Kylesa – Spiral Shadow

     Pour se faire connaître, la caisse à outils des groupes de rock est bien chargée : en plus de la bonne musique (dispensable à en croire les belles daubes qui peuvent sortir dans les rangs de gros labels), il y a le look et l’artwork, mais aussi les déclarations choc dans les interviews ou encore l’annonce d’un style qui donne envie tant il nous persuade que notre oreille va enfin rencontrer quelque chose de totalement neuf . D’ailleurs, de ce côté-là, le groupe qui nous intéresse aujourd’hui est plutôt pas mal : pour définir Kylesa, on peut parler de crust, de rock, de psychédélisme, de sludge et que sais-je encore, mais le seul moyen de se faire une idée c’est d’écouter Spiral Shadow… Où en étais-je ? Ah oui, le truc de Kylesa c’est de se pointer avec pas moins de deux batteries (et deux batteurs car sinon ça n’a pas vraiment d’intérêt). Et franchement tout ça est bien mis à contribution.

    
     Commençons donc avec la section rythmique, énorme ! Elle est lourde, elle gronde méchamment entre les vibrations chaudes des peaux et la disto cradingue de la basse (quelle intro pour « Cheating Synergy  » !!). Les guitares sont aussi sales, bourrées d’effets et pesantes. Elles peuvent se faire claires de temps en temps (comme sur « Tired Climb »), mais ce n’est que pour participer à une ambiance psychédélique qui nous reconduit illico vers les profondeurs. Le clavier reste discret mais se fait indispensable en adoptant plusieurs visages : vintage, kitsh (« Don’t Look Back »), piano (« Spiral Shadow »)…

     Bref, nous avons là un « orchestre » bien complet et efficace et il fallait bien ça pour soutenir les voix de Phillip Cope et Laura Pleasants. En effet, celles-ci sont tout simplement excellentes. Elles sont très particulières, saturées et en retrait, mais elles brillent néanmoins par leurs couleurs et leur puissance.

     L’art du groupe consiste en une tension constante, omniprésente, palpable dans chaque note, transpirant de partout. La voix de Miss Pleasants est parfaite dans ce rôle tant elle sait déambuler sur le fil de la justesse, jouant sur les harmonies sensibles dans des lignes aussi périlleuses que réussies (flagrant sur « Distance Closing In »). Vous l’aurez compris : on adore.

    
     Dans cette musique, pas de virage à 180, d’accélération, de break lourd… Le tempo est posé au départ et reste immuable, implacable, invariable. C’est d’ailleurs une des caractéristique des groupes de « dancefloor » (je pense notamment aux White Stripes) qui se plaisent à s’adresser aussi bien aux oreilles qu’au reste du corps. C’est à la limite de l’indigeste et on comprend vite que la condition sine qua non pour apprécier ces titres est de se laisser porter, envelopper par le son et l’ambiance. Le son se grave alors dans le crâne jusqu’à l’obsession. C’est pourquoi il convient d’écouter cette musique bien fort !

    
     Noël est fini et vous attaquez la nouvelle année avec de belles étrennes dont vous ne savez que faire tant votre compte en banque est saturé ? Ou alors vous cherchez à échanger cette magnifique pendule bleue marine  que votre tantine adorée vous a offert ? Ne désespérez pas car Bassayaya est là pour vous apporter la solution : filez chez votre disquaire (évitez harmonia mundi, y’a peu de chances qu’ils l’aient) et  demandez bien poliment « bonjour, je voudrai le dernier album de Kylesa intitulé Spiral Shadow sorti chez Season of Mist ». Et le tour est joué !

Kylesa sur La Grosse Radio

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements