Le groupe QANTICE

Lors de leur premier concert, le 16 octobre 2010, j’avais eu le plaisir de faire l’interview du projet de Tony Beaufils, Qantice. Pour diverses raisons, je n’ai pu la poster avant, je m’en excuse par avance auprès du groupe ! Bonne lecture pour ce qui est, au final, la première interview de l’année 2011 sur le blog metal…

Thibault : Commençons par le commencement, peux-tu nous présenter le groupe ?

Tony : au départ c’est un projet d’ado, je voulais faire un groupe qui ressemble à ça, ce n’était pas très précis au début, mais ce que tu vas entendre ce soir c’est vraiment l’aboutissement d’un long truc très mûri.

Le but c’était de faire du métal symphonique très arrangé. Et c’était en pleine période où sortaient les Angra, les Rhapsody, et ils m’ont beaucoup imprégné. Disons que comme j’étais beaucoup plus lent à composer, à chaque fois que j’entendais un de leurs albums je me disais « oh non c’est ça que je veux faire, ils m’ont pris l’idée » (rires).

Je suis un vieux fan des générations d’avant, du speed power à la Gamma Ray, et moi je voulais rajouter encore de l’arrangement, à l’époque ca se faisait très « petitement ». Puis sont arrivés les Angra et Rhapsody et ça m’a conforté dans l’idée. De toute façons il n’y aurait pas eu eux, j’aurais quand même fait, mais ça aurait été plus dur, je pense.

On demande toujours une année de formation du groupe, mais c’est très flou, car les premières compos datent de 1999. Vers 2002, ça a commencé à avoir une forme de groupe puisque Yoyo (Yosh, violoniste) est entré.

Aurélien : Nous sommes à l’ère d’internet : pour le recrutement ça s’est fait extrêmement facilement, il y avait mon myspace. Tony a carrément cherché dans les fans du batteur de Mike Terrana. Étant un fan de ce dernier, il m’a donc trouvé, vu des vidéos et visiblement ça lui a plu.

Frédéric : J’ai vu par myspace que Qantice cherchait un bassiste. J’ai écouté les morceaux, j’ai tout de suite été emballé, je me suis dit ça correspond bien à mon style de jeu, assez rapide, avec des élaborations, des changements de rythme, c’est assez riche. J’ai été vraiment intéressé !

Tony : Fred a un bon bagage musical, et ça m’a beaucoup intéressé, car il m’arrive de faire des virages, des trucs un peu inattendus, et lui peut le faire. De plus, avec deux doigts, il peut aller aussi vite que des gens au médiator. Jamais vu de power métal qui se jouait comme ça. C’est un exploit technique, au même titre qu’Aurélien qui est un cogneur fou sur ses fûts.

Aurélien : …c’est une rumeur. (rires)

Yosh : Alors ma formation c’est vraiment de l’orchestre symphonique. Je joue aussi bien du classique, des musiques de films, des musiques tziganes : un assez large programme.

Vince : Alors pour moi ce n’est pas par l’ère myspace, mais par une annonce dans Hard Rock Magazine. Je l’ai vu et je me suis dit « Pourquoi pas … ».
Tony m’a envoyé les démos, je savais qu’il cherchait un chanteur un peu dans l’esprit de Andre Matos, et tous ces chanteurs avec une voix un peu haut perchée. Donc on s’est rencontré à Paris, on a bossé les morceaux ensemble, le feeling est plutôt bien passé, et dans la foulée on a enregistré l’album. Il y a eu beaucoup de travail, pas mal de montées sur Paris, vu que je suis d’Aix en Provence, ce n’était pas toujours facile. Mais globalement les choses se sont faites plus ou moins rapidement.
Je pense que le fait de connaitre Kevin Codfert, d’Adagio, a accéléré l’enregistrement de l’album, car si Tony avait du s’occuper de tout, on en serait pas encore là.

Tony : Vince connait Kevin (Codfert) car ils ont joué dans un groupe ensemble.

Vince : Oui avec Kevin on se connait plutôt bien, on a la même approche au niveau du travail, donc le fait de lui présenter Tony et le travail de Qantice ne pouvait faire que du bien à l’album.

