War from a Harlots Mouth – MMX

Toujours sous le label Lifeforce Records, le quintet allemand sort son troisième opus portant au mieux (ou pas) son nom «MMX» (2010 en chiffres romains).

Le groupe est cité en plusieurs endroits comme étant un groupe de «hardcore jazz black métal» ou encore de «métalcore mathcore», dans cet album il s’illustre également comme un groupe de death métal «gojiresque» (ou serait-ce l’inverse ?)
On y retrouve cependant les références typiques du genre hardcore avec des morceaux de très courte durée «Cancer Man». Le disque comporte également son lot de passages «clean» qui sont ici remplacés par des intermèdes jazz mais qui passent plus comme des clins d’œil de musique d’ascenseur.

On est en présence de gros son et de rythmiques puissantes et saccadées. Le premier morceau «Insomnia» annonce d’entrée de jeu le ton de l’album. C’est un disque très homogène dans sa constitution, les morceaux s’enchaînent avec une fluidité qui a été voulue. Suite à quoi on pourrait considérer l’album entier comme une démo de trente-deux minutes composées de deux ou trois morceaux. La huitième piste «Sugarcoat», passage jazz instrumental, pourrait annoncer une seconde partie dans cet album, la suite «Spineless» s’enchaînant ici parfaitement. On sent un ancrage bien assumé dans leurs influences, le mathcore et toutes les complications rythmique qu’il implique. C’est un cru qui plaira forcément aux amateurs «coreux» et bien entendu aux fans mais cet album ne peut nous laisser que sur notre faim. Des innovations majeures il n’y en a pas et on pourrait regretter le petit manque de fraîcheur et de surprise. Celui qui cherchera ici le petit souffle de nouveauté par rapport au précédent album sera vite découragé mais revenons à nos «coreux» et aux choses sérieuses.

Après avoir signé trois albums, les musiciens ont tout de même gagné en maturité et s’exposent ici avec une musique efficace et de qualité qui a naturellement émergé de leurs recherches et de leur travail. L’instrumental «Sleep Is The Brother Of Death» est une pièce centrale de l’album de par sa puissance et ses temps forts très accentués qui embrayent directement sur «The Polyglutamine Pact» très incisive. Le squelette central de l’album se termine sur le morceau le plus court «Cancer Man» qui ne contient que trente secondes de musique, le reste étant rempli de bruitages et de bruits de fond. Après cette pause, la frontière entre les deux grandes parties pourrait se présenter juste ici. «C.G.B. Spender» représente elle aussi une pièce maîtresse de part sa durée et son emplacement, elle nous tient en éveil en tant qu’auditeur.

Enfin l’album conclu sur trois morceaux «Spineless», «Recluse MMX» et «Inferno III/VI» parmi les plus heavy et les plus longs (tout est relatif bien évidemment). Trois morceaux où les riffs ravageurs, les harmoniques, la double pédale vont bon train et qui montrent une fois de plus que le hardcore restera toujours une musique faite pour être jouée en live et qui ne peut être vraiment appréciable qu’en concert avec un groupe vivant et une audience présente.

Excepté les initiés, ce n’est pas le genre de musique que l’on écoutera dans son salon, ou sa chambre, en dehors d’une scène. Le tout reste un peu plat mais ce sont les contraintes de l’enregistrement qui le veulent. Ceux ou celles qui aiment entendre le timbre d’une guitare, l’authenticité du son de batterie, la vibration de la basse, la chaleur du son et l’ambiance d’un concert iront forcément apprécier cette musique sur les petites scènes multiples qui offrent encore l’occasion d’aller apprécier ces groupes.

Note (difficile quand même) : 6,78/10

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