Evergrey – Glorious Collision

On ne donnait pas cher de la peau des suédois d'EVERGREY tant le groupe semblait se diriger vers la retraite anticipée. Monday Mourning Apocalypse, avec ses titres trop produits et calibrés pour toucher le plus large public possible, n'avait pas réussi son pari, et Thorn laissait voir des musiciens toujours doués mais qui semblaient condamnés à tourner en rond. Sans compter que depuis, le line-up a été complètement chamboulé puisque seul le guitariste chanteur Tom Englund et le claviériste Rikard Zandler sont restés à bord. Dès lors, difficile de prévoir ce qu'allait proposer The Glorious Collision qui sortira le 28 février chez SPV.

Et telle une bête blessée, le EVERGREY nouveau jette toutes ses forces dans la bataille. Tout d'abord, l'arrivée des nouveaux musiciens est difficilement décelable dans le sens où les rythmiques de béton, l'identité et le son si particulier sont là, réhaussés par une envie d'en découdre qui force le respect. Toujours entre sophistication et finesse, la musique n'en oublie pas de balancer des refrains et lignes mélodiques magnifiquement pensés. Les amateurs du groupe ne manqueront pas de noter l'énergie déployée. "Leave It Behind Us", "You", le surpuissant "Frozen", autant de baffes qui font mouche au moment où l'on s'y attendait le moins. Sans oublier bien sûr les compos aux relents mélancoliques "Wrong", "The Phantom Letters", sublime montée en puissance qui en laissera plus d'un sur le carreau, les motifs de satisfaction sont nombreux devant cet album qui nous rappelle les raisons pour lesquelles nous avons aimé ce combo.

Le son des guitares a retrouvé de l'espace, Englund se lâche à nouveau au chant (et en compo), EVERGREY retrouve la foi et la grandiloquence qui lui faisaient défaut. A ce titre, Glorious Collision est la création d'un groupe qui se sert de son expérience intelligemment pour repartir sur des bases saines. Glorious Collision propose un peu des ambiances de chacun des précédents albums. Monter les amplis à 11 peut s'avérer être une excellente thérapie. Les mauvaises langues pourraient dire que le groupe fait du surplace, ce serait ignorer l'excellent état d'esprit que cet album exsude par tous les pores. On peut certes nourrir quelques regrets : que le groupe ait connu une passe créative difficile, qu'il n'ait pas toujours été assez régulier sur scène, qu'il n'ait pas réussi (ou pas essayé, c'est selon) à égaler son chef d'oeuvre, In Search of Truth restant pour ma part inégalé. Encore une fois, ce serait là faire fi de l'évidence : cet album est de loin ce que le groupe a proposé de meilleur depuis The Inner Circle.

Côte zicos, pas grand chose à redire niveau rythmique donc, mais l'absence d'Henrik Danhage à la guitare lead se fait sentir. L'album est long, une bonne heure, et comporte 2 ou 3 titres un peu moins bons qui auraient pu être mis de côté pour gagner en impact. Pour autant, un skeud de cette trempe de la part d'un groupe que l'on pensait avoir un pied dans la tombe est déjà une excellente nouvelle en soi. Et puis un petit "Out of Reach", bien que classique, fait quand même un bien fou par où il passe. Allez champagne, EVERGREY est vivant ! Reste juste à espérer qu'ils seront plus sobres sur la tournée qui s'annonce. Parce qu'avec un vrai bon album à défendre et le répertoire à disposition, il y a potentiellement de quoi voler la vedette à KAMELOT lors de leur tournée commune qui commencera le 22 avril à l'élysée montmartre. On vous tiendra au courant !

Ma note : 7,5/10 (mais avec 2 ou 3 titres pas top en moins, il serait monté à 8 facile)

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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