Tony : J’ai enregistré plus ou moins bien des tonnes et des tonnes de pistes, entre 1999 et 2007. J’ai réussi à y faire du tri, à reprendre parfois ce qui avait été mal enregistré, et de faire sonner ça bien, alors que je suis pas du tout ingénieur son.
Kevin m’a fait part de mes maladresses, et il a tout rattrapé. Donc un énorme boulot fourni, il a passé un mois a mixé ça, alors que c’est 15 jours pour un album normal ! Il en découvrait toujours plus, « ah tiens du hautbois, du cor… », mais a été très patient et on s’est bien entendu.
Ca a fait monter d’un cran l’ambition du projet, ça nous a fait avancer ! Je continue d’ailleurs à lui demander conseil, au moins une fois par mois.

Thibault : Depuis quand exercez vous chacun de votre instrument ? Ca vous est venu tout de suite, ou vous avez tâtonné avant ?

Vince : Alors au départ je faisais de la guitare, et puis un jour je me suis coincé les doigts dans une porte, ma mère m’a dit « dis donc t’as une voix, faudrait en faire quelque chose ! » (rires)
A partir de là j’ai pris des cours de chant, avec un professeur de chant lyrique pendant quatre ans. Ensuite j’ai découvert la scène, j’ai travaillé le côté professionnel.
J’ai travaillé dans une école le chant avec la musique pendant un an, ce fût une très bonne expérience.

Tony : J’ai commencé la guitare à 18 ans, j’en ai 38 ça fait donc 20 ans que j’en joue. J’ai toujours été attiré par le style heavy à la Iron Maiden et Helloween. J’ai évolué lentement, je ne suis pas un surdoué mais je suis quelqu’un de déterminé, et donc ça s’est fait doucement mais sûrement !
J’avais déjà fait de la guitare avant de faire Qantice. Tout ce que j’ai fait autour m’a inspiré, comme le rock celtique, que je fais toujours d’ailleurs, du médiéval avec le Naheulband, je m’éclate comme un fou.

Aurélien : J’ai 23 ans, et j’ai commencé la batterie à 7 ans. Si j’avais pu commencer avant je l’aurais fait, mais mes parents me disaient on verra plus tard. Mais quand ils ont compris que j’étais vraiment motivé, j’ai pu débuter les cours, pendant 6 ans avec un professeur qui m’enseignait plutôt les percussions que le rock. Mais très rapidement j’ai eu un attrait pour ce qui avait un peu plus d’énergie : le métal. J’ai eu d’autres expériences en groupe avant, tous styles confondus, du jazz, du blues, du funk, du rock, du métal extrême, et avec Qantice je me suis retrouvé, j’ai trouvé un métal riche, bien fait, et quelque chose qui me plaira.

Yosh : Moi j’ai commencé le violon à trois ans et demi, et j’en ai 31, donc plus de la moitié de ma vie. J’ai débuté, non pas par amour de l’instrument, mais plutôt par la volonté de mon père d’avoir un violoniste dans la famille. J’ai aimé, mais resté cantonné au classique c’était moyen pour mon jeu, et il a fallu que je sorte de là. J’ai donc élargi mon jeu, allant du rock aux musiques du monde, ce qui m’a permit de posséder un jeu polyvalent, très symphonique, et pouvant aussi s’adapter aux musiques extrêmes. C’est vraiment un style dans lequel je me retrouve !


Thibault : Vous avez trouvé un label plutôt rapidement, comment s’est déroulé la recherche ?

Tony : On a envoyé la démo à plein de labels, il y en a un ou deux qui étaient intéressés, mais pas très chaud non plus. Et je n’avais pas envoyé de démo à Brennus Records. Après l’album a été créé, mais j’ai mis environ un an avant d’appeler Brennus. Il a tout de suite été emballé et on a signé.

Thibault : The Cosmocinesy est  sorti en avril 2009. Et on est le 16 octobre 2010. Qu’y-t-il eu entre ces deux dates ? D’autres concerts ? Avez-vous réfléchi sur un second album ?

