Max Cavalera, pour son projet Cavalera Conspiracy

Le second album du groupe/projet Cavalera Conspiracy sortira le 28 mars prochain chez Roadrunner Records. Pour l’occasion, nous avons eu la chance de pouvoir discuter quelques instants avec Max Cavalera, ancien frontman de Sepultura, une véritable légende de la scène metal. Voici le récit d’une discussion plutôt intéressante…

Ju de Melon : Bonjour Max, merci pour l’entrevue, où te trouves-tu en ce moment et à quoi occupes-tu ton temps ? Uniquement de la promo ?

Max Cavalera : Là je suis chez moi à Phoenix dans l’Arizona, tout va très bien ici. Pour le moment en effet c’est un maximum de promo avec pas mal d’interviews à faire concernant le nouvel album de Cavalera Conspiracy. On se prépare aussi pour la tournée qui devrait démarrer fin mars.

Ju de Melon : Un peu plus d’un mois avant la sortie de Blunt Force Trauma, comment te sens-tu et comment appréhendes-tu la réaction des fans ?

Max Cavalera : Je suis plutôt confiant et même excité à cette idée, je pense que nous avons vraiment réalisé un bon album. Par exemple nous l’avons joué en avant-première lors d’un show à Barcelone et la réaction du public a vraiment été fantastique ! Les gens ont beaucoup aimé et les commentaires ont été vraiment positifs. Du coup, je pense que les fans sont prêts à accueillir ce nouvel opus qui constitue un grand pas en avant par rapport à Inflikted. Il est globalement plus agressif et plus brutal que ce premier CD. Il ne nous reste plus qu’à attendre le 28 mars mais tout s’annonce plutôt bien je dirais…

Max Cavalera

Ju de Melon : Le single « Killing Inside » a un peu surpris les fans qui ont lu ta déclaration comme quoi ce nouvel album fait passer Inflikted pour de la pop (« it makes the first album sound like pop music »), mais on peut les rassurer car l’album est vraiment direct « in your face » façon Slayer dopé au hardcore…

Max Cavalera : C’est vrai mais l’album a aussi plusieurs facettes comme tu as pu t’en rendre compte, le single en est une à part entière. Nous ne voulions pas d’un opus qui soit simplement rapide ou ultra violent du début à la fin, nous voulions y intégrer quelques nuances qu’on peut retrouver dans des chansons telles que « Gengis Khan » ou donc « Killing Inside ». Pour parler de cette dernière, elle combine un côté groovy avant un rythme plutôt rapide. Ce genre de chanson rend l’album encore plus intéressant au final et permet à l’auditeur de revenir dessus plusieurs fois sans trop de mal. « Killing Inside » a ce côté catchy, accrocheur, qui se rapproche parfois d’une mid-tempo et qui reste en tête avec ce « mantra » où le titre de la chanson est répété à plusieurs reprises. Mon frère Igor Cavalera y a d’ailleurs intégré un groove au niveau de la batterie qui rend le tout encore plus hypnotique en un sens. Un titre très différent du reste de l’album.

Ju de Melon : La production semble encore meilleure, plus massive, sur cet opus. As-tu changé d’équipe ou testé de nouvelles techniques ?

Max Cavalera : Non, nous avons gardé la même équipe globalement avec notre ingénieur du son Logan Mader à sa tête. Mais il est vrai que nous avons voulu pour cet album un son plus puissant, plus direct, plus massif comme tu l’as dit. On voulait quelque chose de heavy et de compact, un gros son qui pouvait également faire ressortir le groove à son meilleur. J’aime bien le son sur Inflikted pourtant, mais sur ce Blunt Force Trauma je pense qu’il est largement au-dessus, le meilleur que nous ayons eu à ce jour.

Ju de Melon : En ce qui concerne la composition des morceaux, d’où est venue l’inspiration cette fois-ci ?

