Carach Angren – This Is No Fairytale

Ils moururent malheureux et n’eurent jamais d’enfants…

« Il était une fois », c’est le nom du titre d’ouverture de ce quatrième album des Néerlandais de Carach Angren. Un titre parfait tant le trio a toujours mis un point d’honneur à soigner sa narration, chacune de ses sorties étant un concept album. Ne cherchez ni refrains ni rimes dans la musique de Carach Angren, toutes les paroles sont faites pour raconter des histoires d’horreur sur fond de black metal symphonique de haute volée. Avec This Is No Fairytale, les Bataves s’attaquent cette fois au thème des contes de fée en revisitant l’histoire de Hansel et Gretel à la sauce metal.

L’intro "Once Upon A Time" ne surprendra pas les fans, car il s’agit d’une courte piste orchestrale servant à installer l’ambiance, comme on en retrouve sur les autres albums de Carach Angren. Le calme et la beauté de cette introduction contrastent avec le violent "There’s No Place Like Home" qui suit ! Un morceau qui pourrait presque résumer tout l’album, le groupe nous présentant ici son opus le plus agressif et malsain. Il y aura en effet très peu d’accalmies tout au long du récit qui raconte comment deux enfants fuyant un père qui les bat vont se retrouver pris au piège par un clown maléfique. Sans rien dévoiler de l’histoire, il y sera question de viande…

Encore une fois, le trio a soigné ses ambiances au service de cette histoire, les orchestrations de Ardek se faisant encore plus cinématiques (on parle là du cinéma d’horreur bien entendu, mais il y a aussi quelques écarts du côté de la fantasy) que par le passé et Seregor variant encore plus sa voix. Il passe du chant typiquement black metal, aux chuchotements en passant par des growls caverneux presque inédits jusque-là pour Carach Angren.

Les paroles elles-mêmes sont plus directes et malsaines que par le passé. Plus rien n’est suggéré, tout est dit. Le groupe y perd en finesse, mais gagne forcément en impact. C’est en revanche toujours un plaisir de suivre les paroles en même temps que la musique, la voix si expressive de Seregor (véritable plus-value de Carach Angren, il n’hésite toujours pas à utiliser des rires, des cris et d’autres artifices pour faire passer les émotions) faisant toujours son effet.  On peut en réalité dire que les Néerlandais ont pris tous les aspects de leur musique qui faisaient leur spécificité et les ont encore amplifiés pour ce disque.

Ce qui nous amène au défaut de This Is No Fairytale, et de la musique de Carach Angren en général, le tout peut paraître cliché, voire grotesque. Pas certain que laisser tomber les histoires de fantômes et de revenants pour un thème plus gore ne fera que des heureux. Les plus fervents défenseurs de la cause du TRVE BLACK METAL se feront à nouveau un plaisir de démolir le groupe pour ses claviers et orchestrations volontairement envahissants dans le mix.

This Is No Fairytale porte donc très bien son nom tant la musique, sans compromis, est à l’image des péripéties racontées par cette nouvelle histoire. L’album n’est pas mauvais et s’inscrit dans une lignée bien plus agressive que ses prédécesseurs, mais crée toujours cette même fascination que l’on peut ressentir à l’écoute des précédents travaux des fantômes néerlandais. Dommage que le tout manque parfois de subtilité, surtout si on le compare aux deux albums antérieurs et que le groupe sacrifie au passage la variété au profit de l’efficacité. Au final, ce nouvel opus doit être vu comme ce qu’il est : un manifeste de black symphonique un brin pompeux qui plaira à ceux qui aiment se plonger dans les histoires macabres.

7,5/10

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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