Ghost – Opus Eponymous

Les suédois fantômatiques ont décidé de garder l’anonymat, ont sorti leur premier album sur Rise Above Records il y a quelques semaines, et prêchent Satan comme d’autres les panneaux solaires.

Seulement voilà, ces gars-là ne fréquentent pas la taverne trash. On les imagine plutôt dans un vieux garage, à se casser les dents sur les plans d’une machine à remonter le temps.

L’idée de départ, je la trouve plutôt bonne. Après tout, c’est souvent en allant piocher dans les vieux pots qu’on fabrique la nouvelle soupe.

On trouve donc dans cet album plutôt court (35 minutes) des ingrédients progressifs, stoner à l’ancienne, ainsi que quelques envolées vocales dignes des pires glameries des années 70.

La difficulté dans cet embroglio, c’est d’y retrouver tous ses petits. Mais comme nous sommes des auditeurs modernes, habitués aux melting-pots les plus improbables, nous nous en sortons plutôt bien.

Je m’explique : passons outre l’intro qui, comme la plupart des intros, n’a aucun intérêt. Le premier morceau, « Con Clavi Con Dio » a d’énormes atouts et est une bien bonne entrée en matière. Une bonne grosse basse qui roucoule, des claviers poussiéreux à l’accord plaqué comme si l’avenir de l’univers en dépendait, une mélodie de chant qui fait voyager. On pense même aux géniaux Residents (plus de 40 ans qu’ils sont anonymes ceux-là, tiens !), dans ce côté théâtral qui semble se jouer de nous.

Puis vient le deuxième morceau « Ritual » avec une introduction médiocre. Un riff classique mais efficace vient relever la sauce, jusqu’à ce refrain qui fera mouiller les ménagères, c’est certain… C’est à partir de là qu’on sent qu’on a entre les mains un disque particulier, qui risque bien de nous décontenancer.

Nous avons donc droit à quelques touches de vieux claviers sentant la poussière, ce qui amène inévitablement à penser à  ce gothisme cher aux amateurs de sang frais.

Il y a des riffs de guitare bien sentis (« Elizabeth »), des hommages à ne plus savoir qu’en faire (Blue Oyster Cult, Mercyful fate, Black Sabbath, etc).

La voix du chanteur anonyme sait parfois être prenante, même si le discours proposé (Satan nous habite) semble bien décalé avec le ton de voix si clair, si prude, si joli… Ce sera donc ce décalage constant qu’il faudra apprivoiser pour apprécier pleinement l’album.

Ghost

Je dois vous avouer que cet album me laisse dubitatif et me donne plutôt envie d’aller réécouter ce bon vieux Don’t break the Oath des sublimes Mercyful Fate. Je salue quand même les harmonies vocales, l’audace et la magnifique pochette.

Néanmoins, trop de mauvais goût me le rend indigeste. Ce côté progressif mal exploité m’agace, me gache le plaisir. La production me semble bien moyenne et manque véritablement de puissance, notamment dans le traitement des guitares. Tout celà est bien lisse et Satan risque de se mettre en colère s’il tombe sur Opus Eponymous.

Et pourtant, il a un goût de reviens-y que je m’explique difficilement, sinon par un véritable boulot sur les voix, sur les structures des morceaux.

Le cul entre deux chaises, je vous dis. Notons aussi quelques ruptures à la fin de certains morceaux complètement ridicules, comme si ce bon vieux fading n’avait pas fonctionné…

Ma note : 7,1/10

Ghost sur La Grosse Radio

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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