Max Cavalera : Il est vrai que quand on écoute l’album, le côté Slayer ou hardcore revient parfois, on ne s’en cache pas et beaucoup de gens nous le font justement remarquer. Après, on nous parle aussi de Ministry, sorte de côté indus à peine masqué qui nous ramène aussi à ce projet que j’ai fait du nom de Nailbomb – et c’est vrai qu’il y a un peu de ça sur ce nouvel album. Après, quand on compose, on écoute forcément pas mal de musique et nous sommes inévitablement influencés, par divers groupes d’ailleures tels que Morbid Angel, Death, Dark Angel ou encore Possessed. On peut aussi citer d’autres formations comme Agnostic Front, Sick of It All ou même Black Flag dont nous avait fait une reprise ici qui apparaitra en bonus digipack. Je vais aussi citer Minor Threat pour le côté « cru » de certains morceaux… Bref, une combinaison de pas mal d’influences qui font de Blunt Force Trauma ce qu’il est.

6) Ju de Melon : Plusieurs morceaux comme « Lynch Mob » ou semblent assez « politiques » au niveau de leurs paroles, quelques critiques glissées envers le système ici ou là ?

Max Cavalera : En effet, « Lynch Mob » est un titre qui parle un peu de la loi de la jungle qui peut sévir dans la rue, elle a été écrite en collaboration avec Roger Miret du groupe Agnostic Front. Une thématique familiaire pour Roger qui en parle beaucoup dans les chansons de son groupe, nous voulions donc y faire référence ici. C’est un peu l’histoire de gens qui décident de se faire justice eux-même dans un quartier et de « lyncher » des gens par vengeance, une fiction à la base mais qui peut très bien arriver dans la vraie vie. Après, nous avons également inclus quelques personnages historiques dans cet album, avec les chansons « Rasputin » et « Genghis Khan », ça c’est mon idée pour mettre un peu d’originalité dans les paroles. Ce n’est pas trop habituel dans le style il faut dire. Pour le reste, les thèmes de paroles sont venus surtout s’intégrer à la musique que nous avions déjà écrites, puisque les textes sont arrivés après les compositions… Il fallait donc des paroles qui collent à chaque atmosphère, chaque chanson.

Ju de Melon : Question traditionnelle, quels morceaux te rendent le plus fier sur cet album et pour quelle raison ?

Max Cavalera : *hésitation* J’aime beaucoup « Warlord » qui débute le CD. J’adore jouer cette chanson en live, elle a un très bon groove tout en étant très puissante, tout le groupe est en harmonie sur ce morceau. Sur cette chanson, j’ai choisi de placer un chant plutôt aigu, plus haut perché que je ne fais d’habitude, j’ai donc un peu expérimenté au niveau de la voix. Le résultat final me plait en tout cas beaucoup.

Max Cavalera

Ju de Melon : Joe Duplantier (Gojira) ne figure plus dans le line-up du groupe (remplacé par Johny Chow), un simple choix d’emploi du temps ou quelques soucis contractuels comme j’ai pu le lire ici ou là ?

Max Cavalera : Malheureusement c’est dû avant tout à un manque de temps, et c’est dommage car nous avons adoré l’avoir avec nous sur le premier opus. C’est quelqu’un de vraiment sympa et il a beaucoup contribué à rendre le premier CD assez spécial pour nous. Mais malheureusement nous devions faire un choix en tant que groupe, nous voulions une formation soudée avec quelqu’un qui puisse nous consacrer plus de temps. Johny Chow a remplacé Joe sur la tournée et nous avons joué ainsi comme un vrai groupe, Joe ne pouvant pas être avec nous à cet instant… Par la force des choses, Cavalera Conspiracy étant devenu une formation à part entière, nous avons intégré Johny au line-up. Tout les membres sont désormais en place et nous pouvons ainsi préparer la tournée avec sérénité.

Ju de Melon : En parlant de cela, j’imagine que vous avez une tournée mondiale prévue avec Cavalera Conspiracy ? Dont quelques dates en France…

Max Cavalera : Oui, nous avons été confirmés pour l’édition 2011 du Hellfest en juin prochain. Il y a une affiche de fou cette année avec des groupes que j’observerai avec plaisir tels que Bad Brains ou Morbid Angel. Sans oublier les Ozzy et autres légendes du genre… On essaye aussi de mettre en place d’autres shows en France, peut-être autour du Hellfest, nous verrons bien. En tout cas on a hâte de revenir en France.

