Steel Panther (+ Like a Storm et Black Veil Brides) à  l’Olympia (16.03.2015)

Fidèles à la capitale, qu’ils visitent plus d’une fois par an en moyenne, la bande décalée de Michael Starr investit l’Olympia, leur plus grande salle à Paris après plusieurs Bataclans remplis les années passées.

Pari réussi en terme d’affluence : le concert est sold out, et les fans de Steel Panther font la queue depuis le début de l’après-midi pour certains. Le début des hostilités est prévu pour 20h, avec Like A Storm en première partie. Les Américains de Black Veil Brides, dont la tournée européenne croisait celle de leurs amis de Steel Panther, se joignent également à la fête en tant qu’invités spéciaux.

Like A Storm
 

Le groupe néo-zélandais réalise son premier passage en France après 6 ans d’activité. Leur registre est proche de Bullet For My Valentine par exemple, ce qui n’est pas forcément désagréable mais est assez peu cohérent avec le style de la tête d’affiche. Le set du groupe a lieu devant une salle à moitié pleine, qui lui réserve un accueil mitigé : les applaudissements sont conséquents, mais le public ne se laisse que peu embarquer pendant les morceaux.

Visuellement, le décor est assez basique mais réussi, avec quelques petite éléments posés sur les têtes d’amplis, et un style qui rappelle les scènes trash de Pantera par exemple. Musicalement, si le groupe ne révolutionne rien, il offre une prestation honnête, et semble convaincu par ce qu’il fait. On note en particulier des interventions au didgeridoo originales et qui trouvent bien leur place dans les compositions exécutées ce soir. Une petite reprise assez dispensable du « TNT » d’AC/DC se glisse notamment dans le set. On regrettera un peu le statisme des musiciens, chanteur mis à part : ce dernier occupe toute la scène, et n’hésite pas à aller se frotter aux premiers rangs de l’Olympia pour interprêter son dernier titre à genoux au bord du pit.

Au final, si la prestation de Like A Storm n’est pas une révélation ni un coup de coeur, elle ne nous aura pas fait passer un mauvais moment, bien au contraire.
 

Black Veil Brides
 

A 19h45 précises, la salle est à nouveau plongée dans le noir, et on entend les nombreux fans de Black Veil Brides hurler pendant l’entrée sur scène de leurs idoles. Le groupe lance un set sans temps mort sans transition. Malheureusement, le gros point noir de leur prestation saute aux oreilles d’entrée de jeu. La balance est en effet catastrophique, ce qui ne s’arrangera pas au cours des 45 minutes allouées aux Américains. On ne comprend rien aux compositions déballées par le groupe, et le tout est noyé dans une bouillie de basses imbitable. On note également une forte compression sur le mix général, qui fait osciller le volume général du groupe, ce qui est très désagréable.

Le groupe a beau être dynamique et essayer de partager son énergie, la qualité du son se dresse comme une véritable barrière entre les musiciens et leur public. Seuls les plus gros fans de Black Veil Bride arrivent à suivre les morceaux joués et à en reprendre certains passages en choeur. On peine même à reconnaître la reprise de Billy Idol « Rebel Yell », qui remplace le « Kickstart My Heart » qui était de rigueur depuis le début de la tournée. 

Sur scène, le bassiste Ashley est le plus mobile, et joue quasiment le rôle de frontman. Il double de nombreuses parties du chanteur Andrew, grâce à un micro serre-tête qui donne un effet « télévisuel » assez bizarre. La foule suit gentiment ses invectives tout au long du set, et répond favorablement entre les morceaux par de forts applaudissements. Cette prestation ne rattrape malheureusement pas le travail de l’ingénieur du son, qui gâche réellement le concert de Black Veil Bride, dont de nombreux spectateurs attendent la fin avec impatience, certains le faisant savoir.


 

Steel Panther
 

La tension commence à monter dans le public, à l’approche de l’entrée sur scène des Californiens de Steel Panther. Pour cette nouvelle tournée défendant l’album All You Can Eat, le groupe a remplacé “The Number Of The Beast” par “Electric Eye” de Judas Priest pour introduire ses concerts. Résonne ensuite l’introduction acoustique de “Pussywhipped”, reprise en choeur par l’assemblée, avant l’entrée fracassante de Michael Starr et consorts sur la scène de l’Olympia. La foule réagit immédiatement et l’ambiance est survoltée dès les premières secondes : les refrains sont hurlés à plein poumons par tout un chacun, les mouvements de foule sont permanents et les quatre musiciens arborent un large sourire. Comme à son habitude, le groupe joue avec tous les clichés avec brio, et manie à la perfection le second degré que nous aimons chez eux. A la fin de “Party Like Tomorrow Is The End Of The World”, Satchel saute sur ses accords à la manière de Van Halen, et feint un mal de dos provoqué par les années de tournées et d’excès.

