Blind Guardian – Beyond the Red Mirror

A la recherche de la cane blanche…

Blind Guardian, groupe phare de la scène heavy metal allemande et souvent cité comme influence par les groupes de power, sort son dixième album : Beyond the Red Mirror. Très chargé en couches instrumentales et orchestrales, ce nouveau disque est riche, même touffu, mais dispose de titres qui manquent parfois de finition dans l’écriture, ce qui donne un ensemble décousu. Les idées et le son sont présents, mais les Allemands sont capables de mieux.

Vingt-sept ans ont passé depuis la sortie de Battalions of Fear, premier album de Blind Guardian. Bien des choses ont changé depuis cette époque où le groupe pratiquait un heavy metal avec de gros morceaux de thrash. Après être passé par la case heavy/power et avoir donné naissance à des œuvres majeures du genre dont le célèbre Nightfall in Middle Earth, les Allemands braconnent sur les terres du metal symphonique depuis 2010 avec At the Edge of Time.

Quatre ans et demi plus tard, Blind Guardian va encore plus loin dans ce domaine avec Beyond the Red Mirror, sa nouvelle œuvre ambitieuse, qui n’est autre qu’un album concept qui raconte la suite d’une histoire qui prend ses racines sur Imaginations on the Other Side, divisée en trois chansons à l’époque : « Imaginations on the Other Side », « Bright Eyes » et « And the Story Ends ». Une histoire riche qui mélange science-fiction et mythologie, dont bien des points sont expliqués par Hansi Kürsch (chant) ici.

Si l’histoire est riche, la musique l’est aussi, comme toujours chez Blind Guardian depuis quelques années, après ce saut opéré sur l’album A Night at the Opera et cette surenchère sonore. Malgré tout, Blind Guardian avait réussi à équilibrer ces éléments pour mettre en valeur ses idées et, ainsi,  accrocher l’auditeur. Ce n’est malheureusement pas le cas sur Beyond the Red Mirror, qui retombe dans les mêmes travers que A Twist in the Myth, avec des bonnes idées présentes, mais mal digérées.

En effet, que retenir dans des compositions prometteuses comme « The Holy Grail » ou « The Throne », qui disposent de refrains accrocheurs et de parties épiques, quand elles sont noyées dans un maelstrom sonore qui étouffe l’auditeur. Les idées sont superposées, enchaînées de manière parfois anarchique et se perdent dans cette jungle. Heureusement, André Olbrich garde le contrôle de ses chansons sur certains titres comme « The Ninth Wave » et ses choeurs grandiloquents ou le single « Twilight of the Gods ». Ils offrent même un peu de fraicheur à l’ensemble avec la ballade calme « Miracle Machine ».

Blind Guardian

Un défaut d’autant plus dommageable que Blind Guardian garde ses ingrédients typiques : riffs massifs d’André Olbrich et Marcus Siepen, section rythmique soutenue de Fredrik Ehmke et Oliver Holzwarth et surtout cette signature vocale immédiatement reconnaissable d’Hansi Kürsch, qui garde ses gimmicks dans les choeurs (dans « Prophecies » notamment) et son interprétation toujours aussi convaincante.

En augmentant l’apport d’instruments orchestraux, Blind Guardian a oublié de suffisamment travailler ses chansons afin d’y apporter cette finition qui leur donne une unité et qui met en évidence les bonnes idées, qu’il n’a définitivement pas perdu. Comme quoi, une bonne chanson, ça ne tient à pas grand-chose. On sent que les Allemands ont préparé le terrain pour leur prochain album 100 % orchestral, il ne reste plus qu’à espérer qu’il ne souffrira pas du même défaut.

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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