Ju de Melon : Petit retour sur Soulfly et l’album Omen sorti l’an passé… Es-tu satisfait de la réactions des fans à son égard ?

Max Cavalera : Oui je suis plutôt heureux ! Omen était vraiment cool à faire et nous avons une très bonne tournée mondiale par la suite, de Sibérie en Israël en passant par la Chine ou l’Australie. Sans oublier l’Europe évidemment ! L’album a été très bien accueilli et il est le parfait commencemment de cette nouvelle ère que nous avons débuté avec le groupe… avec ce côté plus thrash et plus direct. J’ai d’ailleurs déjà commencé à travailler quelques riffs pour le prochain Soulfly qui devrait voir le jour en 2012. J’ai déjà de bonnes idées pour cet album.

Ju de Melon : Récemment tu as annoncé que le Dieu en lequel tu croyais n’était pas forcément le Dieu des chrétiens… Plus généralement, aujourd’hui, à quel point ta foi influe-t-elle sur ta vie d’artiste ?

Max Cavalera : Une bonne relation avec Dieu t’aide à comprendre certaines choses je pense. Je ne crois pas à un Dieu catholique ou religieux, ce serait plus une voix qui est à l’intérieur de toi pour te guider et t’inspirer. Et personnellement, cela m’aide beaucoup pour les décisions que je dois prendre au quotidien, ou simplement pour vivre une vie meilleure. Grâce à « lui » je pense faire de bons choix. Et je dois aussi le remercier car je lui dois d’être en vie aujourd’hui, c’est grâce à lui que je suis là à te parler aujourd’hui malgré toutes les conneries que j’ai pu faire dans ma vie… et pas des petites, je peux te l’assurer. Il m’a donné ce don qu’est la musique et j’essaye tant bien que mal d’en faire profiter le monde, j’ai toujours adoré jouer pour les gens depuis que je suis tout petit et j’ai eu la chance de réaliser mon rêve. Je me sens honoré d’avoir pu en arriver là.

14) Ju de Melon : Une question qui fait débat en ce moment… Comment vois-tu l’avenir plus ou moins lointain de la scène metal avec la disparition programmée de certains groupes de légendes tels que Iron Maiden, Metallica ou Judas Priest ? La relève est-elle assurée ?

Max Cavalera : Je pense oui, ça continuera sans problème, le metal ne mourra jamais. C’est ça que j’aime dans ce style de musique, il est immortel. C’est malheureusement comme ça sinon, le monde tourne, certains disparaissent mais de nouveaux arrivent et émergent peu à peu, c’est la même chose dans notre milieu ! Evidemment, ces légendes vont bientôt partir, mais d’autres viendront. J’en suis persuadé. Le vivier ne s’épuisera jamais. De nouveaux noms vont venir au sommet et le metal aura toujours ses lettres de noblesse quoiqu’il arrive.

Ju de Melon : Encore merci de nous avoir accordé de ton temps. Quelques derniers mots pour tes fans résidants en France ?

Max Cavalera : Merci beaucoup à toi et à eux aussi, car sans eux je ne serais pas là où je suis non plus. J’espère les revoir en France au Hellfest et leur offrir un maximum de bonnes sensations avec Cavalera Conspiracy mais également Soulfly dans un avenir plus ou moins proche. A bientôt…

Max Cavalera

Comme vous pouvez le constater, l’ami brésilien n’est pas seulement une icone du metal, mais sait également être spirituel et réfléchi sur divers sujets tout en restant simple et abordable. Nul doute que ce second album de Cavalera Conspiracy saura ravir les fans du genre voire même au-delà, je peux déjà vous dire qu’il envoie sincèrement et sérieusement du bois… mais ça on en reparlera en temps et en heure.

Cavalera Conspiracy sur La Grosse Radio
Soulfly sur La Grosse Radio



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