Le son est très bien balancé, chaque élément est clairement à sa place, et les moindres nuances de jeu sont audibles de tous. Le son est d’ailleurs moins fort que pendant les premières parties, et on verra de nombreuses personnes retirer leurs protections auditives pendant le set. Musicalement, c’est carré et parfaitement exécuté, la machine est bien huilée.
Après deux titres sans répit, le guitariste prend la parole, moquant au passage gentiment son collègue bassiste Lexxi Fox : lorsqu’il crie haut et fort que ce dernier ne sait pas se servir de son instrument, la foule le hue et soutient Lexxi. A propos d’instrument, Satchel présente également le frontman Michael Starr, “une grande voix, avec une petite b*te”. Ce premier discours est bien entendu une première occasion pour les musiciens de demander des “nichons”, en français, et d’obtenir satisfaction grâce à plusieurs demoiselles peu frileuses du public.

Le set reprend de plus belle, jusqu’à un prochain temps mort, après le titre “The Shocker”, qui voit les premiers rangs dresser index, majeur et auriculaire vers la scène. C’est le moment de gloire de Lexxi, qui exécute son fameux “hair solo”, sous les assauts des souffleurs de Satchel et Michael.
Pour les titres “17 Girls In A Row” et “Gloryhole”, ce ne sont pas dix-sept mais plus de vingt groupies qui sont invitées sur scène à se déhancher aux côtés de leurs idoles. Quelques paires de seins et hugs plus tard, deux titres assez dispensables de All You Can Eat sont joués : il s’agit des trop lents “Ten Strikes You’re Out” et “If I Was The King”, auxquels on aurait par exemple préféré “The Burden Of Being Wonderful”, “BVS” ou encore “She’s On The Rag”. Les deux titres son entrecoupés d’un solo de Satchel, qui remet au préalable une dose de laque afin d’assurer son show dans les meilleures conditions.

Avant le relai final aux allures de best-of, qui va déjà achever la soirée, Steel Panther calme le jeu avec un medley reprenant tous leurs titres acoustiques, le batteur Stix Zadinia prenant notamment place au clavier. Ce medley est introduit par le dernier titre des Américains, composé pour descendre le chanteur Kanye West, qui avait scandaleusement interrompu la cérémonie des Grammy Awards au début de l’année. Satchel prouve avec humour la différence entre les prestations de Steel Panther et celle de West : “Ce soir, plus de 60% des paroles que vous entendez sont chantées en live !”. S’enchaînent ensuite dans cet interlude acoustique autant de pépites que “Girl From Oklahoma” ou encore “Weenie Ride”. Le public chante plus fort encore que pendant les autres titres, tandis que Lexxi se recoiffe devant son célèbre miroir. Michael Starr se moque d’ailleurs de lui en expliquant qu’il sera la star d’un nouveau film, “Fifty Shades of Gay”.
Une demoiselle sera à nouveau invitée sur scène pour illustrer le titre phare “Asian Hooker”, sous les cris du public, et le show sera à nouveau sans temps mort jusqu’au final “Death To All But Metal” que tous hurlent à tue-tête. La bande déjantée de Steel Panther quitte la scène sous les acclamations de leurs fans, et les lumières s’éteignent tandis que tout le monde attend un rappel.

Lorsque les lumières se rallument, Michael Starr fait chanter le thème de “Gold Digging Whore” au public pendant que ses collègues se réinstallent. Il lance ensuite l’hymne “Community Property” dont l’Olympia tout entier entonne le premier couplet a cappella, devant les yeux médusés des quatre comparses : souvent en France, beaucoup de gens ne connaissent pas les paroles des groupes qu’ils écoutent, mais il faut reconnaître que dans le cas de Steel Panther, le sujet semble avoir été très étudié, et il rassemble ! 
Un dernier titre, “Party All Day (Fuck All Night)” clôt cette belle soirée, même si la façon dont se termine le morceau laisse penser qu’un troisème titre va venir compléter le rappel… morceau qui n’arrivera pas !

Pour cette quatrième date parisienne, le groupe de glam parodique fait carton plein ! L’ambiance propre à leurs shows est bien là, l’humour est toujours aussi présent, et le second degré est permanent. La setlist semble plus rafraîchie que lors de leur Bataclan 2014, et même si seulement cinq titre d’All you Can Eat ont été interprêtés, le set dégage une impression d’équlibre entre classiques et nouveautés. Seule l’éternelle montée de groupies sur scène sent un peu le réchauffé, mais fonctionne tout de même auprès du public : ne nous en cachons pas, c’est une technique marketing très efficace !
Les musiciens ont semblé plus spontanés que lors de leurs passages précédents par la capitale, et les sourires étaient sur tous les visages à la sortie de la salle : la foule aura même continué à chanter les titres de la Panthère dans les couloirs en quittant l’Olympia !
Une seule conclusion possible : vivement le retour de Steel Panther à Paris, probablement en 2016, pour encore une de ces soirées déjantées si particulières !

Setlist :
Pussywhipped
Party Like Tomorrow Is the End of the World
Fat Girl (Thar She Blows)
Tomorrow Night
The Shocker
17 Girls in a Row
Gloryhole
If I Was the King
Ten Strikes You’re Out
Kanye
Weenie Ride
Stripper Girl
Why Can’t You Trust Me
Girl From Oklahoma
Asian Hooker
Eyes of a Panther
Death to All but Metal

Rappel:
Community Property
Party All Day (Fuck All Night)

Photos et vidéo : © 2015 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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