Battlelore – Doombound

Un peu moins de 3 ans après un The Last Alliance en demi-teinte, les finlandais de Battlelore et leur metal bien à eux nous reviennent avec 6ème album studio intitulé Doombound. Alors que celui-ci verra le jour en France le lundi 31 janvier prochain via Napalm Records, on est en droit de se poser la question... est-ce que le combo nordique en a encore sous le pied ?

Car autant dire les choses comme elles sont, le précédent opus avait déçu bon nombre de leurs fans. Une inquiétude s'élevait ainsi parmi leurs rangs quant à la qualité de cette nouvelle offrande. Cette fois-ci, Battlelore a pris son temps et a peut-être compris que trop se précipiter n'amenait pas que de bonnes choses (The Last Alliance étant né moins de deux ans après le très bon Evernight, on pouvait légitimement poser ce postulat). Ainsi, Doombound nous réserve quelques surprises, de bonnes surprises...

Dès son ouverture, le ton pesant et épique d'un combo au son bien singulier nous saute aux oreilles. Ce "Bloodstained" annonce la couleur d'une musique plus maîtrisée et d'une production parfaitement équilibrée, un drame semble d'ailleurs se jouer autour du thème abordé dans cet opus.

Battlelore aime Tolkien, ceci n'est pas une nouveauté, et base donc une nouvelle fois un de ces travaux sur l'une des oeuvres du grand romancier auteur entre autre du Seigneur des Anneaux. Cette fois-ci, le concept est total car chaque chanson se veut en quelque sorte un chapitre du destin de Túrin Turambar, héros du roman Les Enfants de Húrin. Amis fans de fantasy, de metal épique et atmosphérique à la fois puissant et épuré, voici donc un album fait pour vous...

Malgré une grande uniformité globable des compositions (Battlelore se tient souvent ici à un registre mélodique "restreint" mais justifié par l'histoire contée), l'ennui ne s'installe guère et ce disque se dévore comme un bon livre. Très vite, des images se font dans nos esprits, et on se laisse aller...

Ainsi, de nombreuses écoutes s'avèrent nécessaire pour bien juger et apprécier chaque morceau à part entière, ceux-ci s'inscrivant facilement dans un tout. Certains d'entre eux se révèlent pourtant terriblement efficaces "pris à part" lors d'une analyse plus en profondeur...

Et accrochez-vous, car quand Battlelore se veut hymnesque et entraînant, rien ne résiste. Prenez l'exemple du morceau en finnois intitulé "Kärmessurma", une vraie pépite riffée à la perfection où Tomi Mykkänen expulse ses growls avec cette pureté qui le caractérise. Que dire alors de la deuxième partie du morceau relevée par la grâce de la chanteuse Kaisa Jouhki ainsi qu'une instrumentalisation aux petits oignons ? Ou l'art de savoir intégrer un violon et de groover sa basse pour le plaisir du fan dévorant d'espace musical...

Vous l'avez compris, le duo chant de Battlelore s'accorde ici de manière quasi royale. Les performances alternées de Tomi et Kaisa ne se résument cependant pas à ce merveilleux morceau, elles savent également faire mouche à certains moments choisis. Le titre suivant par exemple, "Olden Gods", offre une merveilleuse alternance habillée de quelques à coups speed pseudo blackisant. Quoi de mieux pour représenter ici l'univers Tolkien ?

Quant au (quasi) fin mot musical, il revient au morceau éponyme ("Doombound" donc) qui ferait tomber plus d'un orque dans le gouffre de la Moria. Vous avez dit "épique" ? Pas qu'un peu, toute cette dénomination propre au groupe prend ici tout son sens et revêt même ses apparats de guerriers. Tomi y lâche sa puissance comme rarement, Kaisa explose littéralement son talent sans pour autant tomber dans la démonstration (pas un mince exploit), et le reste suit si bien que nous n'avons plus qu'une chose à faire : nous taire et écouter. Surtout cette partie acoustique/piano/violon/Kaisa à l'allure elfique qui pourra vous bercer jour et nuit. Vous verrez... D'autant plus que "Kielo", l'instrumentale (quasi orchestrale) qui suit et conclut l'album, est loin d'être anodine...

Si globalement l'album se laisse aller sans souci à une écoute glorieuse, les claviers de Maria n'y sont certainement pas pour rien. Alliés au rythme souvent pesant ("Bow and Helm", "Fate of the Betrayed"), parfois plus rapide et saccadé ("Iron of Death" et son introduction), d'un trio guitares-basse-batterie aux tonalités martiales aériennes, ils survolent les notes et aèrent d'autant plus une atmosphère jonglant ainsi entre noirceur et légèreté sybilline. Une véritable présence féminine, au même titre que Kaisa, dans ce toucher délicat qui adoucit parfaitement un monde musical de brutes.

Battlelore

Alors évidemment, tout n'est pas parfait et quelques éléments de longueur s'étirent parfois un peu trop - mais c'est en cela que la musique dite "épique" peut parfois jouer quelques tours. Certains morceaux s'avèrent ainsi moins prenant bien que se faisant une place logique dans la progression du CD. L'ennivrement baisse ainsi, parfois, mais n'hésite heureusement pas à faire son retour à quelques moments opportuns...

Une galette au doux goût guerrier, à la solidité fragile, que nous offrent ici nos amis de Battlelore. Et il n'y a rien de meilleur qu'un disque qui sait jouer sur les paradoxes pour ainsi marier les couleurs...

Note : 8/10

Battlelore sur La Grosse Radio

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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