Hate – Crusade Zero

Ce n’est pas une mince affaire de proposer la haine comme sujet de conversation en ces temps dramatiques où la liberté (pas seulement d’expression) est la cible d’idéologies extrémistes. Et pourtant, coïncidence involontaire, Hate, formation polonaise active depuis 1990, publiera son neuvième long format, intitulé Crusade zero, en ce début de troisième année post-apocalyptique.

La formation ne s’est pas délocalisée pour l’enregistrement de cet opus puisqu’il a été confectionné au désormais célèbre Hertz Studio, par les frères Wieslawski. Le line-up a évolué car Hate, qui a dû faire face à la disparition de Slawomir Kusterca, bassiste du groupe depuis 2009 et décédé des suites d’une arythmie cardiaque en avril 2013, est désormais composé d’Adam Buszko (chant/guitare), de Konrad Ramoskowski (guitare) et de Pawell Jaroszewicz (ANTIGAMA, ex-VADER). A noter que Philip Halucha (VESANIA, ex-DECAPITATED) s’est chargé de la basse sur cet album.

Crusade zero débute par « Vox Dei (a call from beyond) », une sorte d’instrumental grandiloquent aux aspects mystiques, puis, par un autre instrumental très mélodique (« Lord, make me an instrument of thy wrath »), avant que le disque ne se lance véritablement avec le troisième titre, Death liberator. Ce morceau, d’obédience mid-tempo, est puissant et, a vocation à tout écraser sur son passage, le fantôme BEHEMOTH est toujours bel et bien présent, notamment dans les intonations vocales d’Adam Buszko, lorgnant immanquablement vers celle de Nergal.

Cette composition est loin d’être orpheline puisque Doomsday, Valley of darkness, Rise omega of consequence !, le pont de Dawn of war, les couplets de Leviathan sont du même caveau et contrebalancés par des moments de pure furie comme le morceau titre qui se distingue par sa férocité ou les accélérations de Leviathan, de Hate is the law et de Dawn of war, cela amène de la variété et de la nuance à Crusade zero.

Nous pouvons également souligner quelques moments de bravoure comme les accords énormes de Leviathan, le final ébouriffant de « Hate is the law », le riff principal de « Valley of darkness » et le titre Dawn of war, qui, avec Crusade zero, représentent les points d’ancrage de l’opus, s’extirpant du lot de par leur qualité intrinsèquement élevée, représentant assurément les moments forts de cette neuvième offrande.

Mais Hate ne s’est toujours exonéré de son influence Behemoth (période Demigod-Evangelion), bien trop audible dans ses compositions depuis 2009. Le monstre polonais est présent dans tous les recoins de Crusade zero mais force est de constater que Hate pratique cet art avec beaucoup moins d’aisance et de talent. Même si la formation a choisi de tempérer ses rythmiques, certains plans sont assez redondants, lissant les titres et conférant à un rendu assez linéaire (« Death Liberator », « Doomsday »). Hormis le morceau éponyme et « Dawn of War », Crusade zero manque cruellement de moments marquants, pouvant laisser une empreinte indélébile après la découverte intégrale de cet opus.

Aussi, cette galette est émaillée de multiples longueurs amenant inévitablement un sentiment de lassitude au fil des écoutes répétées. La question se pose également sur les deux premières compositions, chargées d’introduire Crusade zero, une seule aurait suffi à cette charge, ces 2 titres auraient pu être fusionné en un seul et aurait gagné en pertinence. Pour finir, si nous ôtons les deux introductions inutiles, l’interlude « The omnipresence » et l’outro « Black Aaura Debris », il ne reste plus que 9 morceaux, à la qualité aléatoire et à l’agencement douteux, cassant le si peu de dynamisme qui émanait de l’ensemble.

Le mot « déception » suffit à lui seul pour qualifier le ressenti de votre serviteur. Manquant de moments mémorables, Crusade zero est d’une platitude exceptionnelle où les bâillements seront légions pendant la découverte de ce disque. Aussi, il n’est pas chose aisée de devenir calife à la place du calife, Hate marche sur les plats de bandes de Behemoth mais l’inspiration en moins. Le combo polonais est clairement artistiquement sur une pente descendante, Crusade Zero ne représentera juste qu’un disque de plus au sein de la discographie du groupe.

Très moyen !!

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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