Korpiklaani – Ukon Wacka

Alors ça y est, nous voici rendus à chroniquer l’album quasi annuel des folk metalleux finlandais Korpiklaani… *soupir* … Bon désolé hein, ce n’est pas pour cracher dans la soupe mais voilà quoi. Euh… c’est que… comment dire… *cherche ses mots* … Disons que le précédent, Karkelo, bien que plus axé sur les guitares et donc metal, avait quelque peu déçu malgré ses légères surprises. Et celui d’avant alors ? Bof, Korven Kuningas ne restera pas non plus dans les mémoires malgré ses hymnes sympathiques. Non, force est de constater que ce groupe pourtant brillant et pétillant stagnait quelque peu après des débuts en fanfare, le triptique Spirit of the Forest / Voice of Wilderness / Tales Along This Road ayant enflammé les chaumières. En effet, quel folk metalleux quelque peu éméché n’a pas dansé en se prenant meubles et tables basses sur les « Wooden Pints », « Hunting Song » ou autre « Happy Little Boozer » ? Oups, je crois que l’on s’égare un brin…

Toujours est-il qu’après une année 2010 sans sortie officielle (!!), Korpiklaani nous revient enfin (!) avec un 7ème album studio (en 8 ans !!) intitulé Ukon Wacka et disponible chez Nuclear Blast depuis le 4 février 2011. C’est à la fois empreint d’une certaine excitation mais aussi d’une petite crainte que l’on se plonge dans cette offrande aux tournures toujours aussi éméchées…

Quel sentiment va-t-il donc l’emporter ? Suspense ! En attendant, l’avant-goût « Tequila » avait soufflé autant le chaud que le froid, n’apportant pas grand chose musicalement parlant mais offrant une touche latino assez originale à un groupe qui justement en avait besoin, d’originalité. Passons sur le clip qui l’accompagnait, disons sincèrement qu’on avait connu « pire » comme premier morceau « mise en bouche ». Après, bien évidemment, l’album est très loin de ressembler à une orgie de musique pouet pouet à saveur mexicaine…

L’autre single, le vrai et l’unique tout compte fait (le précédent servant simplement de support vidéo), l’éponyme « Ukon Wacka », nous replonge dans ce que Korpi sait faire le mieux : une ambiance shamnique plus froide, plus contrôlée, avec ici un côté festif retenu pour laisser place au chant pénétrant de l’artiste rock Tuomari Nurmio invité pour l’occasion. Imaginez un peu Johnny Hallydady sur un single de Dagoba… C’est un peu là que nous nous situons, les barrières musicales en moins puisque le combo finlandais affirme ouvertement s’être inspiré des travaux de la légende locale.

Sans nous ébourriffer, ce premier (enfin deuxième pour être exact, mais vous aurez compris) extrait nous convainc. Poussant plus loin cet esprit « ancestral » et ce côté « sorcellerie venue du nord », l’excellente piste « Koivu Ja Tähti » nous scotche quant à elle sur place. A rapprocher du morceau éponyme en un sens, mais bien plus hypnotisant au final. Voici un brin de nostalgie à la mélodie tournoyante qui nous renvoie aux grandes heures d’un « Tuli Kokko » (pour les connaisseurs). Alors là, on dit chapeau et on s’en retourne vers le reste, espérant tenir ici l’un des albums de l’année…

N’exagérons donc pas et redevenos pragmatiques quelques instants. Il s’agit d’un Korpiklaani avec ses hauts et ses bas, des pistes comme « Päät Pois Tai Hirteen » ou « Korvesta Liha » (trop dans le « déjà entendu » westernien) faisant un peu retomber le soufflet. D’autres, comme « Lonkkalut », se sauvent du marasme grâce à quelques moments bien prenants. La petite instru « Vaarinpolka », certes parée de très bonnes intentions, n’ayant quant à elle fort heureusement point le temps de s’essouffler…

Passés ces légers écueils qui trouveront certainement un écho positif chez beaucoup de fans, le reste s’avère plus que convaincant et nous réconcilie de manière probante avec un groupe qui semble avoir repris du poil de la bête ainsi qu’une inspiration plus personnelle. D’autant plus que la production, à la fois plus affinée et plus puissante, soutient largement un son parfaitement équilibré entre gros riffs et instruments folk en tout genre. Ici, violons et flûtes viennent renforcer la finesse de certaines compositions sans pour autant leur retirer leur côté metal.

Cet Ukon Wacka débute ainsi tambour battant avec « Louhen Yhdeksäs Poika » et ses mélodies festives simplistes à faire remuer un croque-mort, il ne faiblira d’ailleurs point via ce « Tuoppi Otta » (certes proche du précédemment nommé niveau mélodie) jouissant d’une énergie décuplée : Jonne Järvelä semble définitivement prêt à s’arracher les cordes vocales comme au bon vieux temps et ceci sans concession.

Et alors, et alors ? On ne peut que sourire de soulagement lorsqu’un tel disque se conclut aussi brillamment, via un « Surma » et son intro flûte/flûte-violon/flûte-violon-accordéon (bon vous avez pigé hein, ça monte au fur et à mesure, instrument par instrument, jusqu’à partir en embardée metal) aux allures d’hymne quasi épique pour un morceau remarquablement bien construit qui aurait bien pu atteindre les 10 minutes sans que l’on s’en rende compte. Allez les gars, un jour il faudra oser ! Avec telle finition, on a l’impression de ne pas avoir perdu notre temps, en tout cas nous ne l’avons pas vu passer et cela reste un signe fort…

Korpiklaani 2011

Evidemment, la redondance et la lassitude sur la durée guette quelque peu ce CD, mais c’est bien là le dilemme d’une musique que l’on veut au final peu variée mais festive. Alors, si Korpiklaani ne change pas des masses, il a au moins le mérite de se laisser aller sans concession et de trouver des inspirations plus poussées pour un but simple et unique : nous divertir. Et surtout nous ravir en live ! A partir de là, le contrat s’avère rempli, et il n’y a plus grand chose à redire…

Note : 8/10

Interview de Jonne Järvelä à propos du nouvel album
Korpiklaani sur La Grosse Radio

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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