Avatar (+ The Defiled et Killus) à  La Flèche d’Or (23.11.2014)

Quasiment un an après avoir assuré la première partie d’Avenged Sevenfold et quelques mois après la sortie d’un nouvel opus, AVATAR s’invite à Paris pour démontrer qu’il faudra compter sur eux dans les années à venir. Retour sur une soirée riche en maquillage.

Après une première date en mai dernier au Covent Garden Studios, AVATAR est de retour à Paris pour défendre son dernier opus en date. Hail The Apocalypse a permis au groupe de faire un énorme bond en avant, bien aidé par sa présence lors de la tournée européenne d’Avenged Sevenfold en 2013. Ce soir c’est La Flèche d’Or qui accueille les Suédois, accompagnés des Espagnols de Killus et des Anglais de The Defiled pour une date aux accents européens.

Killus officie dans un registre assez proche des deux autres groupes de la soirée; d’autant plus que le maquillage et les lentilles de contact sont, elles aussi, de la partie. Avec son dernier opus sorti en 2013, Feel The Monster, Killus va s’évertuer à démontrer son savoir-faire au public français. Le quatuor bénéficie d’un son correct et d’un public qui cherche à découvrir et se prend facilement au jeu de la musique. Avec des relents de Marilyn Manson ou encore Nine Inch Nails, le côté indus ressort très nettement pour le plus grand bonheur d’une fosse qui ne demande qu’à en découdre. Premutoxx (basse) arpente la scène de La Flèche d’Or avec une incroyable aisance tout en ressortant ses plus belles grimaces, accentuées par des lentilles que le Marilyn Manson de l’ère Eat Me, Drink Me n’aurait pas regné. Une base rythmique solide, un guitariste aux faux airs de Richard Kruspe (Rammstein) et un chanteur qui se déploie de la meilleure manière offrent au public parisien une première partie très agréable.

Fraichement signé chez Nuclear Blast, ce sont les Anglais de The Defiled qui font leur apparition sur la scène. Officiant eux aussi dans un registre indus et au vu de la place d’headliner lors de la partie anglaise de la tournée, le public est en droit de s’attendre à une performance solide. Malheureusement des soucis de guitare sur le premier morceau ne permettent pas de lancer le concert de la meilleure des manières. Piochant allégrement dans son dernier album, Daggers, les Anglais n’arrivent pas à faire décoller l’ambiance malgré les nombreuses invectives et blagues de The AvD (synthé, chœurs). Stitch D (guitare et chant) alterne assez bien les chants avec une voix claire qui se rapproche énormément de celle de Danny Worsnop (Asking Alexandria) sur le dernier album des Anglais. L’impatience dans le public se fait sentir malgré la présence de quelques fans qui connaissent les paroles sur le bout des doigts. Il y a des parties très intéressantes dans la musique de The Defiled, mais malheureusement ces moments sont noyés dans la banalité des riffs et la sous-exploitation scénique du clavier. Dommage tant The AvD est le seul à maintenir le bateau à flot avec ces blagues, les saltos imposés à son instrument et la passion qu’il met dans ce qu’il fait. Après quasiment une heure de prestation, les Anglais se retirent et la fosse commence à frémir en attendant les héros de la soirée.
 

Une petite vingtaine de minute plus tard et chacun leur tour, les cinq membres d’AVATAR investisse la scène. 1er uppercut avec la chanson éponyme du dernier album  qui déboule pour asséner un coup de massue sonore à l’assemblé. Que de puissance dans les instruments et un Johannes Eckerström  impressionnant derrière son costume et son maquillage. Le son est puissant sans être trop fort, donnant à chacun des membres la place qu’il mérite dans le mixage final. Ce concert fera honneur aux deux derniers opus des suédois, Hail The Apocalypse et Black Waltz, passant sous silence les premiers albums du quintet. Sûrement un moyen pour eux de tirer un trait sur le passé au vu d’une musique qui a grandement évolué, délaissant le death metal de l’époque pour une musique beaucoup plus massive, groovy et mélodique.

Hail The Apocalypse aura été une énorme surprise en cette année 2014, confirmant l’immense potentiel d’AVATAR. Ce soir, les Suédois ont décidés d’enfoncer le clou en démontrant que scéniquement aussi, ils jouaient dans la cour des grands. Bien aidés par des dreads immense, Jonas Jarlsby (guitare) sert de ventilateur au premier rang. Peu aidés par la configuration de la scène, les déplacements des membres sont limités mais peu de changement par rapport à ce qui avait pu être vu en première partie d’Avenged Sevenfold. L’essentiel passe par la musique et tant mieux, le public est là pour ça. Un public qui n’hésitera pas à scander à deux reprises – et en cœur – un « Hellfest, Hellfest, Hellfest… » qui aura fait sourire Johannes Eckerström et ses acolytes. Malheureusement, pas d’AVATAR pour l’édition 2015 mais cela n’est que partie remise.


Un morceau d’Hail The Apocalypse répondant à un titre de Black Waltz et notre voyage avec les Suédois suit son court. La montée en puissance sur « Bloody Angel » et la folie de « Paint Me Red », l’hymne du quintet, transforment la fosse en véritable ring. Après un « Tsar Bomba » enflammé, « Murderer » sonne la presque fin du concert. Cette chanson, comme la plupart des chansons d’AVATAR, repose sur un refrain tellement simple qu’il en devient fédérateur et de nombreuses personnes n’hésitent pas à se prendre bras dessus-bras dessous pour entonner ces dernières paroles. Le groupe n’en a pas entièrement terminé avec Paris et ils reviennent pour un « Smells Like A Freakshow » et un « Tower » qui prend ici toute son ampleur. Un choix discutable pour terminer le set mais qui s’avère en fait être un choix judicieux.


AVATAR est une véritable machine de guerre, un bulldozer sonore qui n’en oublie pas la portée des mélodies. De son côté, Johannes Eckerström offre cette aura que peu de frontman arrive à acquérir et à transmettre au public. En résumé, un groupe à suivre et à découvrir pour ceux d’entre vous qui ne sont pas familier avec ce nom.

Setlist:
1. Hail The Apocalypse
2. Let It Burn
3. Vultures Fly
4. Ready For The Ride
5. What I Don’t Know
6. Bloody Angel
7. Let Us Die
8. Paint Me Red
9. Torn Apart
10. Tsar Bomba
11. Murderer
Encore:
12. Smells Like A Freakshow
13. Tower

Merci à Stéphan Birlouez pour nous permettre d’utiliser ses photos. Merci à la Flèche d’Or de nous avoir accueillit et à Cartel Concerts pour l’accréditation.



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