Mass Hysteria (+ Dreadful Silence) à  Andrésy (13.11.2010)

Andrésy, petite commune située entre Paris et Cergy, accueillant l’un des plus réputés groupes de metal français… Vous y croyez, vous ? Et pourtant, c’est bien le cas… Car ce samedi 13 novembre 2010, à l’Espace Julien Green, Mass Hysteria est venu faire une escale atypique dans son « Failles Tour 2010 », suscitant ainsi l’intérêt à peine contenu des fans locaux et ce malgré une météo plutôt capricieuse.

Jeunes et moins jeunes réunis dans cette salle des fêtes transformée en salle de concert pour l’occasion, avec les locaux et prometteurs Dreadful Silence en première partie. Une soirée familiale et agréable en perspective vécue de près par votre serviteur.

– DREADFUL SILENCE –

Voici une jeune formation dont on dit le plus grand bien. Les échos reçus suite à leur performance lors du dernier Thunderfest Open Air s’avérant positifs voire dithyrambiques, c’est avec grande curiosité et attention que j’ai assisté à leur set devant une foule quelque peu calme hormis une dizaine de fidèles trustant les premiers rangs.

Malgré un son parfois tendu et quelques larsens au niveau de la guitare, il n’y a que peu à redire d’une prestation solide et charismatique. Charismatique oui, surtout grâce au chanteur, sorte de pantin clownesque désarticulé à l’extrême et quelque peu perdu au milieu d’un champ de bataille.

Dreadful Silence

Expulsant sa haine entre growls death et hardcore, c’est sans retenue qu’il s’exprime sur une scène qui très vite lui appartient. Son sourire psychotique et ironique vient par ailleurs ponctuer chacune de ses poussées, une performance physique et artistique pour le moins intéressante et fort bien délivrée.

Si la musique de Dreadful Silence, rappelant de temps à autre System of a Down (j’ai presque cru entendre « Prison Song » à un moment), Black Bomb A ou Faith No More, ne révolutionne en rien le genre et montre encore quelques améliorations à apporter, le jeu de scène est bien au point. Chacun son maquillage, chacun son rôle (plutôt statique comparé au remuant frontman) autour d’une sorte de Toulouse-Lautrec meneur de troupe en guest perpétuel ; homme coiffé d’un haut de forme déambulant avec sa canne comme pour contrôler et mieux superviser ses poulains.

C’est d’ailleurs ce même homme qui viendra annoncer dans un fort accent (?) la fin du show et ainsi interrompre la prestation de ses doux esclaves, le chanteur-clown-pantin reprenant une position inerte… tel qu’il nous était apparu.

Dreadful Silence

Beaucoup ont été ici captivés voire hypnotisés par une prestation qui a dépassé la musique. Ainsi, les 35-40 minutes (environ) de show sont très vite passées et on n’a au final retenu que peu de mélodies ou autres variations techniques. Un groupe à découvrir ou à redécouvrir très bientôt, de nouveaux titres et un réengistrement d’anciens morceaux étant en préparation. Il y a fort à parier que nous en reparlerons…

Setlist :

– Takata Tin Tin
– Rock N Roll 2
– Town Z Clownz
(Sample)
(Cut the Rope)
– Flying Above the Dead
– Slayer
(X-Ploz)
– Rock N Roll
(Piggy in the Mirror)
– Pills of Beauty
(Sample fin)

– MASS HYSTERIA –

Longue fut l’attente entre les deux shows. Incompréhension de certains, les 30 minutes d’attente prévues entre les deux groupes se sont vite transformées en 3/4 d’heures bien tassés, et encore je suis optimiste. De gros problèmes de réglages de son, notamment au niveau de la batterie, viendra ainsi retarder le début des hostilités.

Mass Hysteria Yann

On ne présente plus Mass Hysteria. 17 ans de carrière et bon nombre d’albums vendus pour un groupe désormais majeur dans le paysage rock metal français. Et si toi, fidèle auditeur/lecteur de La Grosse Radio Metal, tu ne connais pas encore ce groupe… c’est que tu as malencontreusement raté notre interview réalisée au Hellfest. Heureusement, tu peux encore te rattraper, il n’est jamais trop tard…

Quand Mouss et ses amis montent sur scène, l’ambiance monte clairement d’un cran et la salle de l’Espace Julien Green se retrouve grassement garnie. Les jeunes prennent place dans la fosse et commencent à remuer, ceci annonçant une vraie guerre… guerre oui, mais sous couvert d’une paix revendiquée par le combo bretons.

