner à son concert une allure de théâtre, offrant ainsi aux compositions un visuel approprié.

Fleshgod Apocalypse

En effet, death metal oblige, le combo joue très rapidement et emporte immédiatement les personnes présentes ce soir dans la fougue des titres interprétés. Le set est carré, les musiciens professionnels, la maîtrise scénique semble acquise depuis bien longtemps par les transalpins qui joueront ce soir une setlist alternant entre des pièces tirées des deux derniers efforts en date, Agony et Labyrinth. La spécificité du groupe se situe également dans les nombreuses orchestrations ponctuant les morceaux, et la présence d’un pianiste qui fait le travail correctement, bien que celui-ci ne soit pas toujours très audible. Le son est correct, tout comme pour Stam1na, ce qui permet entre autre d’apprécier les performances vocales diverses, entre un chant extrême maîtrisé et convaincant et une voix claire haut-perchée beaucoup moins appréciable.

Fleshgod Apocalypse

La complicité entre les musiciens de tournée sera également soulignée par la présence sur scène des membres de Stam1na, déguisés pour l’occasion, mais également d’Insomnium, qui, en plus de faire les pitres et d’amuser la galerie, chanteront sur l’un des titres. De quoi égayer un peu la soirée. S’il est possible de relever un défaut au concert de ce soir, ce sera l’aspect brouillon de certains extraits du dernier opus en date Labyrinth, qui semble moins abouti que son prédécesseur, et cette impression se confirme en concert. Au-delà de ce point négatif, la prestation scénique de Fleshgod Apocalypse est une réussite globale, et les Italiens n’ont pas eu à se faire prier pour récolter des applaudissements nourris.

Fleshgod Apocalypse

Insomnium

Inutile de dire que la tête d’affiche de la soirée était attendue et que les personnes présentes pour soutenir le combo finlandais commençaient à fortement s’impatienter. Mais le bonheur de retrouver Insomnium sur scène est à nouveau intact dès que les premières notes de « The Primeval Dark » résonnent.

Insomnium

La formation death mélodique possède une excellente réputation scénique, et cette renommée sera confirmée grâce à la prestation de cette soirée. Le combo assure comme il se doit, enchaînant les titres sans accrocs ni temps morts, et les alternances entre les véhémences death (toujours ponctuées de mélodie, évidemment) et les passages plus calmes sont fluides et permettent une respiration bienvenue. Le groupe semble heureux d’être présent, communicant régulièrement avec un public aux anges, et le frontman Niilo Sevänen assure au chant et à la basse avec maestria. Là où beaucoup déçoivent en offrant un rendu scénique bâclé, Insomnium emporte la foule avec la plus grande simplicité. Le décor a beau être réduit, le bonheur des musiciens d’être sur scène et la solidité de pistes superbement écrites est largement suffisant pour passer un excellent moment. Les Finlandais se hissent bien au-dessus du lot, ce qui explique très certainement la foule nombreuse venue assister à ce concert.

Insomnium

Sans surprises, le dernier album est très bien représenté dans la setlist du groupe, et notamment en début de set via les trois morceaux d’ouverture du disque. La formation jouera également « Ephemeral » et « The Promethean Song », qui passent très bien le cap du live. Le groupe possède néanmoins une discographie de plus en plus fournie et n’hésite pas ainsi à faire un tour du côté de leurs précédentes réalisations, représentées par des titres comme « Daughter of the Moon » ou « Down With the Sun ». L’interprétation est sans failles, et les nombreuses années d’expérience accumulées mises à profit afin de donner au public un show fidèle à la carrière du combo.

Insomnium

La surprise réservée viendra de la présence sur scène des autres musiciens, déguisés en serveurs, qui feront manger Insomnium pendant le titre « Ephemeral », empêchant même Niilo de chanter. Une touche d’humour qui montre la proximité entretenue entre les groupes pendant cette tournée, et donne un côté convivial au show, le public appréciant ces petites intentions inhabituelles. Les Finlandais se permettront d’ailleurs deux rappels, afin de faire continuer des festivités qu’on aurait aimé ne pas voir s’arrêter. Au moment de quitter la foule, la formation exprimera sa gratitude et rentrera certainement chez elle avec de beaux souvenirs.

Insomnium

Setlist :

The Primeval Dark
While We Sleep
Revelation
Daughter of the Moon
Only One Who Waits
The Harrowing Years
Weather the Storm
The Elder
Last Statement
Ephemeral
The Promethean Song

Rappel :

The Gale
Mortal Share
Unsung
Weighed Down With Sorrow

Rappel (bis) :

Down with the Sun

Photos : ©2014 Tiffany Edighoffer / Tiffaneye
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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