Napalm Death – Apex Predator/Easy Meat

A table !
 

Les années passent et Napalm Death reste infatigable. Les grindeux british sortent ainsi leur 16e album, Apex Predator/Easy Meat. Hormis quelques légères expérimentations çà et là, le disque se veut direct et brutal, tel une mandale en plein dans les tympas des auditeurs non-avertis. Le groupe fait ce qu’il sait faire et cet album saura contenter les fans old school avides de leur musique anarchique.

Ce qui est bien avec Napalm Death, c’est qu’ils savent annoncer la couleur dès la pochette de l’album. Une belle barquette de viande pourrie, avec en prime des morceaux d’abats humains encore sanguinolents, comme ça, on sait que les quatre énergumènes ne sont pas prêts de faire dans la dentelle. Si Shane Embury parle des subtilités de la pochette ici, on est prêt à faire un grand bond dans la fange de la brutalité si chère aux Britanniques.

En on ne s’y trompe pas. Apex Predator/Easy Meat n’est pas sexy, il est sale, sanglant et destructeur. Les riffs frénétiques de Mitch Harris viennent s’accrocher sans prévenir sur les rythmiques anarchiques de Danny Herrera et Shane Embury pour secouer l’auditeur pendant que Barney lui hurle ses textes revendicateurs à la figure, secondé par les cris décérébrés de son guitariste. Que personne ne cherche une issue à des missiles comme « Stunt your Growth » ou « One Eyed », il n’y en a pas.

Pourtant, le premier morceau laisse l’auditeur incertain. Avec ses choeurs dignes d’un rituel obscur et ses percussions venues d’une autre planète, Apex Predator/Easy Meat ne plonge pas immédiatement l’auditeur dans cette décharge putride et le laisse mariner pour mieux le cogner avec le bien nommé « Smash a Single Digit ».

Ces tentatives d’oppression se retrouvent à plusieurs reprises sur l’album, notamment sur « Dear Slum Landlord » et ses arpèges malsains surplombé par un Barney complètement possédé. On retrouve également des choeurs sur la très rock n’roll « Hierarchies », qui contient par la même occasion un solo de guitare, interprété par John Cooke, qui avait remplacé Mitch Harris sur la tournée européenne du groupe avec Hatebreed.

Napalm Death

Avec Apex Predator/Easy Meat, Napalm Death trouve l’équilibre. Le groupe met en avant ce qu’il sait faire, avec une majeure partie de brutalité anarchique qui le caractérise, mais n’oublie pas de laisser de rares espaces de respiration, qui ne sont que de meilleurs moyens pour oppresser son auditeur et le maintenir dans cette mare putride où tout est musicalement hostile à qui n’est pas averti.

Napalm Death montre une fois de plus qu’il maîtrise le chaos au sein de son art.

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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