Tony : Je suis quelqu’un de lent, dans tout ce que je fais. Déjà le groupe n’était pas complet. Il faut savoir que sur l’album, il y avait beaucoup d’invités, je n’avais pas de bassiste non plus, c’est un pote à moi qui m’a aidé pour deux morceaux, le reste je l’ai fait moi-même. Donc il a fallu recruter du monde.
Et pendant presque un an j’ai fait la promo, deux heures par jour j’étais sur myspace à recruter des gens, à remuer ciel et terre pour trouver des distributeurs.
Le label Brennus avait ses réseaux, mais il ne rechigne pas à ce que le groupe se fasse aussi sa propre pub ! Sur myspace, j’ai recruté tellement de gens que j’ai trouvé des tas de petites radios, des podcasts, ils ont passé le morceau.
Pour venir au second album, oui il est déjà bien avancé, mais je laisse mûrir, c’est comme les pommes. Je laisse faire les choses, j’avance petit à petit.
Puis au bout d’un moment, quand les fans ont commencé à arriver un peu, ils m’ont demandé des dates de concert, j’ai commencé à y penser. Il y avait tout le monde sauf un bassiste, donc en trouver un à pris 6 mois de notre temps. Fred est entré dans le groupe en avril 2010, mais il n’était pas question de faire un concert directement, on a fait une grande répèt au mois d’aout, et puis voilà, on est arrivé au 16 octobre. On a vraiment pris le temps parce que c’est une musique très compliqué.
Donc ce soir ne sera peut être pas parfait, mais il faut bien se jeter à l’eau. Mais d’être à plusieurs crée une inertie, j’ai par exemple été beaucoup aidé par Aurélien, qui a fait des tas de petits montages vidéos. Je commence un peu à déléguer, donc du coup ca va deux fois plus vite.
Le but serait de faire tourner Qantice, de faire d’autres concerts dans l’année, puis en début 2011, et en parallèle de continuer à créer le deuxième album. Je ne donne pas de dates, mais ça peut être dans 2-3 ans si tout se passe bien. Ca prend du temps, mais je veux que ce soit vraiment bon, et vu que je suis perfectionniste, ça dure. Mais ca peut aller plus vite, on a le coté humain qui n’est pas négligeable, notamment les musiciens, je n’aurais plus à faire les samples, ca sera de vrais instruments. Tous les samples que l’on peut entendre dans l’album c’est moi qui les ai monté note après note.
Je vais continuer à travailler avec Kevin (d’Adagio), mais cette fois ci dès les prises de sons, pour avoir un son plus gros, mieux.
La lenteur est aussi expliqué par le fait qu’on n’a pas un budget énorme, donc c’est de l’artisanal…


Thibault (à Tony) : Est-ce que les autres membres du groupe ont donné leur point de vue sur les compos, quitte à les modifier, ou se sont-ils contentés de jouer ce que tu avais créé ?

Vince : L’album était déjà composé, préparé par Tony, donc au niveau de l’album on a chacun eu nos parties. Mais après on a tous notre passé musical, donc chacun a apporté son style, et c’est vrai que ça se ressent plus sur scène que sur l’album.

Tony : Vince est dans une position intermédiaire. Il est arrivé, les lignes de chant étaient posées, et j’y tenais, donc il y a des fois je disais « Ok ! C’est bon », d’autres où je disais « Oh non, ce n’est pas comme ça que je le voulais ». Il y a eu de la négociation au moment il a chanté et fait son travail, parce que je lui demandais parfois des trucs super hauts, quasi impossible pour sa voix. Donc on a descendu d’un ton.
Heureusement qu’il a pu me dire ce qui allait pas, parce que penser une mélodie de chant quand on n’est pas chanteur, ce n’est pas simple. Mais maintenant je connais son répertoire, comment il chante et dans quel style il s’épanouit le plus.

Vince : Pour l’album c’est vrai que quand je suis arrivé, il avait tout préparé, il n’y avait plus qu’à poser une voix. Mais sur ce qu’il a écrit, heureusement qu’il a eu affaire à un chanteur avec une voix plutôt haut perché, parce qu’autrement, quelqu’un qui avait une tonalité en dessous ça passait pas. Et encore il y a pas mal de trucs qu’il a fallu retoucher ensemble, comme par exemple sur Pirates. Le premier essai ne passait pas du tout. Il voulait une voix vraiment haute, et, sans être vulgaire, j’en ai chié !!


