Entretien avec Svartsot

L’ambiance est chaude et bruyante dans la taverne au premier étage de La Machine parmis les festivaliers qui mangent des fèves au lard, de la cive de bœuf tout en buvant de l’hypocrasse. On se trouve une table et Svartsot au complet s’installe, visiblement heureux de venir jouer pour la première fois chez nous.

Lionel / Born 666 : Tout d’abord si j’ai bien suivi, votre dernier album Vældet vient tout juste de sortir… 

Cris Frederiksen : Oui absolument il est sorti en Allemagne, en Autriche et en Suisse vendredi dernier (20 février 2015) ans oublier le Danemark bien sûr. Pour le reste de l’Europe, ce sera pour demain lundi si vous êtes assez patient (23/02/2015).

Lionel : Et vous avez mis deux ans pour l’écrire… 

Cris Frederiksen : Oui on a mis deux ans pour le faire, on l’a enregistré il y a déjà un an. Ensuite on a reculé la sortie de l’album.

Svartsot


Lionel : Quels sont les principales différences avec votre album Maledictus Eris qui était sorti en 2011?

Cris Frederiksen : Tout d’abord on peut dire qu’il est beaucoup plus progressif, plus heavy que ce que l’on avait fait jusqu’à là…

James Atkin : Oui absolument. On est allé beaucoup plus loin dans le processus de création, de trouver des paroles, des mélodies, la capacité de créer de nouvelles structures musicales. On peut y voir des structures plus complexes en ce qui concerne les morceaux, les chansons, mais on arrive toujours à capturer des mélodies assez « catchy » avec toujours des paroles qui ont du fond. Ça marche avec des mélodies qui restent percutantes avec des paroles sensées un peu comme avec le travail qu’on a fait sur Maledictus Eris.

Lionel : Est-ce encore un nouveau concept album comme avec Maledictus Eris qui parlait de la peste ?

Cris Frederiksen : Oui c’en est un…c’est à propos des célébrations, celles des Midsummer au Danemark.

Lionel : Ce sont des célébrations que vous vivez avec d’autres pays comme la Suède en Juin ?

Cris Frederiksen : Oui absolument, et au départ on voulait sortir l’album l’année dernière au moment de cette fête. Mais cette idée, ce concept nous est apparu il y a deux ans…

Svartsot


Lionel : En tant que musicien est-ce plus difficile pour vous de réaliser un album concept qu’un album normal avec des chansons qui se suivent ?

Cris Frederiksen : Pour certaines choses c’est plus facile et pour d’autres non.

James Atkin : Il est plus facile de faire la promotion d’un album qui a été créé par rapport à un concept car il est plus facile d’expliquer la vision globale. Par la suite, pour les gens c’est plus facile de comprendre l’idée et l’ambiance d’un album, titre après titre et la logique qu’il y a. Et la comparaison entre les célébrations du Midsummer et la Peste Noire dont on parlait sur Maledictus Eris donne un ton plus lourd, plus sombre à l’album et donne un ton plus théâtral à Vældet.

Lionel : Je te comprends mais en France ces célébrations ne veulent pas dire grand-chose. Peux-tu nous en dire plus afin que l’on comprenne l’esprit et le concept du nouvel album ?

Cris Frederiksen : Je pense que la chose la plus spéciale en ce qui concerne cette période des pays nordiques c’est que les nuits sont très lumineuses jusqu’aux Célébrations du Midsummer (lors du solstice d'été, entre le 21 et le 25 juin), ensuite les journées vont diminuer. L’idée derrière tout ça c’est le côté « evil » qui se cache dans cet esprit car après la lumière viendra la nuit. On en profite pour faire d’énormes feux d’artifice en haut des collines, beaucoup de feux (un peu comme celle de la Saint Jean en France). D’ailleurs à cette période il y a de nombreux festivals qui sont organisés dans les pays scandinaves (en Suède, son importance est telle qu'il a été envisagé de déplacer la fête nationale le jour précédant les célébrations afin de maintenir du public).

Svartsot


Lionel : Il y a des morceaux chantés en anglais ?

Cris Frederiksen : Non tout est en danois.

Lionel : Votre musique est entrainante, joyeuse et festive mais les paroles peuvent être tristes, parlant de la peste, du mal et de légendes obscures.

James Atkin : Généralement on essaye d’écrire de nombreux morceaux. Tout d’abord la musique arrive en premier ensuite essaye que les paroles soient en rapport à l’ambiance musicale. Ensuite quand on met les titres ensemble on commence à voir ce à quoi va ressembler l’album. Certaines musiques ont été spécifiquement écrites pour fonctionner avec les paroles.

Certains morceaux différents ont des choses en commun, ensuite on se rend compte que certains points convergent, « les beuveries », la nuit, les feux d’artifice, et c’est comme ça que cela se passe mais on est avant tout un groupe de heavy metal avec des paroles horribles.
Mais traditionnellement la musique folk traditionnelle à toujours un côté très sombre, malfaisant et quand tu écoutes les paroles de ces vielles chansons folk cela parle d’injustice, du Mal, de choses tristes et dépressives. Et beaucoup de ces histoires existent depuis très longtemps. Ce sont des thèmes que l’on retrouve dans l’univers du heavy metal. On trouve donc noter inspiration dans toutes ses histoires anciennes. C’est donc un bon équilibre entre la tradition et le côté moderne du heavy.

Svartsot


Lionel : C’est votre première date en France je crois ?

Cris Frederiksen : Oui et ça va être une belle soirée. Mais malheureusement on ne reste qu’une seule journée parce que l’on doit rentrer demain.

Et pour ce soir comment est composée votre setlist ?

Cris Frederiksen : On va jouer de nouveaux morceaux de notre nouvel album mais aussi bien sûr de vieux titres. Des choses que le public attend et écoute depuis longtemps.

Lionel : Que pensez-vous des critiques qui disent que le folk metal c’est un peu toujours la même chose avec ces instruments traditionnels, les mêmes mélodies prévisibles…

James Atkin : Je ne pense pas que ce soit le cas en ce qui nous concerne. Tout dépend comment tu écoutes la musique. Si tu enlèves le son des riffs de guitare tu te rends compte de ce qui se passe, comment cela fonctionne. Dans beaucoup de groupes de folk metal la mélodie est dirigée par les instruments traditionnels et les guitares sont là plutôt en arrière plan pour donner le côté « heavy ».elles suivent le « lead » de la mélodie ainsi que les harmonies. Donc si tu te concentres là-dessus tu vois que c’est du heavy folk music ou du heavy avec une rythmique folk.

Lionel : Il y a une actualité assez triste qui lie le Danemark à la France avec ces actes terroristes. Comment l’avez-vous vécu ?

Cris Frederiksen : Les dégâts étaient sérieux, mais chez nous il n’y avait qu’un homme. Il devait être malade dans sa tête et n’avait pas l’air très organisé. En revanche en France, ils étaient plus nombreux et paraissaient beaucoup mieux organisés. Mais c’est une chose absolument atroce.

Lionel : Vous allez avoir le temps de regarder des groupes pendant le Cernunnos ?

James Atkin : Oui on l’espère. On a vu Stille Volk. Ils ont joué backstage en acoustique et c’était excellent, fantastique, un grand show backstage. (rires) Si vous aviez eu votre pass vous auriez pu y assister. J’en ai profité pour les filmer.

Lionel : On vous attendait depuis si longtemps en France, vous pensez tourner plus souvent chez nous maintenant ?

Oui on l’espère, on a très envi de revenir chez vous…

Photos : © 2015 Lionel /Born 666
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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