Mass Hysteria Mouss

C’est en plein « Babylone » que Mass Hysteria nous téléporte pour un début de concert plutôt doux, la tension et la folie montera ainsi progressivement comme un bon diésel qui se respecte. De ce fait, « Une somme de détails » et « World on Fire » ne donneront pas forcément tout leur potentiel « rentre dedans », suffisant cependant pour faire chanter les fans à tue-tête.

Notre sympathique chanteur a beau être un peu fatigué (la tournée touche à sa fin il faut dire), il se dépense sans compter et communique sa passion comme rares savent le faire. Sur « Failles », l’éponyme du précedent brûlot sorti en 2009, les mots se lâchent et les momes se fachent dans le pit. Quelques discours militants fleurissent ici ou là : Mouss n’aime pas le monde politicard ou autres injustices, et ce n’est pas devant nous qu’il s’en cachera.

L’ambiance fleurit bon enfant dans le public ou aucun incident ne sera repértorié, si ce n’est un spectateur quelque peu imbibé qui en énervera quelques uns mais uniquement le temps de quelques secondes. Des pogos oui, mais rien d’une violence ou d’une stupidité inouïe, comme quoi les Yvelinois et Val d’Oisiens savent profiter du spectacle tout en s’amusant à leur guise… Relevons également quelques stage diving bien respectés, largement tolérés par un groupe ouvert et proche de son public.

Mass Hysteria

Sur scène, rien à redire. Si on a connu Mouss plus en voix, les autres membres ont rempli leur rôle sans coup férir, avec un bon point de charisme pour les guitaristes Yann et Nico. A noter que Raphaël Mercier, le batteur, fêtera ses 32… euh 40 ans le temps d’un bon petit solo où il sera mis à l’honneur après « L’espoir fou ».

Le fol espoir des fans sera en attendant parfaitement comblé au niveau de la setlist, puisqu’aucun hit du groupe ne sera oublié (même si on peut toujours regretter l’absence d’un « Comme on danse » par exemple). L’enchaînement « Plus qu’aucune mer » / « L’archipel des pensées » constituera l’un des meilleurs moments du show, où comment en deux chansons ultra accrocheuses attirer l’interêt de celui qui découvre Mass Hysteria, là-bas, au fond de la salle.

Quelques hommages à Cypress Hill et Metallica (« Searching, Seek and destroy ») fleuriront dans les chansons « Get High » et « Zion » avant que le groupe ne disparaisse… Pour mieux revenir, armé jusqu’aux dents de bonnes intentions. Le rappel se fera ainsi intense, la folie grimpant encore d’un niveau et transformant votre serviteur en pogoteur. De quoi rappeler quelques souvenirs du Hellfest

Mass Hysteria Mouss

Avant de conclure sur le monument et hymne du groupe, Mouss et ses acolytes invitent une partie de ses jeunes Furieux « respecter la piste de danse » avec plusieurs chorégraphies improvisées au menu. Et c’est main dans la main avec un enfant que notre sympathique chanteur entonnera les dernières notes, lui qui n’a pas hésité à faire participer le premier rang dans son micro tout au long du set…

Evidemment, « Furia » apporte sa cerise au gâteau et Mass Hysteria, Raph et son masque de Kiss à l’effigie de Gene Simmons en tête, peut regagner le backstage en toute sérénité et avec le sentiment du devoir accompli. Une nouvelle prestation de choix, et ce ne sera très certainement pas la dernière…

Setlist :

– Babylone
– Une somme de détails
– World on Fire
– Failles
– L’espoir fou
– Aimable à souhaits
– P4
– Donnez-vous la peine
– Knowledge Is Power
– Mass Protect
– Plus qu’aucune mer
– L’archipel des pensées
– Get High
– Zion

– Contraddiction
– Killing the Hype
– Echec
– Respect to the Dance Floor
– Furia

Il est tout de même 0h30 lorsque nous quittons la salle, l’ami Hos (qui nous a filmé quelques passages et dont vous nous ferons profiter dès que possible) et moi. Ah ça, ce n’est pas à Paris qu’on pourrait sortir aussi tard d’une salle de concert ! Le temps de saluer quelques personnes et il est temps de s’éclipser, dans la masse et l’hystérie, un effroyable silence se faisant…

Mass Hysteria sur La Grosse Radio

Le show de Mass Hysteria au Hellfest 2010
Interview de Mass Hysteria au Hellfest (Podcast)



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