Thibault : Et vous, votre ressenti par rapport aux compositions de Tony ?

Aurélien : Pour moi, comme je l’ai dit toute a l’heure, c’était très bien fait, et c’était un défi d’apprendre tout ce qui avait été composé, autant de mémoire que technique. Mais j’y ai quand même apporté ma touche personnelle, car bien que la batterie ait été bien faite, ça n’avait pas été pensé par un batteur à l’origine. Donc il y a quelques modifications apportées, j’ai notamment privilégié un jeu efficace plutôt que ultra technique.
J’adore la batterie rentre-dedans, et ça se ressent un peu sur les morceaux.

Frederic : Pour la basse, Tony a fait les 90% et j’ai apporté les 10% restants. J’ai modifié un passing dans Pirates, qui est de mon invention. J’ai eu carte blanche par Tony sur certains morceaux, notamment sur Burial Wave. J’ai pu m’exprimer, mais globalement je reste assez fidèle à ce que propose Tony à la base.
Il faut savoir aussi que j’ai un son jazz fusion, et non métal, et pour l’auditeur ça a un rendu tout autre. De plus, je ne joue pas avec médiator, donc on a un rendu de son plus chaud, presqu’innovant.

Yosh : Alors à la différence de mes collègues, c’est que je ne suis qu’interprète. Et le problème d’interprète, c’est de rentrer dans l’univers du compositeur. Pour moi ça ne pose pas de problèmes, le plus dur a été surtout les passages techniques.
Dans l’écriture de Qantice, la composition est très guitaristique par moments, et je ne voulais pas l’arranger de façon violonistique, ou le mois possible en tout cas. Pour moi c’était une épreuve car jamais je ne trouverais cela dans d’autres domaines. J’essaie de ne rien changer car encore une fois je suis 100% interprète, et je vais dans le sens du compositeur.


Thibault : Vous avez tous cité au moins une fois « Pirates » ! C’est voulu, est-ce celle qui vous a le plus marqué, ou que vous préférez jouer ? Sinon laquelle préférez vous ?

Tony : C’est la plus ancienne, la plus travaillé, et il faut tenir le rythme, ça bouge tout le temps, il y a un million de breaks, c’est un truc à rallonge, avec des mélodies qui se créent les unes à la suite des autres.
Et puis je ne voulais pas faire dix chansons comme celle là, donc j’ai tenté de varier, mais à la base Pirates est le plus ancien. Mais j’adore les autres, ce sont toutes mes bébés.

Frederic : Moi j’apprécie beaucoup de jouer Hero That You Need, avec ses sonorités musique de films.

Vince : Pour moi ce sera Megantrop, c’est une vraie performance, il m’a demandé le plus de travail.

Yosh : Pour moi ce sera l’instrumentale de The Least Worst Ending.

Aurélien : Ca va être difficile pour moi, parce que le morceau qui m’a touché est celui où il n’y a pas de batterie, Ocean Eclipse. Mais justement, les ballades c’est un travail dangereux, car cela peut sonner ridicule, or là pour moi elle est parfaite. Elle m’a vraiment touché.
Après si je devais citer la chanson qui représente tout l’album, ce serait The Megantrop, car c’est important pour l’histoire.


Thibault : Un dernier mot pour les lecteurs et auditeurs de La Grosse Radio ?

Tony : Bravo! Pourquoi? Tout simplement pour avoir la bonne idée d’écouter une webradio animée par d’authentiques passionnés qui soutiennent si bien les petits groupes indépendants.
D’ailleurs, je ne devrais pas dire « petits », car maintenant qu’on a été interviewé pour La Grosse Radio, ça y est: Qantice a La Grosse Tête!!

Un projet imposant créé par Tony, innovant sur plus d’une chanson, et une bonne humeur au sein du groupe ont fait de cette interview un bon moment. Encore une fois, navré du retard !



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